Planète Chinois, La Revue De Tous Ceux Qui Etudient Le Chinois

Posté par faguoren le 3 octobre 2015

Aujourd’hui, focus sur cette remarquable revue qu’est « Planète Chinois » sous-titrée « La revue de tous ceux qui étudient le chinois ». Voilà qui est clair sur la clientèle ciblée mais , et j’insiste bien là dessus, ce trimestriel s’adresse  aussi à toute personne portant un intérêt quelconque à la Chine, de par la diversité des sujets abordés liée à la qualité de ceux ci.

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Imprimée sur un papier glacé de grande qualité et agrémentée de superbes photos, cette revue s’apparente plus à une encyclopédie dont un supplément viendrait s’ajouter tous les 3 mois à la collection. Chine, chinois, culture, économie, cuisine chinoise, tourisme et donc apprentissage de la langue et bien d’autres choses encore, « Planète Chinois » enthousiasme et séduit le novice comme l’érudit ! On en regretterait presque que la périodicité ne soit que trimestrielle! 

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Illustration sur un reportage consacré au sucre du sud. (Septembre 2015)

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Long dossier traitant des mers de Chine (Septembre 2015 )

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Exemple de fiche vocabulaire, ici consacrée à la mer (Septembre 2015)

Les illustrations  ci-dessus, tirées du récent numéro de Septembre 2015, ne sont juste qu’un aperçu de ce que propose la revue. « Planète Chinois » a également sont site web permettant de retrouver des archives d’anciens numéros mais proposant aussi des vidéos. Le site permet bien sur de s’abonner à l’édition papier. Retrouvez le en cliquant sur la photo de couverture en haut de cette page. En souhaitant vous avoir intéresser à cet incontournable de l’édition francophone consacrée à la Chine! 

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Par ailleurs, MPAC, est toujours à la recherche d’intervenants souhaitant rédiger sur ce blog, ce qui permettrait des parutions moins espacées et surtout, donnerait d’autres voix que la mienne. Alors si vous avez des choses à dire et à partager…. 

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Lao She – La Cité Des Chats

Posté par faguoren le 15 juin 2015

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Dans la pléthorique et fascinante oeuvre de Lao She, « La Cité Des Chats » (猫城记)est un récit à part, il est même parfois dédaigné, vu comme une erreur de casting à l’intérêt moindre. Je me souviens pour ma part avoir été interloqué à la lecture de l’ouvrage. Pensez donc! Lao She, celui qui mieux que personne décrivait le « petit peuple » de Pékin s’attaquait là au genre du roman de science-fiction, voire d’anticipation, et nous étions dans la Chine de 1932! Une Chine de 1932 alors en proie à tous les chaos du monde et menacée par le diable japonais qui ont déjà frappé en Mandchourie et qui vont faire de même en cette année à Shanghai. Au moyen de cette satire, c’est cette Chine désoeuvrée que l’auteur va schématiser dans « La Cité Des Chats ». Alors certes, le récit est parfois brouillon, surtout dans sa deuxième partie, et certaines descriptions de ce Pays-Chat peuvent sembler grotesque, mais derrière l’apparente voilure aux vertus quasi psychédéliques (sic), la troublante réalité de l’empire du milieu n’est jamais loin…!

Un avion venu de Chine s’écrase sur la planète Mars ( hé oui, on n’avait pas encore inventé la fusée à l’époque!) . Des deux explorateurs, un seul va survivre. Il ne le sait pas encore, mais il vient d’échouer au « Pays-Chat », l’une des vingts nations dénombrées sur Mars! Il va alors être confronté à un peuple d’hommes-chats, c’est à dire d’homme à l’apparence féline! ( oui, oui moi aussi j’ai pensé à la Planète des Singes la première fois!). 

Bien curieux peuple que ces hommes-Chats, le bas peuple des villes, ou plutôt de la ville car il n’y en a qu’une , se divise entre les fonctionnaires, qui n’ont pas grand-chose à faire, et les autres qui ne font carrément rien, sinon mâcher des feuilles d’Euphoria, une plante aux effets narcotiques dont la culture, la vente et le marché semblent être la seule raison de vivre du Pays-Chat ( Perso, et dans une moindre mesure ça me rappelle les codes de la culture du Qat au Yemen que j’avais découvert il y a une bonne quinzaine d’années, mais c’est une autre histoire! ). La société Chat  (La Chine) est alors dans le parfait délabrement, alors que des bruits de plus en plus menaçants indiquent que l’ennemi/l’étranger  (le Japon) s’apprête à attaquer… Et c’est grâce à un avion d’exploration français ( cocorico!!!) que le narrateur parviendra à s’extraire de Mars pour regagner la terre et sa chère Chine qu’il salue d’une ultime tirade glorieuse!  Et concernant le lecteur, à chacun de se faire sa propre opinion et sa propre perception de cette oeuvre singulière!

Pour finir, un petit bonus avec une série de photos prises dans la maison de Lao She il y a deux mois (Avril 2015), je ne vous cache pas que c’est avec beaucoup de bonheur et d’émotion que j’ai visité ces lieux!

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Editions Littérature Chinoise – Collection Panda

Posté par faguoren le 16 mars 2014

 

Participer à la diffusion de la littérature chinoise, c’est faire office de défricheur, c’est se plonger dans un monde vaste mais qui demeure encore trop fermé pour beaucoup de lecteurs potentiels de ce côté-ci de l’univers. Certes, de nos jours par le biais d’internet, de plus en plus de gens peuvent accéder à cette culture orientale et les éditeurs de qualité (You Feng, Picquier…) font un travail de sape remarquable. Bien avant le web, il y avait pourtant matière à oeuvrer et à s’immiscer dans cette littérature venue du bout du monde, qu’elle soit chinoise ou autre d’ailleurs..! 

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C’est sur une initiative nous ramenant au début des années 80 que MPAC voudrait revenir à travers ce sujet. Pourquoi y revenir me direz vous? Tout simplement parce que toutes les oeuvres présentées dans cette collection se trouvent encore facilement et parce que elle fut pour celles et ceux qui s’y intéressèrent la porte d’entrée vers une nouvelle approche littéraire tout autant qu’un visa à durée illimité vers l’Empire du milieu! 

Les Editions Littérature Chinoise-Collection Panda éditèrent de 1980 à 1999 avec l’aval des autorités chinoises (rendez vous compte, en 1980 nous n’étions que quatre années après la fin de la révolution culturelle, quelle évolution!) au rythme d’environ quatre ouvrages  par an ( une bonne soixantaine au total) des livres spécialement destinés à un public francophone.

Romans, nouvelles, poésies…Cette collection toucha tous les domaines. La littérature moderne et contemporaine fut la plus représentée mais des oeuvres classiques ainsi que les plus célèbres philosophes furent également publiées. On remarquera que parmi les « icônes » du XXème siècle n’ont pas été publiés Lao She ou encore Lu Xun, mais il est très facile de les trouver par d’autres biais, donc cela n’a guère d’importance.

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Pas question d’analyse ici, il s’agissait juste de vous orienter, vous inciter à vous intéresser à ce beau travail qui reste savoureusement d’actualité tant tout cela est passionnant. Il vous reste donc à partir à la découverte de Deng Youmei, de Yu Dafu, de Wang Meng et de beaucoup d’autres, mais vous allez vous en rendre compte; c’est vite addictif! 

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Toutes Les Nuits Du Monde

Posté par faguoren le 28 novembre 2013

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Chi Zijian est une écrivain née en 1964 dans le Heilongjiang, province réputée pour le festival de statues de glace se déroulant chaque année à Harbin. Elle grandit dans un village perdu, où la neige sévit la moitié de l’année, un milieu où la famille dort sur le kang (lit de briques chauffées traditionnel , particulièrement dans le nord-est de la Chine). Très tôt, elle prendra conscience de la dureté de la vie en écoutant les paysans se plaindre des récoltes anéanties par les intempéries. Dans ce milieu austère elle fera de son chien son meilleur ami.

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Chi Zijian

 Appartenant, à l’instar de Chi Li, au courant néo réaliste, Chi Zijian commence à écrire en 1985. Son oeuvre a été couronné par trois fois par le prix Lu Xun, prestigieuse récompense en Chine. Ecrivain prolifique, elle a à ce jour publié une quarantaine de romans et/ou nouvelles. 

 « Toutes les nuits du monde », très récemment traduit et sorti en France , regroupe deux longues nouvelles où tour à tour une fillette et une jeune veuve tiennent la clef du récit. Une fillette « égarée » dans le grand-nord auprès de ses grands-parents, qui va être attirée par « la bolchévique », vieille femme semblant sortie de nulle part, isolée dans une maison proche. C’est ce monde qui va aider la petite fille à grandir, à découvrir la vie et la mort. La bolchévique sera « Nainai » (grand-mère en mandarin) alors que dans son cadre de vie normal, le seul ami de la fillette est son chien…Pas de doute que ce récit soit inspiré par les souvenirs d’enfance de l’auteur.

La jeune veuve vient de perdre son mari , magicien, renversé par une moto (Chi Zijian a perdu son mari lors d’un accident de voiture…), elle décide alors de se rendre au lac des Trois Monts pour y faire son deuil et où le couple avait envisagé de se rendre. A cause de pluies torrentielles, le train doit faire halte dans la ville minière de Wutang. Là, la jeune veuve va être hébergé dans une pension tenue par une femme énergique marié à un vendeur de tofu. Elle va profiter de ce contre-temps pour essayer de recueillir des chants traditionnels et populaires locaux. Sa résidence forcée à Wutang va alors être peuplée de personnages à la fois typiques et mystérieux, sur fond de drame minier permanent. Un milieu où en deçà de dix morts, les accidents ne sont pas déclarés…

« C’est dans les faits qu’on pourrait croire banals et anodins que résident le charme éternel de l’existence humaine et ses limites inéluctables » (Chi Zijian) 

Dans ces recueils où survivre paraît être la seule alternative à une existence en désordre, Chi Zijian nous livre deux récits poignants, habités par les démons de l’homme et de ses environnements naturels.Souhaitons un succès mérité à cette oeuvre, qui inciterait peut être les excellentes éditions Philippe Picquier à nous proposer une version française de « The Last Quarter Of The Moon » qui semble être l’oeuvre majeure de l’auteur, mais malheureusement uniquement traduit en anglais pour l’heure. Reste que « Toutes les nuits du monde » est une introduction splendide à l’univers de Chi Zijian! 

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Juge Bao et Les Larmes De Bouddha

Posté par faguoren le 25 novembre 2013

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Retour au tout début de l’année 2010, MPAC n’en ai alors qu’à ses balbutiements. Par ailleurs, arrive sur le marché de la bande-dessinée les éditions Fei, du nom de sa fondatrice venue de Mandchourie et installée à Paris; mademoiselle Xu Ge Fei. Les éditions Fei sont aujourd’hui reconnues et dépositaires d’un catalogue fort enviable et voué à dispenser la culture chinoise par le biais du 9éme art.

A l’époque, la première de ces parutions fut le premier volume d’une série consacrée au Juge Bao, indomptable héros de la mythologie chinoise qui vécut sous la lointaine dynastie des Song du Nord (960-1126). MPAC fut présent dès le début de cette aventure, présentant qu’elle était pleine d’avenir et de promesses, le juge Bao, malgré une certaine analogie avec son homologue Ti, donnant toutes les garanties d’un devenir flamboyant. 

Arrive donc en cet automne 2013, « Juge Bao & Les Larmes De Bouddha », 5ème tome de la série, toujours oeuvre commune de Patrick Marty et de Chongrui Nie. Presque quatre années se sont donc écoulées depuis la première aventure, l’inspiration n’est pas tarie et le trait toujours aussi puissant, quoique d’une noirceur fortement accrue. C’est flagrant à la comparaison entre ces volumes 1 et 5. L’image y gagne encore en mystère, en vérité….Reste donc à découvrir cette histoire! 

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En route vers Taiyuan, le juge Bao échappe de peu à un accident et , à cause d’une terrible tempête, doit se réfugier dans un monastère environnant. Là ou ne devrait que paraître recueillement et compassion, se déroule de bien curieux phénomènes flirtant avec le surnaturel. Une statue de Bouddha pleure et offre dans le creux de sa main de précieuses émeraudes. Par ailleurs une femme-fantôme terrorise les moines alors qu’un jeune novice et un abbé s’avèrent être bien mystérieux. Le juge Bao, ne croyant guère au paranormal, est bien décidé, une fois encore à dénouer les liens maléfiques qui viennent perturber ce bien étrange monastère, mais sait-il alors que sa vie ne tient qu’à un fil..?

Celles et ceux qui se sont passionnés pour le juge Bao ne seront pas déçus par ce nouvel opus. Ils le possèdent d’ailleurs probablement déjà. Cette chronique permettra donc, je l’espère, de faire connaitre davantage ce personnage essentiel de la Chine d’antan. Tout y est: un scénario solide et palpitant, un dessin très beau, fidèle à ce qu’était la Chine alors. L’avant-propos signé Patrick Marty est toujours empreint d’une vraie admiration pour son personnage, il introduit parfaitement à la lecture de l’aventure. Encore une fois excellent! 

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Le Show De La Vie

Posté par faguoren le 11 novembre 2013

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Et revoici Chi Li sur MPAC! L’écrivain originaire de Wuhan est sans contexte en terre amie ici, et ce n’est pas « Le Show De La Vie » qui va inverser la tendance! Paru à l’origine en 2000 en Chine, ce roman a été traduit en français en 2011. Il nous entraine sur un de ces lieux qui font l’un des délices de tout voyageur occidental visitant l’Asie: le marché de nuit.

Sur ce marché de nuit, situé à Wuhuan rue du Bon-Augure, sévit Célébrité qui derrière son étal de cous de canard, a su imposé une personnalité faite de tendresse mais aussi de fort caractère quand le besoin s’en fait sentir. Il faut dire que pour cette femme déjà mure mais encore séduisante, rien n’est simple. Il lui faut , en plus de vendre chaque soir ses cous de canard, faire face à un entourage familial bien compliqué, et qui repose bien plus qu’il ne faudrait sur ses épaules, heureusement solides.

Certes, Célébrité vit seule, mais elle n’en est pas moins accaparée. Il y a son frère ainé, qui un beau jour vient s’inscruter avec son fils chez Célébrité, son épouse volage ayant d’autres préoccupations que le bien-être familial. Heureusement, Célébrité aime le garçonnet du couple comme son propre fils. Quant à Jade, la soeur cadette qui travaille dans les médias, elle ne semble avoir que pour seul combat que de faire interdire le marché de nuit de la rue du Bon-Augure. Celui-ci mettant, selon elle, la tranquilité des riverains. Quant au cadet, jeune et séduisant, il avait tout pour réussir, mais il a choisi la drogue et pourrit désormais en cure de désintoxication, au grand désespoir de « Neuvième Soeur » fille de la campagne, servant au restaurant de Célébrité, et entichée du jeune drogué.

Quant au partenel de cette famille, il y a bien longtemps qu’il n’a plus aucun contact avec ses progénitures, il a trouvé nouvelle chaussure à son pied. Célébrité aurait pourtant bien besoin de son appui pour régler un problème d’héritage familial.

Rien n’est simple dans la vie de Célébrité, toute la vie de la famille (surtout ses soucis) semble reposer sur elle. Elle n’a guère le temps de s’occuper d’elle. Pourtant il y a le riche Zhuo Xiongzhou,qui chaque soir depuis 2 ans vient lui acheter des cous de canard. Ils ne se sont pourtant jamais parlé…

Adepte du réalisme, Chi Li, un peu comme Lao She à une autre époque, décrit comme personne la vie des gens ordinaires pour qui la vie n’est pas facile. Ses personnages , qui sortent de ruelles serpentant le quotidien anonyme de villes surpeuplées, sont attachants, collés à la réalité de la société chinoise, mais celle que l’on ne montre pas dans les catalogues de voyage mais qu’il est savoureux de découvrir. « Le Show De La Vie » est donc un nouveau « indispensable » de Chili. Adapté au cinéma en 2002, le roman a aussi eu une conséquence imprévue. Il a fait de la rue du Bon-Augure à Wuhan une attraction touristique de la ville. Les cous de canard sont devenus une spécialité locale alors qu’il n’était initialement, que sortis de l’imagination de Chi Li!

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La Chine En Folie

Posté par faguoren le 23 juin 2013

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De la Chine du XXième, il existe pléthore d’ouvrages se référant à la montée en puissance du Kuomintang et/ou du PCC. On en trouve tout autant sur la guerre sino-japonaise, les années maoistes, la révolution culturelle, les réformes, Tian An Men, l’essor économique…..etc etc. Mais il est beaucoup plus rare de trouver à lire sur la période située entre la fin de l’empire et l’arrivée du parti nationaliste. Cette période à la fois transitoire et surtout chaotique où la Chine est sous le joug des seigneurs de la guerre, plus qu’aux mains de fantômatiques ersatz de gouvernements. Dans un ouvrage qui n’en manque pas, l’un des moments les plus drôle du livre est quand l’auteur tente de savoir qui dirige la Chine, s’agit-il d’un président ou d’un empereur? Et que personne ne semble capable de lui répondre, ce qui en dit long sur l’état du pays en cette année 1922. Et pourtant, l’homme qui pose cette question est tout sauf n’importe qui!

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Albert Londres

Journaliste, aventurier, grand reporter….Albert Londres était un peu de tout cela, mais il fut surtout un témoin extraordinaire des vicissitudes du monde en ce premiers tiers du XXième siècle. De par ses nombreux écrits, il relata avec ferveur et passion mais aussi avec beaucoup d’humour ses pérégrinations au quatre coins du globe. Né en 1884, il a donc presque 40 ans lorsqu’il débarque pour la première fois en Asie (Chine, Japon) . Ce sera le début de sa grande notoriété qui ne cessera qu’en 1932 lors de sa mort au retour d’un ultime voyage en Chine, on y reviendra…

Ainsi donc, quand Albert Londres débarque en Chine en ce mois de février 1922, il découvre un pays coupé en deux, partagé entre nord et sud. Au nord, c’est à Moukden (aujourd’hui Shenyang) que régne le terrible Tsang Tso Lin, seigneur de la guerre impitoyable qui a la réputation de faire sauter les têtes comme d’autres décapsulent une cannette! Le sud est en théorie dirigé par Sun Yat Sen, mais il n’est en réalité maitre que de deux provinces sur les cinq lui incombant. Ajoutons qu’au centre du pays, l’ambitieux général Wou Pe Fou (soutenu par les américains) aimerait bien exterminer Tsang Tso Lin (soutenu par les japonais), et lorsque Albert Londres débarque, le conflit est latent.

En train, à pied, ou en rickshaw, de la Mandchourie à Pékin et jusqu’à Shanghai, Albert Londres nous narre son premier périple chinois, erratique et sans cesse surprenant. De sa rencontre avec le terrible Tsang Tso Lin jusqu’aux discussions avec des dirigeants sans pouvoir ou avec de simples gens de la rue, Albert Londres nous fait vivre de truculentes anecdotes. Assisté par un traducteur impayable de drôlerie, il nous entraine dans une Chine anarchique et semblant laissée à elle-même. Cela permet aussi de mieux comprendre ce qui allait arriver un peu plus tard, même si de longs et terribles combats seraient menés…Quoi qu’il en soit, ces instantanés de 1922 se dévorent à la chaine, ils peuvent même être une belle introduction à toute l’oeuvre de Albert Londres qui, si elle nous mène au bout du monde, sait aussi décrypter les Tour de France de ces années là!!

En 1932, Albert Londres sera de nouveau en Chine, il réussit à mettre la main sur des preuves irréfutables de corruption des autorités françaises à Shanghai, ainsi que de ses liens étroits avec la mafia locale menée par son mentor Du Yuesheng (essayez de voir, si vous le ne connaissez pas, le superbe documentaire « Shanghai Les années folles » inspiré par les écrits de Albert Londres). Quand il embarque sur le « George Philippar » qui doit le ramener en France, Albert Londres posséde dans ses malles des documents brûlants qui ne manqueront pas de compromettre les autorités sisses à Shanghai. Hélas, le paquebot n’arrivera jamais à destination, un incendie probablement criminel l’enverra au fin fond de l’océan. Les révélations sensationnelles de Albert Londres seront à jamais perdues…..

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Les Délices Du Pouvoir Chinois

Posté par faguoren le 22 décembre 2012

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Nous connaissions Damien Paccellieri spécialiste averti du cinéma chinois, nous le retrouvons ici en conteur de la Chine antique. Il est associé à Li Xin , directrice de l’institut de langues asiatiques  « Etudes Chinoises ». Tous deux nous offrent le premier tôme d’une série qui devrait en comporter d’autres et qui propose de décoder depuis l’époque des premières dynasties celles et ceux qui tout au long de l’extraordinaire odyssée qu’est l’histoire de la Chine ont dirigé ou ont tenté de diriger le peuple chinois. A la lecture de ce premier volume qui s’étend des premières dynastie donc  (Dynastie Xia , vers -1700 av.JC environ…)jusqu’à la période dite des Trois Royaumes (de 220 à 265 ..), on se dit que le pouvoir est une fonction dangereuse qui n’assure ni longévité ni le repos mérité de la vieillesse…On ne compte  les complots les plus sournois, les trahisons les plus lâches où les manigances les plus subtiles pour « être le calife à la place du calife… » En outre, ces gens avaient une facheuse tendance à être perpétuellement en guerre avec ce qui les entourer.

Au milieu de personnages très peu recommandables, parviennent à faire surface quelques éminents sages qui parviendront à prendre place dans l’histoire Chinoise pour leurs qualités de coeur plus que de sang! J’avoue une faiblesse particulière pour Wang Mang , fondateur de la dynastie Xin (9-26) et premier humaniste de l’histoire Chinoise qui considérait toute vie humaine égale. Il ordonna ainsi à son second fils de se suicider car celui ci avait tué un esclave! Ses réformes se terminérent néanmoins dans le chaos et lui aussi sera assassiné en l’an 23…

Les femmes eurent également une importance primordiale dans ces conquêtes vers le pouvoir et elles ne furent pas les dernières à comploter, surtout quand en tant que concubines elles offrent un fils au souverain et vont alors imaginer les stratégies les plus pernicieuses que celui ci devienne l’héritier du trône. Je vous laisse imaginer les destinées forcément écourtées de certains protagonistes de ces trâmes meurtrières qui n’auront de cesse de faire et de refaire l’histoire de la Chine.

Les auteurs de « Les Délices Du Pouvoir Chinois » nous retracent donc en détails de tous ces personnages, bons ou mauvais, qui ont laissé une marque indélébile sur leurs époques respectives mais aussi dans l’histoire chinoise. Narrée avec talent, ces histoires le plus souvent tragiques mais réelles vous emméneront sur les pas de Yan Ying fonctionnaire de l’état de Qi qui bien qu’il tenta d’assassiner le roi, fut épargné, de Wang Zhaojun, considérée comme l’une des « quatres beautés de la Chine », et de beaucoup d’autres encore. « Les Délices Du Pouvoir Chinois » est une belle saga historique qui se lit comme un roman. On attend le second volume avec impatience!

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Dictionnaire Impertinent De La Chine

Posté par faguoren le 15 décembre 2012

 

 

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Sorti début novembre, cet ouvrage mérite de prendre une place de choix aux pieds des sapins des amis de la Chine de France et de Navarre! Ce « Dictionnaire » est l’oeuvre de Renaud De Spens, sinilogue averti , vivant en Chine et spécialiste des médias et de l’internet en Chine. En fait de dictionnaire, il s’agit d’un état des lieux, d’une radioscopie de ce qu’est la Chine en 2012. Il est nommé dictionnaire car la tables des entrées des thèmes évoqués va de « A » à « Z »  ou plutôt à « Y » devrais je dire, puisque l’ultime entrée est consacré à Yuan Tengfei, anonyme professeur d’histoire d’un lycée de Pékin, qui en 2004 va avoir la géniale idée de filmer ses cours en vidéo, et donc de trouver par le biais de l’internet un auditoire dans tous le pays. Yuan Tengfei va de surcroit égratigner les icônes chinoises, baffouant tous les tabous, même les plus impensables. Ainsi en 2008, il déclara « Ce que Mao a fait de mieux depuis 1949, c’est de mourir… » L’impertinence déclarée sur la couverture est bel et bien au rendez-vous, n’est ce pas? Impertinence et aussi de bonnes doses d’humour, la description que Renaud De Spens fait du nouvel an chinois vaut à elle seule la lecture du livre!

Parmi les 140 thèmes proposés, on n’échappe bien sur pas aux habituels « Droits de l’homme », « Démocratie », « Peine de mort »….thèmes ceci-dit évoqués de manière tout à fait inhabituelles par rapport à ce que l’on peut dire en Occident. Mais l’intérêt principal de cet ouvrage est, à mon sens, ce que nous apprend l’auteur sur tous les moyens modernes de communication en Chine, comment les internautes parviennent à contourner la censure pour exprimer des idées bien éloignées des directives du Parti. Et l’on rit à cette blague circulant sur le net, disant que « Le Quotidien Du Peuple », organe officiel du Parti communiste chinois est le journal à la fois le plus imprimé et le moins lu au monde! Renaud De Spens arrive au constat que ce sera dans l’avenir au Parti à s’adapter à ces courants que même sa censure ne peut irradier, plutôt que le contraire. Sinon le Parti ira à sa perte, tôt ou tard….

L’une des grandes qualités de cette ouvrage est de parvenir de s’ouvrir à des sujets tour à tour extrémement sérieux puis d’enchainer sur un thème plus populaire, bonifiant ainsi l’idée d’un abécédaire pour couvrir tous les sujets intéressant l’auteur sans ennuyer le lecteur. La consultation de ce dictionnaire est tout à fait plaisante et jamais rébarbative.

Et si vous voulez savoir ce qu’est un idiot utile 有用的白痴 , ce qu’est l’affaire « des trois cerfs »  三鹿事件 ou connaitre l’importance de Li Yinhe 李银河  dans la vie sexuelle des chinois, ainsi que beaucoup, beaucoup, beaucoup d’autres choses, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Si ce dictionnaire se veut impertinent, sa lecture est en tous cas fort pertinente pour mieux comprendre de ce qu’est la Chine de nos jours,  je vous l’assure!

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Sagesses Populaires Chinoises

Posté par faguoren le 22 novembre 2012

Je suis tombé il y a quelques jours sur un petit recueil fort sympa! Intitulé « Sagesses Populaires Chinoises », ce petit ouvrage a su me charmer. Il présente 52 textes , courtes histoires, légendes …mettant en scènes toutes les classes de la société, faisant s’exprimer nos amis les bêtes. Tout ce petit monde, cet univers fantasque nous rappelle les sagesses les plus élémentaires de l’existence, comme un appel à retrouver des morales évaporées dans nos ères modernes. Ces philosophies sont rédigées de façon souvent ironiques mais toujours fidèles à un esprit initiateur: ce petit livre est à la portée de tous. Il vous emménera avec délectation sur les chemins des lointains empires du passé, à la recherche des dogmes ancestraux de l’empire du milieu. Un savoureux moment de lecture qu’il est bon de parcourir d’un oeil tantôt amusé, tantôt passionné…

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Les auteurs, Maguy Ly et Nicole Masson, ont également publiés dans la même collection « Sagesses Populaires indiennes »

Je ne résiste pas à l’envie de vous livrer l’une de ces histoires. Je suis certain qu’elle vous mettra l’eau à la bouche!

La Modestie

Trois tailleurs ouvrirent une boutique dans la même rue. Il y avait certainement du travail pour tous , mais chacun soignait son échoppedu mieux qu’il le pouvait pour s’attirer le plus de clients possible. Le premier tailleur réfléchit longuement à la façon dont il pourrait faire connaitre la qualité de son travail. Finalement, il choisit de mettre une grande enseigne à l’entrée de son échoppe sur laquelle était écrit: « Je suis le meilleur tailleur de la province. ». En voyant cela, le deuxième tailleur s’empressa d’enchérir. Il accrocha une plus grande enseigne avec ces mots: « Je suis le meilleur tailleur de tout le pays. »

Le troisième tailleur, perplexe, se demanda s’il devait prétendre être le meilleur tailleur du monde pour parler de son talent. Finalement , il installa un tout petit panneau à l’entrée de sa boutique. Il attira toute la clientèle du quartier , au grand étonnement de ses deux concurrents. Sur son panneau, il avait tout simplement écrit: « Je suis le meilleur tailleur de la rue ».

                                                                                                                               

Le seul reproche que je me permettrai de faire à propos de ce recueil, c’est qu’il ne nous apprend pas grand-chose sur les origines de ces contes. Paru en mai 2011, « Sagesses Populaires Chinoises » se trouve encore très facilement.

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