Festival Du Cinéma Chinois De Paris: Du 19 Septembre au 4 Otobre 2012 (3)
Posté par faguoren le 24 septembre 2012
Ce qu’il y a de (parfois) barbant avec les films dit « d’auteur », c’est que les réalisateurs s’emploient à nous concocter des scénarios à un tel point tarabiscotés qu’ils semblent en oublier les vertus émotionnelles de la simplicité. Il leur faut souvent se vautrer dans une écriture emphatique et maniérée qui, avouons le, ennuie plus qu’elle ne fascine….Prenons « Ici, là bas » de Lu Sheng vu lors de la quatrième journée du festival, par un samedi après-midi alors qu’à l’extérieur un doux soleil adoucit les premiers jours d’automne…Ancien chef-opérateur, Lu Sheng réalise ici son premier long-métrage et il faut bien reconnaitre que les couleurs, la plasticité et les images sont très belles. Du très bel ouvrage cinématographique qui donne son intérêt au film. Le thème du film est une sorte de tableau en trois scènes différentes se déroulant conjointement à Shanghaï, à Paris et dans une campagne profonde du nord-est de la Chine. Des liens familiaux relient les personnages de ces trois endroits, et c’est bien la seule chose qui assurent un semblant de liaison dans le film!!
A Paris, Lu Hao est un jeune étudiant passionné de photographie.Dépouillé de ses papiers après une agression, il demande l’aide de son propriétaire, sorte de vieil ermite chinois aux desseins guère définis.
A Shanghaï, un patron de restaurant, père de Lu Hao a embauché Guo Guang, un jeune serveur, lequel renoue avec Xia, son ex petite amie originaire du Sichuan, désormais employée dans l’assurance. Xia va bientôt décéder, je n’en ai personnellement pas compris les causes…
Dans le froid et lointain nord-est , le frère ainé de Guo Guang élève les rennes, il vit en compagnie de son épouse et de leur jeune fils, mais le garconnet semble se désintéresser peu à peu de cette vie rude…
Si l’ésthétisme, je le répète, donne à ce film un ton franchement personnel et quelquefois intéressant, il m’a été bien difficile de me passionner pour ces histoires manquant singulièrement de texture et de profondeur. C’est d’autant plus dommage que, prise séparement, il y avait probablement de beaux thèmes à développer avec ces trois scènes….Bref, peut être que ce n’est tout simplement pas ma tasse de thé. Le public, relativement nombreux, ne m’a cependant pas paru plus enthousiasmé que moi…(Rediffusion le 27 septembre à 20h00)
Ici, là-bas 这里,那里
Juste le temps de prendre l’air, et arrive « Sèche Tes Larmes » de Kong Lingchen. Le sous-titrage est en anglais. Chouette, en plus du chinois auditif, on va pouvoir réviser l’anglais écrit!! Le film est une plongée au sein des orphelinats en Chine, celui du film est situé à Nanning dans le Guangxi. Le directeur de l’établissement, contraint à l’hospitalisation, demande à sa fille Ting de le remplacer durant son absence. En compagnie de son collègue Meng Yan, la jeune femme va découvrir un monde nouveau, où l’enfance s’est trouvé fracassé par des drames familiaux qui ont laissés des traces indélébiles chez les jeunes enfants recueillis à l’orphelinat. De prime abord dérouté par ce qu’elle découvre et chahuté par les enfants, Ting va peu à peu gagner la confiance de ces enfants, malgré les conflits avec Yan, hostile aux méthodes éducatives de Ting. Et peu à peu, les orphelins vont sortir de leurs traumatismes psychologiques et retrouver la joie de vivre de l’enfance.
Ce mélo remplis de beaux sentiments a le mérite de nous montrer ce à quoi peut ressembler un orphelinat en Chine (Il y aurait 700000 orphelins dans tout le pays…). Romancée à l’extrème, l’histoire est bien sur émouvante et sait nous tirer quelques larmes ici et là. J’ai d’ailleurs toujours trouvé les réalisateurs chinois très forts pour ça!!! Bref, un joli moment jouant sur la corde sensible, interprété par des acteurs de qualité. Les enfants sont eux aussi formidables. Un beau moment de cinéma populaire qui plaira au plus grand nombre. On est loin du film précédent…Il n’est cependant pas rejoué dans le cadre du festival, dommage…
Sèche tes larmes- 宝贝别哭
Un seul film à mon agenda en ce premier dimanche de festival, et la suite de la rétrospective du mythique réalisateur Sun Yu. Est joué « La Rose Sauvagre » qui date de 1932!! Superbe archive une nouvelle fois!! Si le premier film de cette rétro (La Reine Du Sport), avait mis en vedette Li Lili, c’est une autre grande star du cinéma muet de l’époque qui a cette fois les honneurs, à savoir Wang Renmei, qui fut d’abord danseuse avant de se tourner vers le septième art via Sun Yu. Elle partage l’affiche avec Jin Yan qui fut également son partenaire dans la vie réelle.
Comme beaucoup de spectateurs je suppose, je suis novice aux films de Sun Yu. Il faut bien dire que ce n’est pas tous les jours que l’occasion d’en visionner se présente. Le public était d’ailleurs au rendez-vous, et ce fut très plaisant de constater qu’un film chinois muet de 1932 peut attirer une belle audience!! Un bel encouragement pour les organisateurs en tous cas!! Quant au film, ce fut un vrai délice, une véritable petite merveille!! Quelle joie de voir ces images vieilles de 80 ans mais dont l’aspect intemporelle sauta aux yeux par la qualité d’acteurs et d’actrices aux prestations euphorisantes. Quel bonheur de voir ces scènes de vie d’un Shanghaï d’une époque qui fit sa gloire…! Vraiment superbe, ne ratez pas la seconde diffusion le samedi 29 septembre à 20h00!
Un mot sur l’histoire quand même. La jeune et belle Xiao Feng, fille de la campagne et Jiang Bo, peintre issu d’une famille bourgeoise de Shanghaï croisent leur chemin par le fruit d’un heureux hasard. Les coeurs des deux jeunes gens n’ont que faire des différences sociales, et ils deviennent rapidement d’inséparables tourtereaux. Mais la relation choque la famille de bonne société de Jiang Bo. Celui-ci préfère alors couper les ponts avec sa riche famille et part à la découverte de la pauvreté avec Xiao Feng. Déclaré coupable d’un vol, Jiang Bo est emprisonné. Xiao Feng va alors obtenir l’aide du père de son amoureux en échange de la promesse de ne plus jamais revoir son fils. Jiang Bo est libéré, mais il ne peut oublier Xiao Feng. Il décide alors de s’enroler dans l’armée nationaliste du Kuomintang qui recrute face à la menace japonaise qui se précise. L’engagement de Jiang Bo lui permettra enfin de retrouver Xiao Feng.
Tour à tour drole et dramatique, le film de Sun Yu prend une tournure finale franchement nationaliste et un véritable appel à combattre l’ennemi japonais qui peu à peu inquiète la Chine. Aux scènes burlesques, succédent des « Aime tu la Chine? » évocateurs. Ce cycle consacré à Sun Yu est en tout cas une grande réussite, et je suis certain que toutes les personnes présentes ont, comme moi, hâte de découvrir les oeuvres suivantes!!
quelques minutes de « La Rose Sauvage »
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