11 Fleurs
Posté par faguoren le 9 mai 2012
Sortie en France, en ce mercredi 9 mai, du dernier film de Wang Xiao Shuai; « 11 Fleurs ». Wang Xiao Shuai, pour qui s’intéresse au cinéma chinois est depuis une bonne dizaine d’années devenu incontournable. Cinéaste depuis près de 20 ans, il se révéla réellement en 2001 avec « Beijing Bicycle ». Il y eu ensuite « Shanghai Dreams » (que je n’ai pas vu…) ou encore « Une Famille Chinoise ». Quant à son film précédent cette nouvelle oeuvre, « Chongqing Blues », bien que présenté à Cannes, il n’est, à ma connaissance, jamais sorti en salle….
Et voici donc « 11 Fleurs » qui arrive dans nos salles!! Oeuvre dont le titre original (Wo 11, 我11), signifie – j’ai 11 ans-, soit l’âge du jeune personnage principal du film: Wang Han. Nous sommes en 1975 dans une bourgade du Guizhou, province du sud de la Chine. A cette période la révolution culturelle n’est pas encore terminé, il faudra attendre 1976 et les disparitions successives de Zhou Enlai puis de Mao Ze Dong pour cela….Le jeune garçon vit entouré de ses parents, un père comédien modeste mais que sa profession éloigne souvent du foyer familial, une mère ouvrière à l’usine locale, et une petite soeur, écolière comme lui. Jusqu’alors, Wang Han ne semble guère s’être soucié des tourments qui secouent la Chine, il est juste un enfant, préservé encore des aberrations du monde adulte, un enfant joueur et malicieux , ne rêvant juste que d’obtenir une chemise neuve, car il vient dêtre nommé chef de gymnastique de son école.
Mais des événements vont intervenir dans cette existence baignée par l’innoncence.Il y a d’abord l’étrange comportement de Jue Hong, la jeune et jolie fille du vieux Xie, intellectuel shanghaï envoyé ici pour être rééduquer dix ans auparavant. Un homme est ensuite retrouvé mort assassiné, et on apprend rapidement que le meurtrier présumé serait le frère ainé de Jue Hong, qui aurait ainsi voulu venger le viol de sa jeune soeur. Tout se complique pour Wang Han quand il est confronté directement au meurtrier et qu’il va devoir garder le secret de sa cachette. Et dans cette bourgade lointaine, les impitoyables gardes-rouges semblent vouloir lancer un ultime baroud « d’honneur », alors que dans la rue principale un gigantesque portrait de Mao parait épier chaque faits et gestes des habitants….
Sur ces événements tragiques, Wang Han ne peut conserver un regard d’enfant. Sa mère, aimante mais accaparée par la tenue du foyer, est bien loin de se rendre compte de ce qui se trâme dans la vie de son jeune fils. Quant à son père, il ne rêve que de voir son fils étudier la peinture, ce qui à cette époque pouvait aisément être considéré comme « contre-révolutionnaire »….
Wang Xiao Shuai a construit une belle chronique de l’enfance au milieu des années 70 en Chine, certains aspects du film sont d’ailleurs hautement autobiographiques, comme la transmission de l’art -la peinture- par le père. Pour une, voire deux, générations de cinéates, les évocations de la révolutions culturelles semblent être un passage obligé de leurs oeuvres, on ne compte plus les films basés sur ce sujet. Celui-ci , vu par les yeux d’un jeune garçon, même si le contexte politique n’apparait finalement qu’en toile de fond, est un touchant témoignage qui se laisse regarder sans contrainte, il est comme une tranche de vie éparpillée dans un monde où l’on doit grandir trop vite, même si on a que 11 ans….
(bande-annonce du film)
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