Jiang Qing L’Impératrice Rouge

Posté par faguoren le 17 septembre 2012

Jiang Qing L'Impératrice Rouge dans Histoire jq-192x300

Il existe des symboles parfois douloureux, irrémédiablement lié à une époque, une période, un événement….Plus encore peut être que son mari Mao Ze Dong, qui d’autre que Jiang Qing peut symboliser la folie qui s’empara de la Chine dans les années 60/70 à travers la sinistre révolution culturelle….?

En dépit de ce qu’il représente, le destin de cette femme est néanmoins extraordinaire. Pour le comprendre, il faut remonter jusqu’à l’enfance de la jeune Shumeng, née en 1914 à Zucheng, obscur bourg de la province du Shandong. D’origine fort modeste, Shumeng fut la fille d’un père brutal et souvent ivre et d’une mère qui n’était que la seconde épouse de son géniteur. Condamnée à une enfance tumultueuse et pauvre qui forgera pourtant son fort caractère et dessinera les contours de ses fortes ambitions futures, elle parvient à échapper à un quotidien désenchanté en se joignant à une troupe de théatre de Jinan. L’histoire est alors lancé, et c’est cette histoire que nous raconte Tang Qiao dans cet ouvrage passionnant- qu’est « Jiang Qing L’Impératrice Rouge ».JQ1 dans Lectures

(Jiang Qing dans les années 30 à Shanghaï, du temps de sa semi-gloire cinématographique)

Comment une anonyme fille du Shandong, de surcroit d’origine modeste, allait-elle devenir la détentrice d’un pouvoir à la fois si puissant et si démoniaque en quelques décennies? Echelon par échelon, Jiang Qing va affirmer une ambition toujours plus forte. Pour ce fait, elle ne reculera devant aucun vent contraire, jouera de son puissant pouvoir de séduction pour escalader les marches de la gloire, n’hésitant pas à répudier ce qui lui fut utile auparavant…Mangeuse d’homme (pour rester poli….) aux froids desseins calculateurs, Jiang Qing était aussi une femme rancunière qui n’hésitera pas à se venger lorsqu’elle fut au sommet du régime chinois de celles et ceux qui s’étaient opposés à elle, alors qu’elle n’était qu’une starlette de cinéma à l’avenir incertain. Alors que Mao Ze Dong était devenu un vieillard, elle fut tout prêt de détenir le pouvoir suprême…On en frisonne à l’idée de ce qu’elle aurait pu faire de la Chine…..

Tang Qiao nous fait donc partager ce destin hors-du-commun, du Shandong à Pékin en passant par Shanghaï et bien sur Yanan.On y retrouve aussi les principales figures de cette période de la vie politique chinoise, lesquelles pour la plupart vivaient des rapports épineux avec Jiang Qing, et certains allaient le payer très cher, tel Liu Shaoqi…. Le  récit  est rédigé à la façon d’un roman, ce qui en rend la lecture fort aisée, mais reconnaissons que l’héroïne a tout d’un pertsonnage romanesque, si terrible soit-elle…. On en ressort subjugué , abassourdi par le fait que Jiang Qing ait pu devenir cette égérie sanguinaire du maoïsme. Elle fut certes l’épouse de Mao, mais comme le raconte l’auteur, elle n’allait être bientôt plus qu’une redoutable alliée politique du timonier plutôt qu’une compagne amoureuse et aimante…..Mao/Jiang Qing, à la lecture de ce livre, on découvre à quel point autant le couple était uni par une obsession du pouvoir qui allait semer le chaos en Chine, autant il allait vite se désintégrer dans sa vie privée…Jiang Qing semblait devenir de plus en plus abjecte au fil des ans, et Mao paraissant s’y résigner naturellement.

Le livre de Tang Qiao est à lire absolument si l’histoire de la Chine au XXième siècle vous intéresse. Dans ce siècle où le pays subit tant de troubles, il n’avait vraiment pas besoin d’une Jiang Qing à son sommet. C’est pourtant ce qu’il advint….Tout ceci dit, je regrette que les pages annexes du livre n’en disent pas plus sur son auteur. A peine sait on qu’il est exilé à Paris mais sinon, qui est-il ? Quelles sont ses sources pour écrire cette biographie? Je n’en sais fichtre rien, mais ça ne m’a pas empêché de trouver fort instructive la lecture de son bouquin!

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(Jiang Qing & Mao Ze Dong)

 

 

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La Longue Marche

Posté par faguoren le 30 décembre 2009

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Les fêtes de Noël m’ont permis de prendre le temps de lire un livre que j’avais en stock depuis quelques temps sans avoir eu le temps de m’y consacrer pleinement. (J’ai par contre zappé le « Spécial Chine » du journal Le Point. Ce type de journaux proposent régulièrement des « Spécial Chine » annonçant l’imminence d’une domination économique chinoise sur le monde, analysant ce qu’il reste des années Mao…..tout en scrutant d’éventuels « progrés » sur le mode de nos « démocraties » occidentales. Ce genre de reportage me lasse et ne m’intéresse guère car tenant peu compte, à mon avis » des vraies réalités des traditions et pensées chinoises qui de toute façon ne pourront jamais s’accomoder totalement des notres. Alors, ce type d’information destinée aux masses, trés peu pour moi. Le Point avait d’ailleurs déjà sorti un numéro identique voilà exactement deux ans, il est étonnant de voir la similitude des couvertures -une jolie chinoise tout sourire- avec un « Spécial Chine » en grosses lettres. Trés racoleur non ?).

Je me suis donc intéressé à un ouvrage consacrée à la mythique Longue Marche qui reste l’un des épisodes les plus connus ayant trait avec le parti communiste chinois au milieu des années 30.

Un petit mot sur l’auteur tout d’abord. Sun Shuyun est une journaliste née à Pékin dans les années 60. Désormais journaliste pour la BBC, elle partage sa vie entre Pékin et Londres.

L’ouvrage de Sun Shuyun est particulièrement intéressant car il s’emploie à démystifier cet extraordinaire outil de propagande maoïste que fut pour le peuple chinois cette longue marche à travers tout le pays.En effet, de ce qui était à la base une retraite forcée pour les forces communistes installées dans le Jiangxi pour échapper à l’armée nationaliste du Kuomintang, fut transformé par la suite en un mythe exacerbé de la grande victoire de la Chine rouge et le plus grand symbole de sa puissance!

C’est oublier qu’au cours de ces presques deux années d’exode forcée, seul 10000 personnes sur 200000 en ressortiront saines et sauves, c’est oublier que beaucoup de ces marcheurs furent contraints et forcés de s’engager dans l’armée rouge sous peine de terribles sévices, c’est oublier les purges atroces faites au sein même de cette armée, c’est oublier les désertions en masse d’hommes et de femmes loin de partager l’idéal des dirigeants communistes, c’est oublier la mystification de certains événements mineurs qui devinrent par la grace de la propagande de formidables victoires de héros indomptables et invicibles car porteurs de l’uniforme de l’armée rouge…….

C’est tout cela que nous invite à lire Sun Shuyun.Rétablir certaines vérités sur ce qui reste malgré tout une épopée incroyable et unique dans l’histoire. Pour cela, elle a refait à son tour le parcours de la longue marche à la recherche de survivants anonymes, de ceux oubliés par l’histoire et dont les témoignages n’ont jamais figuré dans les livres et commémorations….Et ces rescapés de l’enfer, pourtant trés âgés aujourd’hui, n’ont rien effacé de leurs mémoires, ils racontent avec une parfaite authenticité leur « longue marche » à eux, ses drames et ses souffrances, sans oublier l’oubli où le rejet qu’ils ont dut enduré par la suite. Cette somme de récits passionnants forment un ouvrage à la fois historique et plein d’enseignements sur la volonté et la détresse humaine, bien loin des livres d’histoires officiels. Du trés bon travail donc qui en plus, se lit comme un roman, car on s’attache sans peine à ces destins bouleversés par la guerre civile chinoise, alors que l’envahisseur japonais était pourtant là, tout prêt, sur le point de bondir……

长征

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Le Petit Livre Rouge D’Un Photographe Chinois

Posté par faguoren le 14 décembre 2009

Amateurs de photos chocs et d’histoire de la Chine, ce livre est pour vous, il est même à posséder absolument! Alors que commence la révolution culturelle, Li Zhensheng est un jeune photographe travaillant pour « Le Quotidien du Heilonjiang » à Harbin dans le Nord-Est de la Chine. Lui-même dirigera au sein d’un groupe de rebellion des séances d’accusation publique, avant d’en être à son tour victime un peu plus tard (Il sera envoyé en « rééducation à la campagne en 1968), ce qui démontre bien le chaos  de cette folie, souvent incontrolée et sans réel fondement finalement sinon un culte immodéré à une icône désireuse d’être le seul maitre du pays,incarnée  par les gardes rouges…

Li Zhensheng, de part sa fonction, sera un témoin privilégié de tous ces évènements où chacun devait se montrer « plus révolutionnaire que le voisin ». C’est donc toute la trame de la révolution culturelle que l’on retrouve dans « Le Petit Livre Rouge D’un Photographe Chinois »,mouvement de masse qu’il décidera d’immortaliser pour l’histoire, devant même cacher bon nombre de clichés.A lire ce livre, l’horreur succède à la stupéfaction, on essaye de comprendre comment la Chine a pu tomber dans un tel marasme, faire subir de tels sévices à des gens souvent proches, comment des millions de jeunes gens ont pu succomber à pareille hystérie collective, allant jusqu’à faire plier de hauts cadres du parti, comment un incroyable désordre anarchique a pu déstabiliser toute la nation à ce point…..

Extraordinaire témoignage que cet ouvrage mélangeant textes et photographies, il nous plonge au coeur d’une des plus terrible et fascinante période de la riche histoire de la Chine. Une intéressante chronologie des événements est proposée à la fin de ce livre, certainement le plus authentique document relatant la révolution culturelle chinoise.

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(En cliquant sur la couverture du livre, vous accéderez à un lien permettant d’acquérir le livre neuf à prix réduit)

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« Riche paysan » contraint de subir une critique publique et une jeune fille garde rouge

文化大革命

 

 

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1949-2009

Posté par faguoren le 8 décembre 2009

Comme vous le savez certainement, la République Populaire de Chine a fêté le 1er Octobre dernier son 60ème anniversaire. Ce fut l’occasion de trés amples commérations, principalement à Pékin, dont je vous invite à contempler le faste et la grandiloquence sur un étonnant diaporama (Merci Bernadette!) aux clichés saisissant! Impressionnant tout ça….trop? je ne sais pas…à chacun de se faire sa propre opinion. J’étais moi-même en Chine à cette période et les petits drapeaux rouge se vendaient comme des petits …baozi, et le peuple chinois, jeunes et moins jeunes, affichait une fierté communicative!

china601october2009r091002111433phpapp01.pps  (Ouvrez ce fichier sans crainte, garanti sans virus!)

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(Photos de moi!)

中国

 

 

 

 

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Shanghai, les années folles.

Posté par faguoren le 26 novembre 2009

Hier mercredi, ARTE diffusait en première partie de soirée dans le cadre de ses « Mercredis de l’histoire » un documentaire passionnant de près de 1h30 intitulé « Shanghai, les années folles ». Une évocation du Shanghai des années 1920/30, celle des concessions étrangères, des fumeries d’opium, des triades et de la corruption sous toutes ses formes. Une période retracée avec en fil rouge l’irrésisitible ascension de Du Yue Sheng, roi de la pègre locale, et qui s’achèvera avec la prise de la ville par les « diables japonais » en 1937. Un superbe documentaire que vous pouvez visionner en cliquant sur la photo de Du Yue Sheng ci-dessous.

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Et bien sur, comme pour chaque article de mon petit blog, vous pouvez laisser un commentaire. Sourire

上海

 

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