Cycle Shadows: Premier film 2013

Posté par faguoren le 14 janvier 2013

Comme chaque année, le « Cycle Shadows » proposé par l’association Arsinica prend possession du Studio des Ursulines un lundi par mois pour présenter un film indépendant chinois. La première de cette nouvelle année se déroulera le 21 janvier à 20h30. « Mon Petit Ailleurs Chinois » profite de cette période de voeux pour souhaiter un franc succés à ce cycle 2013!

Cycle Shadows: Premier film 2013 dans Films taking

« Taking Father Home » qui sera présenté est signé Ying Liang et date de 2005. A noter qu’il a été tourné dans le dialecte du Sichuan. Je vous propose d’en voir un très court extrait ci-dessous:

Image de prévisualisation YouTube

Rendez-vous au Studio des Ursulines 10 rue des Ursulines 75005 Paris le lundi 21 janvier 2013!!

Publié dans Films | Pas de Commentaire »

De Pékin à Taipei 1000 visages de la Chine- Du 9 Janvier au 3 Mars 2013 (2)

Posté par faguoren le 11 janvier 2013

 

Un premier petit billet d’humeur sur ce qui est le premier grand événement de l’année 2013, sur le plaisir qu’il y a à compulser le programme du festival et se dire; « Ah, génial, impossible de louper ça…! » ou « Tiens, j’aimerais bien revoir ce film..! » ou encore « Zhang Yang sera présent ce soir! bravo les organisateurs!! ». Bon, intérieurement je me les dis avec mes mots à moi, ils ne sont peut être pas tous bons à retranscrire ici…! Et dire que ça va durer comme ça jusqu’au 3 mars!!

De Pékin à Taipei 1000 visages de la Chine- Du 9 Janvier au 3 Mars 2013 (2) dans Films wu-002

Il faut dire que ce mélange de films connus, mais incontournables, et d’oeuvres inédites a de quoi séduire! Je n’insisterai pas sur le thème avoué de ce festival, à savoir les évolutions et les mutations des villes chinoises, qui a certainement un sens pour les organisateurs mais qui pour moi sert surtout de prétexte à la confection d’un programme remarquable et fort diversifié, même si évidemment l’observation de la société chinoise depuis 25 ans à travers ces films est un trait commun à ces long-métrages. Tiens, une idée qui me vient…Pourquoi pas en 2014 un festival sur la ruralité en Chine? Il y aurait là aussi un bel éventail de films à proposer! Je dis ça, je dis rien…

Quelques mots sur le Forum des Images situé à l’intérieur du Forum Des Halles, rue du cinéma..!!  N’y ayant jamais entré auparavant, j’ai eu la bonne surprise de découvrir un complexe remarquable, moderne et fonctionnel où il est possible de se poser agréablement en attendant les séances. Les couloirs menant aux salles sont actuellement bordés de belles photos de Chine et de Taiwan. Les salles sont spacieuses et confortables….Une belle réussite , vraiment! Il est possible de réserver ses billets sur internet ou de les acheter sur place.A ce propos, l’accueil aux caisses est moyennement sympathique, on dira juste c’est dans les normes parisiennes, ni plus ni moins…Au final, le Forum Des Images est hautement fréquentables, et pour les îgnares de mon espèce, « De Pékin à Taipei 1000 visages de la Chine » est le rendez-vous idéal pour découvrir tout ce qu’il offre..!

wu-003 dans Films

Pour la soirée inaugurale, le 9 janvier, nous était proposé le dernier film de Zhang Yang « Full Circle » , dont c’était la première diffusion en Europe. Arrivé sur les lieux 30 minutes avant le début de la séance, j’eu la bonne surprise de voir une foule déjà considérable. Et à 20h00 la salle était archi-comble, les derniers entrants étaient même invité à s’asseoir sur les marches! Il est assez coutumier que dans ce type de festival, les soirées d’ouverture et de clôture affichent complets, qu’en sera t-il tout au long de son déroulement? réponse dans les jours et semaines à venir, dans « MPAC » ou ailleurs..!! En souhaitant que le public honore comme il se doit cette belle manifestation!

Très sensible aux films de Zhang Yang bien que n’en connaissant que deux (« Shower » et « Getting home » également programmés, et qui sont deux petits chef-d’oeuvres), j’attendais avec impatience ce « Full Circle » d’autant qu’on y trouvait dans le rôle proncipal le mythique producteur/réalisateur/acteur Wu Tian Ming (« Le roi des masques » c’est lui!)  Belle surprise, les deux hommes étaient dans la salle, visiblement touchés par l’accueil que le public allait réserver au film et/ou à leur personne…

feiyue

Je ne vous raconterai pas le film de long en large, d’autant qu’il repasse le dimanche 13 janvier à 19h00, alors allez l’apprécier par vous mêmes, vous ve le regretterez pas! En quelques mots, de dynamiques résidents d’une maison de retraite monte un spectacle qu’ils espèrent aller présenter dans une émission télévisée de sketches. Mais l’infirmière-chef ainsi que les familles de nos braves vieillards ne l’entendent pas de cette oreille, soucieux qu’ils sont de la sécurité et de la santé des intrépides aspirants à la célébrité. Ceux ci vont alors élaborer un plan afin d’aller à Tianjin où se déroule l’enregistrement de l’émision, il va alors s’en suivre un roar-trip mémorable et haut en couleur, mais l’instigateur du projet cache un terrible secret….

Moi qui ait toujours aimé la manière qu’à le cinéma chinois de mélanger rires et émotions, je fus particulièrement bien servi. Les acteurs, tous de « vieilles » gloires du cinéma de Chine sont formidables, à commencer par Wu Tian Ming dont on peut regretter à la vue de ce « Full Circle » qu’il n’ait pas endossé plus souvent le costume d’acteur… Et le film est aussi une jolie réflexion sur la vieillesse dans nos sociétés actuelles, et dans ce cas précis dans un pays où  la piété filiale est une régle de vie…Une bien agréable incursion dans le festival et un public conquis, la fête s’annonce belle!

spicy

Ambiance nettement plus calme le lendemain après-midi pour la projection de « Spicy Love Soup » le premier film de Zhang Yang qui date de 1997 et qui lui aussi, du moins à ma connaissance, inédit en France. L’assistance est nettement plus clairsemée , constituée en grande majorité de retraités (non, non ce n’était pas les acteurs de Full Circle…!!) qui me semblait être avant tout abonnés aux séances du Forum des images plutôt que de fervents sinophiles, mais peux être étaient ils les deux? Tant mieux si de plus en plus de spectateurs se fidélisent au cinéma chinois tant vénéré sur « Mon Petit Ailleurs Chinois »! 

Il était bien sur très intéressant de découvrir le premier film d’un des plus talentueux cinéastes de notre temps. « Spicy Love Soup » sera de nouveau programmé le dimanche 13 janvier à 21h00. Pour ce premier opus, Zhang Yang s’intéressait à la notion de couple et du sentiment amoureux dans les années 90. Il en résulte 5 tableaux différents mettant en scène 5 couples d’ages et de situations différents. En fil rouge, un sixième couple qui s’apprête à convoler s’interroge sur son engagement amoureux… Un premier film fort pertinent, un peu naïf parfois mais souvent juste dans sa perception de l’identité du couple moderne. Il s’agit avant tout d’une comédie et le tableau représentant le couple rongé par la routine et n’ayant plus rien à se dire est désopilant! A vous de le découvrir!

wu-011

Quant arriva 19h00 , il était temps d’aller assister à un moment particulièrement émouvant et intéressant puisque le « Forum Des Images » proposaient une rencontre/débat autour de Wu Tian Ming, personnage mythique du cinéma chinois de ces 30 dernières années! (et acteur principal du « Full Circle » vu la veille). Formé à l’art dramatique, il devint dans les années 80 directeur des studios de Xi’an pour lequel il tourne plusieurs films. C’est lui qui à la même époque va permettre à Zhang Yimou de se faire connaitre. Visé par la censure, il s’extradiera quelques années aux Etats-Unis avant de tourner au milieu le magnifique « Le Roi Des Masques » (toujours pas chroniqué sur MPAC, honte à moi….) . C’est donc un personnage incontournable que recevait le Forum des Images. Parfaitement mené par Damien Paccellieri, le débat allait permettre à un Wu Tiang Ming fort volubile d’évoquer son existence, d’abord malmené par la révolution culturelle où son père fut jeté en prison….Le temps aussi d’évoquer ses premiers amours au cinéma, puis ses premiers tournages. Wu Tian Ming aurait pu, semble t-il s’exprimer durant des heures devant un parterre attentif et respectueux. Malheureusement les 90 minutes imparties à l’événement allaient s’avérer bien insuffisantes, le déroulement de la soirée devait suivre son cours, un autre film de Zhang Yang allait arriver….Mais merci au Forum des Images et merci à vous monsieur Wu pour ce beau moment à vous écouter vous raconter, vous et votre cinéma, merci!!

wu-012

Comme écrit plus haut, la soirée se terminait avec la projection d’un autre film de Zhang Yang; « Getting Home » (2007). Ayant déjà pu voir ce film plusieurs fois, je décidais de rester sur mes impressions émues du débat avec monsieur Wu! Il n’empêche que « Getting Home » est un film à voir absolument si vous ne le connaissez pas. Vous pourrez le visionner le jeudi 17 janvier à 16h30, c’est une petite merveille, je vous assure.

Deux mois de festival, c’est assurément un beau pari que tente le Forum des Images. Sur ces premières impressions il a tout d’un pari gagnant. Des films, des débats, des rencontres….Tout cela promet un hiver inoubliable. « Mon Petit Ailleurs Chinois » n’y sera pas présent chaque jour, loin de là, mais j’espère juste vous inciter à aller découvrir de nouveaux films chinois….Et ce que je verrai, j’essayerai de vous le faire partager, à ma façon, la plus honnête possible en tous cas!!

Image de prévisualisation YouTube

Je suis ravi de vous offrir une vingtaine de minutes du débat autour de Wu Tian Ming, il s’agit approximativement des 20 premières. L’auteur du « Roi Des Masques » y évoque son enfance. Carte mémoire limitée, il me fut impossible de filmer plus longtemps….

Retrouvez « Mon Petit Ailleurs Chinois » sur Facebook: https://www.facebook.com/MonPetitAilleursChinois?ref=hl

Publié dans Films | Pas de Commentaire »

Shower

Posté par faguoren le 9 janvier 2013

C’est donc aujourd’hui que s’ouvre au Forum des images à Paris le fort attendu « De Pékin à Taipei 1000 visages de la Chine » qui jusqu’au 3 mars 2013 va proposer une superbe programmation de cinéma chinois (voir post du 27/12/12). Cette soirée d’ouverture va proposer un film inédit de Zhang Yang « Full Circle ». Les oeuvres du réalisateur pékinois seront fort bien représentées tout au long de ce bel événement. Ce sera l’occasion par exemple de voir ou revoir le superbe « Shower » de 1999, film le plus connu par chez nous de Zhang Yang sur lequel je vous propose de revenir.

Shower dans Films shower

Maitre Liu est le gérant d’un établissement de bains-douches, « Le Qingshui »  dans un vieux pékinois voué à la démolition à plus ou moins long terme. Il est le père de deux fils , il y a tout d’abord Er Ming qui bien que simple d’esprit est le parfait assistant de son père dans le quotidien de l’établissement de bains publics, il en est le véritable garant d’une certaine continuité de l’esprit qui régne au sein de ce lieu public. Car l’établissement de maitre Liu est bien plus qu’un simple endroit de bain. Il est un centre de vie du quartier où depuis toujours les habitués viennent s’y retrouver pour s’y laver , jouer au mahjong ou « s’affronter » via les combats de criquet!! Il s’agit du véritable tissu social qui génère au sein du quartier solidarité, entraide et complicité. On y vient pour partager ses joies, ses peines……On y vit, tout simplement!

Da Ming, le second fils du vieux Liu , lui a quitté cette communauté depuis longtemps. Il est parti tenter sa chance au loin , à Shenzhen, et a d’ailleurs réussi dans cette entreprise. Ayant vent que son père serait malade, il revient un jour au foyer familial où malgré la joie de Er Ming de revoir son frère ainé, il va vite se sentir en décalage avec ce petit monde qu’il a quitté il y a si longtemps. Prévoyant de rentrer dès que possible à Shenzhen , les événements vont le contraindre à se poser entre deux choix de vie fort différents: l’argent et l’ambition d’un côté et la tradionnelle piété filiale de l’autre….

En effet, le vieux maitre décéde , laissant à Da Ming , outre l’entière responsabilité des bains, l’obligation de s’occuper de Er Ming. Lorsqu’il téléphone à son épouse restée à Shenzhen, et qui ignore tout de l’existence de Er Ming, qu’il compte rentrer en compagnie de son frère attardé mental, celle-ci lui raccroche au nez sans ménagement…. Alors que Er Ming rejette violemment l’idée d’aller dans un établissement spécialisé, ces événements réveillent en Da Ming l’importance de cette vie de quartier, de ces liens familiaux inaltérables qu’aucune course à la richesse ne peut éconduire…..

Quel merveilleux film que ce « Shower »! Le réalisateur au dela de l’aspect dramatique de la disparition des vieux quartiers à Pékin , a su émailler son scénario de scènes de tendresse et d’humour qui rendent son film encore plus attachant. On passe ainsi très vite du rire aux larmes et après avoir vu ce film, vous n’entendrez plus jamais pareil le célèbre air « O Sole Mio! ». Si tous les rôles sont superbes, que dire de celui de Er Ming, tenu par Jiang Wu, frère cadet du célèbre acteur/réalisateur Jiang Wen..? Il est tout simplement prodigieux, rarement performance n’a été aussi émouvante…! Bien sur, le destin du « Qingshui » n’est qu’un épisode parmi d’autres dans l’anéantissement progressif des hutongs pékinois, il ne pourra échapper à sa destruction programmée…Et le film de Zhang Yang semble se poser en ultime témoin du temps qui passe, amenant son lot de nostalgie et de regrets. Ce qui fut ne pourra plus jamais être, est ce ainsi que nous devons vivre…? A noter au sein du film, en paralléle à l’histoire, de très belles images filmées au Tibet semble t-il, sur la symbolique de l’eau…

« Shower » sera diffusé au « Forum des Images » une première fois le 12 janvier à 18h00. A ne pas manquer si vous ne le connaissez pas, sinon belle occasion de le revoir sur grand écran. Dans ces premiers jours de festival, ne manquez pas demain 10 janvier à 19h00 une rencontre/débat avec Wu Tianming acteur et réalisateur du merveilleux « Le Roi Des Masques ». Cette rencontre sera animée par Damien Paccellieri, spécialiste du cinéma chinois et l’entrée sera libre!

Image de prévisualisation YouTube

(Bande-annonce espagnole, c’est la mieux que j’ai trouvé…)

Retrouvez « Mon Petit Ailleurs Chinois » sur Facebook: https://www.facebook.com/MonPetitAilleursChinois?ref=hl#!/MonPetitAilleursChinois

 

Publié dans Films | Pas de Commentaire »

De Pekin à Taipei, 1000 visages de la Chine en 80 films- Du 9 Janvier Au 3 Mars 2013,

Posté par faguoren le 27 décembre 2012

 

Amis (es) du cinéma chinois, l’année 2013 débute en fanfare! C’est même à un véritable festin de roi que nous convie le » Forum Des Images  » situé au Forum des Halles à Paris. Dans le cadre d’un festival nommé « De Pékin à Taipei », 1000 visages de la Chine », c’est 80 films qui seront projetés en presque deux mois! (9 janvier au 3 mars). Une programmation voulant avoir comme dénominateur commun, le devenir des villes chinoises à travers les extraordinaires mutations qu’elles ont connues depuis les années 80. De tous les films présentés, tous ne seront pas inédits.Mais ce sera l’ocassion de voir ou revoir sur un grand écran « Suzhou River » de Lou Ye ou « Shower » de Zhang Yang » ainsi que beaucoup d’autres. Concernant Zhang Yang, c’est son dernier long-métrage « Full Circle » qui ouvrira le festival le 9 janvier , le réalisateur sera d’ailleurs présent ainsi que l’acteur principal Wu Tian Ming qui, souvenez vous, fut dans les années 90 le réalisateur de l’extraordinaire « Roi Des Masques ».

Dans la mesure de ses disponibilités « Mon Petit Ailleurs Chinois  » tentera bien sur de vous relater le déroulement du festival. En espèrant vous y vous nombreux, un tel événement mérite mille considération!  En attendant, retrouvez tous les détails et le programme sur le site du Forum des Images en cliquant sur la photo ci-dessous.

De Pekin à Taipei, 1000 visages de la Chine en 80 films- Du 9 Janvier Au 3 Mars 2013,  dans Films forum

Retrouvez « Mon Petit Ailleurs Chinois » sur Facebook: https://www.facebook.com/MonPetitAilleursChinois?ref=hl

Publié dans Films | Pas de Commentaire »

Ai Weiwei Never Sorry

Posté par faguoren le 5 décembre 2012

Ai Weiwei Never Sorry dans Films never

Dans son malheur Ai Weiwei a une sacrée chance! Après l’expo que lui a consacré le « Jeu de Paume » à Paris, voici qu’arrive un film-documentaire signé Alison Klayman, une jeune journaliste américaine, sur le pire cauchemar des autorités chinoises, devenu le symbôle le plus médiatique de l’opposition au régime chinois, loin devant Liu Xiaobo, pourtant prix Nobel de la paix et toujours emprisonné dans une geole du Liaoning.

Il faut avouer que le CV de Ai Weiwei, architecte, sculpteur, cinéaste, photographe, performer….a tout pour faire de lui cette sorte de héros « anti-régime de Pékin », d’autant plus qu’il a su à merveille user des nouvelles technologies pour étendre son audience bien au dela des amateurs d’art contemporain. Ai Weiwei est en outre le fils d’un célèbre poète chinois, Ai Qing, qui fut persécuté lors des sombres années de la révolution culturelle. Le film nous rappelle justement que Ai Weiwei a vécu ces douloureux évènements en étant encore enfant (il est né en 1957).

S’il évoque le parcours artistique de Ai Weiwei, le film de Alison Klayman s’attache principalement , et c’est tant mieux, à la personnalité d’activiste de Weiwei. Ces activités allaient réellement prendre leur essor à la suite du tremblement de terre qui endeuilla la province du Sichuan en 2008. Des lors, par l’intermédiaire de son blog puis de son compte tweeter, Ai Weiwei n’aura de cesse de dénoncer ces « écoles en toufu » comme on les nomma, construites  sans aucune norme de sécurité et qui allaient devenir le tombeau de miliers d’enfants. Aidé par des bénévoles, Ai Weiwei va s’efforcer de retrouver les noms et prénoms de toutes les victimes puis de les publier sur internet, à la fureur des autorités chinois. Ai Weiwei va d’ailleurs subir à Chengdu un passage à tabac de la police locale. Ses plaintes, pourtant fortement médiatisées par ses soins, n’aboutiront jamais. Une nouvelle « mise en garde » des autorités afin de le faire taire sera de détruire ses ateliers de Shanghai. Ai Weiwei répondra en organisant sur ces lieux une immene fête! Il sera finalement arrêté le 3 avril 2011 et détenu jusqu’au 22 juin dans un endroit tenu secret. Le motif officiel de son arrestation porte sur une soi-disant malversation financière. « Ai Weiwei Never Sorry » se termine alors qu’il sort de prison et déclare qu’il est en liberté provisoire et qu’il n’a pas le droit de s’exprimer sur sa détention. En réalité, dès le 28 août 2011, il reprendra la parole dans un texte pour le magazine américain « Newsweek » où il s’en prendra violemment au régime de répression de Pékin. Le combat continue….!

Tourné sur une période de deux années, mais ou figure aussi des images tournées par Ai Weiwei, ce film est  tout à fait intéressant, montrant les dessous de la vie d’un activiste chinois dans son pays, même si , répétons le, Ai Weiwei a la chance d’avoir une célébrité et une popularité que doivent lui envier bien des combattants de l’ombre.L’imposante stature barbue du bonhomme, au demeurant calme et posé, lui vaut un évident capital sympathie. A mon sens, plus que l’expo du « Jeu de Paume », ce documentaire nous apprend qui est vraiment Ai Weiwei. Popularisé par ses travaux pour le célèbre « Nid d’oiseaux » à Pékin, stade olympique au design fabuleux, ou par ses photos montrant ses doigts d’honneur un peu partout sur la planéte (Celui face à la Tour Eiffel illustre d’ailleurs l’affiche française du film), Ai Weiwei tel qu’il apparait dans le film , est avant tout un infatigable défenseur de la liberté d’expression, un humaniste inventif avouant sa peur quotidienne mais décidant de la combattre de face. Des images familiales apportent au film un surplus de réalité, d’authenticité. Elles témoignent à coup sur de la confiance accordée à la réalisatrice pour réaliser ce documentaire. Un film à voir absolument que l’on apprécie et/ou connaisse ou pas l’art d’Ai Weiwei, le propos va bien au dela! « Ai Weiwei Never Sorry » est sorti sur les écrans français le 5 décembre 2012.

Image de prévisualisation YouTube

Bande-annonce du film

sorry dans Films

Retrouvez « Mon Petit Ailleurs Chinois » sur Facebook: https://www.facebook.com/MonPetitAilleursChinois?ref=hl

Publié dans Films | 4 Commentaires »

Festival Shadows: 4ème édition Du 9 Au 17 Novembre 2012

Posté par faguoren le 28 octobre 2012

Festival Shadows: 4ème édition Du 9 Au 17 Novembre 2012 dans Films shadows_2_2012

L’association Arsinica continue de promouvoir le cinéma indépendant chinois et va organiser début novembre la 4ème édition de son festival « Shadows ». Les habitués connaissent, les projections se tiendront au Studio Des Ursulines 10 rue des Ursulines 75005 Paris. C’est tout prêt du Jardin du Luxembourg. En outre, des projections se dérouleront dans des établissements universitaires partenaires: l’Inalco, Paris7 et Paris8.

Fidèle à sa ligne directrice, le festival proposera des oeuvres de fiction mais également des courts-métrages et des documentaires. Plusieurs réalisateurs se déplaceront spécialement de Chine pour l’occasion et viendront à la rencontre du public français qui, souhaitons le, se déplacera en masse pour un événement qui mériterait amplement de sortir de la confidentialité! Bonne chance à cette édition! « Mon Petit Ailleurs Chinois » tentera dans la mesure de sa disponibilité d’être le plus souvent possible au rendez-vous de cette manifestation… En attendant, vous pouvez obtenir de plus amples infos en cliquant sur l’affiche ci-dessus (qui vous ménera tout d’abord à une superbe bande-annonce!) , et retrouvez ci-dessous le programme complet.

pla dans Films

Publié dans Films | Pas de Commentaire »

Festival Du Cinéma Chinois De Paris: Du 19 Septembre au 4 octobre 2012 (6)

Posté par faguoren le 29 septembre 2012

Le temps passe vite…Vendredi arrive déjà, et cause de départ imminent en voyage, il s’agit de mon dernier jour de festival.Deux films à mon programme, j’aurai pu en ajouter un troisième avec « Les Treize Fleurs De Nankin » de Zhang Yimou, mais un peu coincé au niveau de la disponibilité, je laisse tomber . Tant pis, j’aurai bien l’occasion de le voir ultérieurement! Je me contenterai donc de « L’Usine Unisexe » et de « Le Petit Jouet ».

Festival Du Cinéma Chinois De Paris: Du 19 Septembre au 4 octobre 2012 (6) dans Films uni-221x300

L’Usine Unisexe -小镇大款 

Dernier jour donc, et l’heure de faire mon petit bilan perso. J’ai vu treize films en à peine dix jours, ce qui me semble fort respectable! Hormis le film de Zhang Yimou cité plus haut, j’ai à peu près vu tout ce que je voulais voir, sachant que j’avais déjà vu plusieurs films présentés. Oh, bien sur, j’aurai bien voulu avoir le temps de m’intéresser aux documentaires, aux films d’animation ou encore aux films pour enfants….Il a bien fallu faire un choix, une autre année j’espère!

Peu de déception dans les treize oeuvres visionnées. Mon coup de coeur va évidemment aux films de la rétrospective Sun Yu: A la fois de merveilleuses archives et de beaux moments d’émotion. Un grand bravo et un immense merci aux organisateurs, s’il ne devait rester qu’un seul festival de film chinois, ce serait sans contestation possible celui-ci! Puisque j’en suis aux remerciements, impossible de ne pas rendre hommage aux intervenants, éminents spécialistes du cinéma chinois, qui avant ou après chaque projection nous éclairaient de leur savoir, leur culture et leur passion. Je cite Mr Raymond Delambre et madame Mme Marie-Claire Kuo Quiquemelle pour qui Sun Yu ne semble avoir aucun secret.

Un mot sur les affluences. Elles m’ont semblé correctes les week-end et beaucoup plus confidentielles certains après-midi de semaine, et l’impression de toujours voir à peu-près les mêmes têtes! Souhaitons simplement que le festival retombe sur ses pattes financièrement. Et vivement l’édition 2013!

Allez, revenons sur ces deux films du vendredi. Une bonne nouvelle d’abord, comme promis la veille (voir épisode 5), les Pass UGC ou Gaumont sont désormais acceptés par le « Lincoln », et me voici en salle pour assister à « L’Usine Unisexe ». Le programme a pris pas mal de retard, cela me permet d’assister au débat ayant suivi la projection de « Les Treize Fleurs De Nankin ». Pour ma séance, la salle est assez remplie, on sent la fin de semaine qui arrive!

Le film présenté n’est pas tout récent, il date de 2000, cela ne va bien sur pas empêcher les personnes présentes de passer un bon moment de vraie détente, puisqu’il s’agit d’une pure comédie, souvent hilarante et où les quiproquos s’enchainent à un rythme jamais ralenti.

L’épouse d’un directeur d’usine exige que celui-ci n’embauchent que des hommes, ne suppportant pas que d’autres femmes côtoient son directeur de mari. Sous la coupe de cette femme autoritaire et jalouse, notre pauvre directeur s’exécute, espionné en plus par un homme de main de l’épouse. Même « sa » secrétaire est de sexe masculin; un quinquagénaire maladroit et penaud. Mais les résultas de l’usine ne sont guère brillants. Le directeur doit se mettre en quête d’un expert-technicien capable de faire remonter la production. Le candidat idéal est bientôt trouvé, possédant toutes les capacités nécessaires à remplir ce poste. Seul petit soucis, c’est une femme….et fort jolie en plus! Le directeur demande alors à sa nouvelle recrue de se déguiser en homme! C’est le départ de toute une série de situations burlesques, surtout quand le maire de la ville envisage de faire épouser sa fille par ce brillant nouveau technicien! Bref, tout ça se terminera bien sur de la meilleure façon, le pot-aux-roses finira par être découvert mais l’inflexible épouse du directeur  acceptera finalement que l’usine soit ouverte aux femmes. Comédie sans prétention donc mais qui parvint parfaitement à tenir le rôle qui lui était dévolu: divertir le spectateur.

jouet dans Films

Le Petit Jouet – 小玩意-

Arrive ensuite « Le Petit Jouet » de Sun Yu datant de 1933. La salle est désormais fort bien remplie, certes on n’est pas à guichets fermés, mais c’est plaisant de voir que finalement, un événement tel qu’une projection d’un film de Sun Yu peut attirer du monde.

Tout comme lors de la diffusion de « La Reine Du Sport » la semaine précédente, nous allons assister à un ciné-concert. La musique originale du film étant introuvable, les organisateurs du festival ont pris la jolie initiative de confier à des musiciens la création d’une musique spécialement concue  pour l’occasion, cette oeuvre devant être jouée « live » durant la projection. C’est sur une musique de Wu Bing que nous allons voir le film de Sun Yu. La même Wu Bing se produisant à la cythare chinoise accompagnée de deux autres musiciens.

Ne reste plus qu’à apprécier l’oeuvre de Sun Yu, où outre Li Lili déjà aperçue lors des films précédents, figure une autre mythique actrice de cette période, Ruan Lingyu. « Le Petit Jouet » va s’avérer être dans la lignée des autres films de ce début des années 30, mélangeant tendresse, drôlerie mais aussi tragédie, et notifiant toujours la menace japonaise planant au dessus de la Chine, et appelant le peuple au patriotisme et à la lutte, ce dernier aspect étant particulièrement flagrant dans « Le Petit Jouet ».

Ye, est une jolie jeune femme qui fabrique des jouets manuellement. Des jouets que son mari se charge de vendre. Malheureusement, celui-ci meurt subitement. Les malheurs de la jeune femme ne vont pas s’arrêter là. Son fils est enlevé et peu après le village est détruit suite à des combats entre ceux que l’on appelait « les seigneurs de guerre » et qui tenaient la Chine entre leurs mains en ce début des années 20.

Ye part se réfugier à Shanghaï en compagnie de sa fille, qui devient elle aussi experte en la fabrication de jouet. Le marché n’est pourtant pas aisé, envahi par les jouets fabriqués à la chaine en occident….(oui, oui…ça a bien changé, n’est ce pas…) et réduisant Ye et à fille à se contenter du minimum. Survient alors l’agression japonaise sur Shanghaï d 1932 au cours de laquelle la jeune fille est tuée.  Rongée par la tristesse et par la haine de l’ennemi, Ye mène alors une vie misérable, continuant à vendre des jouets dans la rue. Ces petits jouets principalement devenus de petits soldats, des chars ou des avions de combat: il faut sauver la Chine face au danger qui la menace. Un jour, Ye vend un jouet à un jeune garçon qui , sans qu’elle le sache, n’est autre que son fils enlevé des années auparavant par des trafiquants d’enfants à la solde de riches familles. Mais éclatent alors les pétards du nouvel-an, Ye devenue folle appelle alors le peuple à la résistance et la lutte face à l’ennemi….

Aussi touchant, aussi captivant que les autres films de Sun Yu présentés, « Le Petit Jouet » clôt à merveille « mon » festival. Il est tard lorsque je sors du cinéma et arpente les Champs-Elysées. En me dirigeant vers le métro, je mesure la chance d’avoir pu voir ces films rares. Les images et l’émotion du  » Petit Jouet » à l’esprit, je m’enfonce dans la nuit parisienne. Le spectacle a été beau, il reviendra, j’en suis persuadé…!

Image de prévisualisation YouTube

Quelques minutes du « Petit Jouet » , avec une musique du groupe allemand Tangerine Dream, pourquoi pas après tout..?

Publié dans Films | Pas de Commentaire »

Festival Du Cinéma Chinois A Paris: Du 19 Septembre au 4 Octobre 2012 (5)

Posté par faguoren le 27 septembre 2012

En ce milieu de semaine, le festival quittait donc la belle salle de La Pagode, ses belles fresques et son verdoyant jardin pour prendre possession du « Lincoln » tout proche des Champs-Elysées. Je ne sais pas si ce déménagement est contraint ou voulu, mais je sais que beaucoup de fans du festival regrettent « La Pagode ». Ce festival me semble si bien lié à cette salle, il s’y crée un climat, une ambiance, qu’il est difficile de retrouver au 14 de la rue Lincoln, à proximité du brouhaha de la grande avenue parisienne (que personnellement, je déteste, mais c’est une autre histoire…!)

Arrivée au Lincoln donc pour assister à la projection de « La Chambre Condamnée » de Chen Jian. Mauvaise surprise, la personne vendant les tickets m’informe que les pass (UGC, Gaumont) ne sont pas admis pour les films du festival, il me faut donc sortir le billet de 10 euros. Le rendu de monnaie sur ce billet est tellement insignifiant que mon porte-monnaie me tire une tronche pas possible…! Cela me rend d’autant plus furax que à La Pagode, il acceptait mon pass, eux!! Il semblerait que la cause soit informatique et que à partir de vendredi (28/09), nous pourrons présenter nos pass. On verra bien….

Festival Du Cinéma Chinois A Paris: Du 19 Septembre au 4 Octobre 2012 (5) dans Films mei-209x300

La Chambre Condamnée – 魅妆

Mais revenons à ce qui nous intéresse ; les films, et cette « Chambre condamnée » qui a la particularité d’être le film le plus récent présenté au cours de ce festival, il est en effet sorti sur les écrans chinois cet été. Ce film est en outre une des très bonnes surprises de la programmation festivalière, principalement parce que il touche un genre très rarement présent dans le cinéma chinois: le thriller, le vrai, celui issu de la tradition hitchcockienne et du film noir des années 50/60. Effectivement très loin d’une certaine tradition chinoise, il fallait donc voir ce que ça allait donner, et là, le choc! Cela faisait longtemps que je n’étais pas resté cloué dans mon fauteuil! Tout les poncifs du genre y sont, et ça n’a réellement rien de péjoratif tant le film de Chen Jian non seulement revisite le genre, mais rend également hommage à ses glorieux ainés, y compris le grand Alfred dont l’ombre semble planer au dessus des images. La première partie du film est particulièrement prenante. Chaque porte qui s’ouvre ou se ferme fait monter la tension du spectateur transi d’angoisse, chaque coin de pièce ou d’escalier semble recèler une fatale issue……Et la musique, signée Chen Chao, démultiplie la tension qui sort de l’écran…..Amateurs du genre, souhaitez une sortie officielle futur de ce film, car il ne sera pas rediffusé d’ici la fin du festival. C’est en tous cas un grand moment de thriller made in china, je vous le garantie. Bon, quelques mots quand même sur le scénario, particulièrement bien ficelé, ne négligeant aucun suspens et multipliant les surprises…

Ding Chaoyang vit dans un somptueux appartement dans une résidence de luxe. Sa petite amie, Li Wandou, auteur de romans à suspense emménage dans l’appartement avec l’interdiction cependant dans la chambre où est décédée quelques années auparavant, l’ex épouse de Chaoyang. Malgré ce drame, la cohésion du couple parait sans faille quand, la nuit venue, une femme vétue de blanc et aux ongles rouges sonne à la porte du couple avant de mystérieusement disparaitre….Dès lors, mille questions vont envahir l’esprit de la jeune romancière. Elle soupçonne la nouvelle et jolie voisine du dessus, d’autant que elle retrouve de faux ongles rouges dans la salle de bain. En outre, l’un des membres du service de sécurité tient des propos mystérieux à Wandou, semblant la mettre en garde contre une menace imminente….Bien vite, Li Wandou est convaincu qu’un mystère non-élucidé à l’époque tourne autour de la mort de l’ex épouse de Chaoyang, est-elle réellement morte d’ailleurs…? Wandou décide alors de pénétrer dans la chambre interdite. Cela va être le début d’une longue quête vers une vérité bien compliquée où les rebondissements tiennent en haleine tout le long de ce remarquable film de genre. Allez, je vous propose la bande-annonce (en chinois).

Image de prévisualisation YouTube

Le lendemain s’annonçait bien différent, je faisais de nouveau le déplacement pour assister à la projection de deux nouveaux films du cycle Sun Yu. A la différence des trois déjà vus, ces deux films datent de 1957 et 1958, soit environ 25 ans après les films présentés auparavant. Le réalisateur est bien sur passé du film muet au parlé. Pas la peine de vous raconter qu’entre ces deux époques, la Chine a vécu de sérieux bouleversements…..Au début des années 50, Sun Yu sortait « La vie de Wu Xun » lequel allait être l’objet de sérieuses critiques du parti….au grand étonnement et surtout au grand désarroi du réalisateur qui décidait de prendre sa retraite intellectuelle et de vivre reclu en famille….Il allait finalement sortir de son isolement artistique pour  en 1957 et sortir   »Avec le vent en poupe » puis l’année suivante « La légende de Lu Ban ». Entre ces deux sorties, le parti déclenchera ce que l’on nomma « Les Cents Fleurs » où des milliers d’intellectuels, qualifiés de « droitiers » par le régime maoïste furent emprisonnés. Par bonheur pour lui, Sun Yu échappa à cette purge. En 1960, il tourna « Qing Nianmei », une oeuvre trop dans l’ère du temps, pour que ce soit réellement l’expression de Sun Yu. Ce fut son dernier film….

poupe-300x300 dans Films

Avec Le Vent En Poupe – 乘风破浪

Nous étions donc conviés aux projections successives  de « Avec Le Vent En Poupe » puis de « La Légende de Lu Ban ». Sur que l’après-midi allait être passionnant! Les festivités commence donc par « Avec Le Vent En Poupe » qui a la particularité d’être le seul film en couleur de Sun Yu.Et on est très loin des films volontiers militants et aux messages d’unité du peuple chinois des années 30. Sun Yu a choisi le ton de la comédie pour mettre à l’honneur les premières femmes  devenues pilotes de bateaux. En ces temps où le collectivisme allait devenir la règle et où la femme se devait d’être égale à l’homme dans le labeur quotidien, on peut néanmoins considérer cette comédie comme allant dans le sens du parti. Le contraire aurait été de toute façon impossible, surtout après l’épisode de « La Vie De Wu Xun »….Nous avons donc droit à une comédie alerte, pleine d’entrain, souvent drôle et remplie de gaité! Presque « La Croisière S’amuse » version Chine maoïste!!!! 

Trois jeunes filles à peine sorties de l’école de navigation embarquent comme apprentie-matelots sur le navire du commandant Zhao, qui ne voit pas d’un très bon oeil l’arrivée des trois insouciantes jeunes filles. Les trois amies poursuivent malgré tout leur formation , sous le commandement du second You et du quartier-maitre Ma Jun.

Bientôt, elles réussissent leur apprentissage. Deux des jeunes filles sont alors envoyées sur d’autres navires, laissant la seule Liang Ying effectuer son stage de pilotage sur le bateau du commandant Zhao. De découragement jusqu’au succés de son stage, Liang Ying va vivre des moments où elle sera coutisée par le second, dédaignée par le capitaine et par Ma Jun. Mais sa persévérance, sa joie de vivre et son charme auront raison de tous ces écueils. Ce sera également le cas des deux amies de Ying, laissant le film se terminer par des salves de rires et de bonne humeur! Cette balade sur le fleuve jaune est donc un gai divertissement. Il fallait montrer de jolies histoires à  la population en ces mi-50′s…Pour son retour derrière une caméra, Sun Yu avait parfaitement réussi cette entreprise….Le film sera rejoué dimanche 30 septembre à 18h00. Pour celles et ceux qui l’ont vu ou vont le voir, notez que le rôle du petit matelot effronté est tenu par le fils de Sun Yu.

Arrive ensuite un merveilleux « La Légende de Lu Ban » , qui à lui seul valait le déplacement! Quelques mots d’abord sur ce Lu Ban. Il est un personnage mythique de la légende chinoise qui aurait vécu à l’époque dite des « Royaumes Combattants ». Il était  maitre menuisier et charpentier et aurait été un précurseur et un maitre en matière de menuiserie et de charpente. Il était ainsi vénéré par les artisans et demeura un personnage légendaire. Il a existé pendant des siècles et jusqu’à un passé récent des Confréries Lu Ban, en hommage à ce personnage typique de la culture chinoise.

Sun Yu a donc voulu célébrer Lu Ban à travers un film présentant trois épisodes célèbres de ses exploits. Pour tenir le rôle de Lu Ban, il fait appel à Wei Heling, acteur à succés dans les années 40 (le célèbre « Les Anges Du Boulevard ») mais tombé dans l’oubli depuis. Wei Heling va donner une consistance et une poésie magique à son rôle, transformant Lu Ban en une sorte de vieux voyageur solitaire, volant au secours de ses collègues artisans partout où il passe.

Il va ainsi successivement aider Zhao à terminer un pont qui ne peut tenir debout, par la même occasion, cela va faire le bonheur d’une jeune fille pauvre. Puis dans le sud du pays, il va parvenir à faire terminer dans les temps une pagode à maitre Zhang grace à un procédé fabuleux auquel seul lui pouvait penser! Enfin, dans la capitale, l’ordonne ordonne la construction d’une tour aux spécifités bien précises. Elle doit comporter 9 poutres, 18 piliers et 72 poutres faîtières…Chose impossible, et sept architectes ont déjà été éxécutés faute d’avoir réussi le projet….Le pauvre maître Li qui se voit confier le chantier n’est pas plus avancé, il se voit déjà passer entre les mains du bourreau….Lu Ban, à l’aide d’une jeune fille va réaliser une maquette en bambou montrant comment réaliser l’édifice et la fait porter à maitre Li. Celui-ci est donc sauvé. Mais comme après chaque oeuvre de sa bienfaisance, Lu Ban est déjà reparti, impossible de le remercier…!

Ce film sera rejoué samedi 29 septembre à 18h00. Essayez vraiment de ne pas le louper. C’est un magnifique moment de pur bonheur, plein de sagesse, de mystère, de magie presque….Il donne envie d’en savoir plus sur ce Lu Ban, héros bienfaiteur de la Chine antique. Un film rare….Grand merci aux organisateurs du festival.

ban-214x300

En cliquant sur l’affiche du film, vous devriez pouvoir accéder (après la pub…) à un long extrait du film, non sous-titré….

Le Festival va se poursuivre jusqu’au 4 octobre, mais il est déjà presque fini pour moi. Deux films à voir, il faudra ensuite vite me préparer, car des aventures taiwanaises m’attendent presque tout ce mois d’octobre. Je vous livrerai bien sur mes impressions sur ces deux films, sur le festival en général aussi. Et bien sur, je vous encourage à vous rendre dans les salles!!

Rappel: Mon Petit Ailleurs Chinois a désormais sa page facebook https://www.facebook.com/MonPetitAilleursChinois?ref=hl Vous y trouverez, entre autres, les mises à jour du blog. Et un petit « j’aime » fera très plaisir! si, si!!!

Publié dans Films | Pas de Commentaire »

Sauna On Moon

Posté par faguoren le 26 septembre 2012

Sortie cette semaine en salle de « Sauna On Moon » , un film de Zou Peng dont c’est le second long-métrage. Ancien étudiant en peinture et également ancien styliste, Zou Peng a vu son film sélectionné à la Semaine De La Critique lors du festival de Cannes 2011. Ceci étant dit, sortir ce film en plein Festival Du Cinéma Chinois le soumet à une rude concurrence!! Attention à l’indigestion !! Pour ma part, il m’était difficile de ne pas céder à l’appel de ce nouveau film……

Sauna On Moon dans Films sauna-224x300

A sa façon, le film est une critique désabusée de l’expansion économique en Chine déversant son lot de laissés-pour-compte. Et ici, les laissés-pour-compte sont des filles, jeunes et jolies principalement, qui rêvent de faire fortune en vivant de leurs charmes dans des sortes de maisons closes situées dans ces villes symbole de l’ouverture de la province de Canton. Un tel sujet ne pouvait évidemment pas échapper à la censure chinoise. L’industrie du sexe est un sujet tabou en Chine, malgré qu’elle prolifère, et le film est bien sur interdit en Chine. Comme le déclare le réalisateur: « Si j’avais voulu que le film soit visible en Chine, il aurait dû être différent. C’est donc une question de priorités ».

Nous sommes donc en 2009, et alors que l’on fête le 10ème anniversaire de la rétrocession de Macao à la Chine, le gérant du « Sauna On Moon » fait grise mine. Le commerce du sexe est difficile et les affaires ne marchent pas aussi bien qu’il le faudrait. En outre, les exigeances de la clientèle sont de plus en plus poussées, comment les satisfaire…?

Le film de Zou Peng a presque vocation de documentaire tant il s’évertue à nous faire découvrir ce monde si particulier au sein de la société chinoise.  Un monde particulier mais abject, on assiste ainsi pendant une partie importante du film à la recherche d’un homme de main à travers la ville afin de trouver une jeune fille vierge destinée à satisfaire un client….Un monde où la violence et la corruption ne sont jamais très loin, un monde où Zou Peng tente de nous montrer que les filles sont encore capable d’espoir et même de joie de vivre. Il faut dire que durant la période où il était styliste, le réalisateur a assidûment côtoyé ces filles.

En dépit de l’intérêt porté par le sujet plutôt inédit et sulfureux du film, celui-ci ne m’a que moyennement passionné. Tourné de façon trop « mode », trop « fashion », tel un  défilé nauséabond d’un marché où l’offre et la demande sont pourtant sujets à des situations bien plus inhumaines que ce qui est montré ici, hormis les scènes mettant en avant la jeune fille vierge, parfaitement réalisées. Dans la profusion actuelle (festival, festival….), ce film mériterait certainement une seconde vision, détachée des heures de film que j’ingurgite depuis une bonne semaine!! Il est de toute façon à voir, ne serait ce que pour saluer l’audace du réalisateur de nous proposer ses propres visions sur un sujet forcément pas facile à mettre en scène dans cette partie du monde.

Image de prévisualisation YouTube

Bande-Annonce du film

moon-300x288 dans Films

Publié dans Films | Pas de Commentaire »

Festival Du Cinéma Chinois De Paris: Du 19 Septembre au 4 Octobre 2012 (4)

Posté par faguoren le 26 septembre 2012

Festival Du Cinéma Chinois De Paris: Du 19 Septembre au 4 Octobre 2012 (4)  dans Films parad-209x300

Deux films à mon programme en ce début de semaine. Le chemin de « La Pagode » m’est devenu un itinéraire quotidien, on s’habitue très vite à ces doux plaisirs! Ce lundi est en grande partie dédié à la rétro consacrée à Wang Xiaoshuai, cinéaste phare de ce début de XXIème siècle et de ce qu’on nomme parfois « la 6ème génération »et dont le dernier opus, 11 Fleurs, était sorti sur nos écrans en avril dernier. Ce qui ne l’empêche pas d’être reprogrammé dans le cadre du festival.

La séance qui m’intéresse propose « So Close To Paradise » qui, je le croyais, était le seul film de Wang Xiaoshuai que je ne connaissais pas. Lors de la projection, je me rendrais vite compte que je l’avais déjà vu….Où? quand ? Je ne m’en souviens absolument pas. Peu importe, il m’a été fort agréable de rappeler à ma mémoire les ténébreux personnages de ce fut, il me semble, le premier film de l’auteur à être distribué correctement. C’était en 1999, alors que le film fut tourné en 1995. Il fut soumis entre temps aux lourds examens des comissions de censure chinoise….

Ténébreux, disais je…Car oui, il s’agit d’un film terriblement noir, une sorte de polar obscur où les réglements de compte tiennent lieu de raison de vivre. Le seul regard parfaitement humain du film est un personnage naïf, voire simplet….Le film est tourné avec une caméra porté à l’épaule, cela contribue à nous rendre plus proches, presque intimes de ces êtres rongés par la vengeance…

Gao Ping et son jeune frère Dong Zi ont quitté leur campagne natale et ont atterri dans la grande ville de Wuhan. Si Dong Zi, gentil garçon un peu simplet, travaille sur le port, son frère ainé est devenu un petit escroc sans grand talent. Il se fait ainsi arnaqué par l’un des cracks de la mafia locale. Pour se venger, il décide de kidnapper, avec l’aide de son jeune frère, la maitresse du caïd, Ruan Hong, chanteuse/entraineuse dans un night-club local. Si le but de Gao Ping est de mettre la main sur celui qui l’a dupé. Malgré le viol qu’il lui fait subir, des sentiments amoureux vont peu à peu naitre entre Ruan Hong et son kidnappeur, sous l’oeil de Dong Zi qui lui aussi à sa façon, va s’attacher à la jeune chanteuse. Mais l’obsession de vengeance de Gao Ping ne le quitte néanmoins pas, il va le payer très cher….

Dans ces bas-fonds glauques d’une Chine qui ne sait que faire de ces masses campagnardes débarquant dans les grandes villes, Wang Xiaoshuai a tourné un film superbe, parfois éprouvant, et à chaque instant relié à un triste constat d’échec de ce qui fut les grandes réformes économiques des années 90. Ce fut une belle idée de nous le présenter, pour une seule et unique séance comme c’est le cas pour tout les films de Wang Xiaoshuai lors de cette rétrospective.

Changement de décor le lendemain avec sur mon agenda, la suite du cycle Sun Yu avec au programme « La Route », film de 1934 mettant de nouveau en scène l’égérie du réalisateur Li Lili. J’avais adoré et été charmé les jours précédents par « La Reine Du Sport » puis par « La Rose Sauvage ». Je vais encore passer de grands moments à apprécier comme il se doit cette merveille du temps passé.

« La route » raconte l’histoire de 6 garçons, tous amis, dont le métier est de faire des routes. Il faut dire qu’à cette époque, la construction de routes en Chine fait partie des grands travaux du Guomindang, alors au pouvoir, afin d’unifier par des voies terrestres praticables une Chine qui fut trop longtemps divisés par les seigneurs de guerre. Autre but aussi, se préparer à lutter contre l’ennemi japonais qui ambitionne de plus en plus de s’installer en Chine. Et si la guerre ne fut déclarée qu’en 1937, lors du tournage de « La Route », les japonais occupaient déjà la Mandchourie. Et dans cette Chine trop immense et qui se cherchait un avenir, Sun Yu, ainsi que d’autres, participèrent par le biais de l’art à faire prendre conscience au peuple chinois de la terrible menace non seulement à venir, mais déjà présente. La scène finale du film est à cet égard sans équivoque…. Mais pour l’heure, nos sympathiques et joyeux garçons n’ont à faire de ces considérations. Venant de perdre leur emploi du côté de Shanghaï, ils se dirigent d’un commun accord vers les campagnes pour travailler à la construction d’une route.

Dans le restaurant du chantier, ils vont faire connaissance de deux charmantes jeunes filles, Moli (Li Lili) ancienne chanteuse vagabonde embauché par le patron du restaurant et Dingxiang, fille de ce même patron. Les 6 garçons, sympathiques, courageux et fort honnête sont appréciés par tout le campement. Dingxiang a elle un faible pour le nommé Luo. Quand à Moli, elle les aime tous!

Mais un grave danger menace tout ce petit monde. Hou, le patron du chantier, est un espion à la solde des japonais. Ces mêmes japonais ne veulent pas voir ce projet de route aboutir. Il permettrait le passage de véhicules militaires. Et quand le traitre Hou propose aux 6 garçons une importante somme d’argent pour abandonner le chantier et que eux-ci refusent. Ils sont alors emprisonnés par Hou puis fouettés. Ils seront sauvés par grace à Moli et Dingxiang même si l’un des leurs, Zhang, est tué lors de l’opération menée pour les libérer. La construction de la route peut alors reprendre et arriver à son terme. Mais un terrible destin attend le groupe…

Léger par moment, d’une terrible gravité à d’autres instants, « La Route » est un immense film terriblement accroché à l’époque qu’il vivait. La comédie tourne au drame, comme pour mieux informer du danger des temps présents. Bien plus que des curiosités d’époque, les films de Sun Yu traversent le temps pour témoigner de cette Chine à la croisée de son histoire et au devenir inquiétant. « La Route » en est un formidable exemple. Il sera rejoué dimanche 30 septembre à 20h00. Ce serait vraiment dommage de ne pas profiter de cette chance! A noter que je qualifierai de semi-muet la route puisque on peut entendre les chansons du film!

Ainsi se terminait pour moi la semaine du festival au cinéma « La Pagode », mais celui continue et déménage au « Lincoln » 14 rue Lincoln tout prêt des Champs-Elysées. Je ne vous cache pas que je vais regretter cet endroit unique qu’est « La Pagode », une salle et un lieu ne ressemblant à aucune autre salle de ciné à Paris. On s’accomodera de ce changement, la qualité du festival n’étant, j’en suis sur, pas ébranlée par ce déménagement!

dalu dans Films

En cliquant sur l’affichette du film ci-dessus, vous verrez un extrait du film dans lequel Li Lili chante. Le lien peut être un peu long à charger….

Publié dans Films | Pas de Commentaire »

123456...12
 

jrny |
lacharbonnerie |
Le grand voyage |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | chrystineinaustralia
| Les locations de vacances e...
| marieblanche