Festival Du Cinéma Chinois En France: Du 13 Mai Au 19 Juin 2013

Posté par faguoren le 6 mai 2013

En matière de cinéma chinois, il serait de mauvaise foi de se plaindre d’un manque d’initiative et de manifestations dédiées…! Tenez, sans trop réfléchir, à la volée! En début de cette année, le génial « De Pékin à Taipei… » au Forum des images qui succédait de quelques semaines au festival de cinéma indépendant « Shadows » au Studio des Ursulines. Ajoutons un récent cycle au musée Guimet et bien sur, impossible d’oublier le Festival de cinéma chinois de Paris qui se déroule chaque automne et qui reste à mon humble avis le must sur le sujet. Et si l’on se souvient que l’été 2012, le festival de cinéma de Paris avait proposé un focus sur le cinéma de Hong-Kong, on se dit que s’il est dommage que le marché officiel néglige trop le cinéma de Chine, les initiatives alternatives permettent d’assouvir les plus belles faims des amateurs du (des) genre (s)…

Festival Du Cinéma Chinois En France: Du 13 Mai Au 19 Juin 2013 dans Films 3eme

Et voici donc qui arrive dans nos salles la 3ème édition du « Festival Du Chinois En France » dont la belle particularité est de ne pas se cantonner aux salles parisiennes mais d’offrir une programmation dans diverses villes de province mais aussi à La Réunion. Ceci dit, le programme fait quand même la part belle à la capitale.

Des éditions 2011 et 2012, je garde le souvenir de films principalement « grand public », sans que cela soit péjoratif, mais il est sur que ce n’est pas ici que vous découvrirez les films d’auteurs les plus pointus. Ce festival a tout simplement trouvé sa place, son créneau sur l’échiquier des événements analogues ou proches. Il permet en outre de découvrir des oeuvres tout à fait contemporaines. Ainsi pour cette édition 2013, les onze films présentés datent tous de 2012 et 2013.

Il est prudent aussi d’être vigilant pour éviter d’éventuels, il est arrivé lors des deux éditions précédentes, des films présentés aient déjà été programmé lors d’autres festivals, sous un titre différent! Pas très transparent tout ça, mais bon…Cette année, remarquez que le très beau « Full Circle » avec Wu Tian Ming avait fait l’ouverture du cycle du Forum des Images en janvier. Pas de titres différents cependant, et pour ma part je revisionnerai ce film avec grand plaisir!

Je ne m’attarderai pas plus pour l’instant sur ce festival. Comme ce fut le cas en 2011 et 2012, MPAC essayera bien sur d’être le plus présent possible sur la programmation spécifiquement parisienne (du 13/5 au 21/5). Ou que vous soyez, j’espère que vous pourrez assister aux projections et, pourquoi pas, venir en parler sur ce blog! Pour tous les détails et le programme, vous avez juste à cliquer sur l’affiche! Bonnes séances!!

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De Pékin à Taipeï 1000 visages de la Chine-Du 9 Janvier au 3 Mars 2013 (10)

Posté par faguoren le 4 mars 2013

 

C’est fou comment deux mois peuvent passer vite…Rendez vous compte, je me revois encore en cette toute fin d’année 2012 lorsque j’apprenais, presque par hasard, qu’un méga festival de cinéma chinois (De Chine Populaire et de Taiwan..) allait se tenir au Forum des Images en plein coeur de Paris pendant presque deux mois! Et nous voici désormais début mars, le temps a tracé son chemin à la vitesse qu’il faut à un immeuble de 80 étages pour sortir de terre à Shanghaï , Wuhan,Changchun ou ailleurs….Reste alors les souvenirs, mais quels souvenirs!! Des films souvent inédits ou tout simplement à revoir sur grand écran, des rencontres incroyables, des débats passionnants….Quand j’étais ado, on disait « Quel pied! », maintenant c’est plutôt « J’kiffe grave! » , mais la satisfaction est la même, jeunes et moins jeunes ont « kiffé grave leur pied  » à suivre ce long feuilleton quasi-quotidien que fut « De Pékin à Taipeï 1000 visages de la Chine »! Le pari sur la distance n’était pas gagné d’avance, mais il me semble avoir été tenu de belle manière, les affluences continues le démontre, c’est du moins mon sentiment…Bravo!!

De Pékin à Taipeï 1000 visages de la Chine-Du 9 Janvier au 3 Mars 2013 (10) dans Films full

« Full Circle » de Zhang Yang

J’avais initialement pensé faire une sorte de « Top 5″ des coups de coeur de MPAC de ce festival. Je préfère finalement y renoncer; trop de bons films , trop d’émotions souvent très différentes qu’il est vain de vouloir comparer, voire opposer…..Comment choisir 5 oeuvres parmi 80 possédant toutes une légimité, une raison d’être puisque ils ont été sélectionnés pour apparaître lors de ce cycle! En plus, je suis loin d’avoir tout vu…Combien en ai je vu d’ailleurs…40, 50..? Peu importe, l’essentiel était que chaque projection donnait envie de rester pour la suivante ou de revenir le lendemain, c’est certainement le plus beau compliment que l’on puisse faire aux organisateurs!!

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« Frozen » de Wang Xiao Shuai

La programmation dont le thème global était « la mutation des villes chinoises » recélait principalement ce que l’on nomme des « films d’auteurs » (ah, il y aurait donc des films sans auteurs..?), terme que j’ai toujours trouvé un poil prétentieux, mais bref, ça ne me gène pas plus que ça..!  Certes , certains films étaient très expérimentaux, pour ne pas dire totalement abstrait. D’autres étaient plus accessibles, plus conventionnels. Le tout démontra l’extraordinaire vitalité d’un cinéma chinois, pourtant soumis à bien des obstacles: censure, prédominance des films gros budgets américains dans les salles, et donc manque de visibilité dans le pays où pourtant ils devraient être les plus vus, les plus reconnus….C’est aussi parce que beaucoup de choses nous échappent que la Chine continue à nous fasciner…

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Le prix du Plus Beau Baiser est décerné à « Shanghai Rumba » de Peng Xiaolian!

Films de fictions, documentaires, oeuvres connues, d’autres plus obscures mais qui allaient se révéler, et comme si le gâteau n’était pas suffisament savoureux, les gens du Forum des Images allaient y poser une énnoormmmee cerise en invitant à débattre avec le public des invités tout à fait prestigieux, des moments rares partagés avec Wu Tian Ming, Wang Xiao Shuai, Lou Ye, Ning Ying, Peng Xiao Lian….exceptionnel!

Voilà, je pense que le public venu en nombre partagera la majorité des idées exprimées ici. Pendant deux mois nous avons partagé des émotions communes, nous nous sommes enthousiasmé pour les mêmes images, les mêmes paroles, les mêmes rires, les mêmes pleurs….Merci donc à toute l’équipe du Forum Des Images, l’accueil fut la plupart du temps fantastique et jovial. Un remerciement particulier à Zeynep, programmatrice de ce cycle mais qui en fut aussi une formidable et chaleureuse animatrice! Merci aussi aux consultants et spécialistes (Damien Paccellieri, Brigitte Duzan, Jean-Michel Frodon, Luisa Prudentino…..et à ceux que j’oublie…) pour avoir accepter de partager leurs savoirs, nul doute que bien des passions pour le7ème art en Chine soient nées grace à eux! Merci et militons pour une suite!!

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« N°89 Shimen Road » de Shu Haolun

« Mon Petit Ailleurs Chinois » a donc tenté de , semaine après semaine, de vous faire vivre par le texte et par l’image son festival, comme il a essayé de le faire le plus possible pour les divers festivals de cinéma chinois parisien, et ceci depuis la création du blog fin 2009. Pour la première fois, il m’a été accordé un retour des organisateurs, pas de fierté particulière mais cela fait plaisir, tout simplement, savoir qu’à travers l’écran un message parvient à se faufiler…Ce fut donc un grand plaisir quand une des responsables de ce cycle me proposa de faire gagner des places de cinéma aux internautes via le blog, d’autant plus qu’il s’agissait tout bonnement de l’avant-première du nouveau film de Lou Ye »Mystery » avec la présence du réalisateur lors de cette projection! J’acceptais donc la proposition avec enthousiasme mais, hélas trois fois hélas…, ce fut un beau fiasco…Un petit jeu pas bien difficile fut organisé durant une quinzaine de jours, les divers rappels sur le blog et sur la page Facebook furent vus environ 1500 fois, mais UN SEUL et unique participant fut dénombré….Décevant, frustrant…tant pis, ce n’est pas bien grave au final, je me dis simplement qu’il est parfois bien compliqué de vouloir faire plaisir…..

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« Chicken Poets » de Jing Hui Meng

Le festival est fini, nous allons pouvoir reprendre une vie normale, ouf..!

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De Pékin à Taipeï 1000 Visages de la Chine- Du 9 Janvier au 3 Mars 2013 (9)

Posté par faguoren le 4 mars 2013

Pour les sino/cinéphiles , retrouvez les vidéos faites par MPAC au cours des 2 mois fantastiques vécus lors de ce cycle mémorable organisé par le Forum des Images. Que de beaux et bons souvenirs!

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Wu Tian Ming 10/01/2013

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Zhang Yang 12/01/2013

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Wang Xiao Shuai 19/01/2013

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Peng Xiaolian 25/01/2013

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Zhang Xianmin 31/01/2013

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Ning Ying 15/02/2013

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Ning Ying II ! 17/02/2013

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Lou Ye 20/02/2013

Que du beau monde!!

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De Pékin à Taipeï 1000 visages de la Chine- Du 9 janvier au 3 mars 2013 (8)

Posté par faguoren le 27 février 2013

Un rapide billet juste pour compléter le précédent. Il manquait juste la vidéo de Ning Ying tournée à la suite de la projection de l’excellent « Perpetual Motion ». Voici donc 30 minutes de Ning Ying répondant aux questions de Luisa Prudentino et du nombreux public présent en cette belle soirée!

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De Pékin à Taïpei 1000 visages de la Chine- Du 9 janvier au 3 mars 2013 (7)

Posté par faguoren le 25 février 2013

Vous je ne sais pas mais moi je n’aime pas l’hiver…On a beau apprendre à vivre avec, mais dès que novembre arrive, je n’ai qu’une envie: être plus vieux de 6 mois! Cela doit être dû au fait que je suis né au début du printemps, il m’est impossible de m’épanouïr quand il fait nuit à 5 heures du soir ou lorsque le thermomètre oscille autour de zéro degrés….Bref, tout ça pour vous dire que, n’ayant pas le choix, il faut bien trouver des dérivatifs, des roues de secours; des bouées me permettant de surnager….Dès novembre j’en suis donc à lancer des bouteilles à la mer,des S.O.S anti-congélation…!!! Et parfois ça fonctionne!! Cette année par exemple!! Oui, oui…cet hiver 2013 sera à jamais marqué par ces deux mois de cycle de cinéma chinois au Forum des Images! Vive l’hiver amis lecteurs!! Je me sens apte à résister à une invasion d’ours polaire, cet hiver s’est déroulé au rythme des projections, des découvertes, des débats…. »Hibernatus au Forum des Halles », c’est le film de mon hiver à moi, celui que j’ai essayé de vous faire partager….Bon sang, que le temps a passé vite…Dans quelques jours le festival sera terminé. Pour la fin de l’hiver il faudra patienter un peu plus, mâis peu importe, l’essentiel est fait…A l’heure des bourgeons renaissants, les souvenirs d’images, de voix, de sons….seront encore incrustés dans la mémoire!

De Pékin à Taïpei 1000 visages de la Chine- Du 9 janvier au 3 mars 2013 (7) dans Films mot

« Perpetual Motion » de Ning Ying

Depuis ma dernière intervention sur MPAC, le Forum des Images a reçu deux invités de marque, et pour commencer la réalisatrice Ning Ying, connue pour sa « trilogie de Pékin » qui sera présentée tout au long d’un bien beau week-end mais dont le premièr acte de présence permettra à  beaucoup de découvrir un jubilatoire « Perpetual Motion », datant de 2005.

Quelques mots sur Ning Ying avant toute chose. Née en 1959 dans le Shaanxi, elle rêva d’abord de devenir violoniste  mais un problème à un doigt l’obligea à mettre fin à cette aspiration. Elle n’en délaissa pas pour autant le domaine artistique puisqu’elle rejoignit dès 1978 l’académie de cinéma de Pékin, juste réouverte après les affres de la révolution culturelle et des délires de Jiang Qing et compagnie….Elle est donc une contemporaine de ce que l’on nomma »la 5ème génération  » du cinéma chinois qui plus tard allait révéler Zhang Yimou et Chen Kaige pour les plus connus. Le cinéma de Ning Ying allait néanmoins se détacher de ceux de ses illustres collègues. Par ailleurs, elle allait obtenir en 1982 une bourse d’étude pour se rendre en Italie, elle deviendra ainsi assistante de Bertolucci quand celui-ci réalisera son célèbre « Le Dernier Empereur ». De retour en Chine, elle accepte de tourner un remake de « Certains l’aiment chaud », la célèbre comédie avec Marylin Monroe. Sa version remporte un beau succés en Chine. Refusant néanmoins de continuer dans cette voie, elle va tourner en 1992 le premier volet de sa trilogie pékinoise; « Jouer pour le plaisir », l’oeuvre de Ning Ying peut alors démarrer!

« Perpetual Motion » ouvrit donc le bal Ning Ying…Film réalisée par une femme et dans lequel tous les rôles sont tenues par des femmes! Quatre bourgeoises de la haute société chinoise se réunissent un soir de célébration de la fête du printemps chez l’une d’elle qui pense que son mari la trompe avec l’une de ses invités…La soirée va tour à tour se dérouler sur le mode des fantasmes sexuels de ces dames puis vont laisser place aux souvenirs, le ton devient alors plus grave, laissant voir sous des carapaces maquillées par la réussite sociales, des félures profondes…La nuit, et non plus la soirée, se terminera de façon bien plus dramatique que son entame…

De ce film incroyablement percutant, voire iconoclaste , ressort l’originalité d’avoir confier les rôles non pas à de véritables actrices mais à des personnalités issues de ce monde « people » à la chinoise. Ainsi, ce huis clos est tourné dans le superbe ‘siheyuan » de Hung Huang, fille d’un ancien ministre, qui joue le rôle de Niu Niu, l’instigatrice de cette soirée féminine et féministe! Si le film fit, parait-il, grincer pas mal de dents en Chine, il fut chaudement salué au Forum des Images, une nouvelle fois abondamment rempli pour cette projection. Et la présence de la réalisatrice emplifia la réussite de cette belle soirée!

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C’est un dimanche entier que le Forum des Images offrit à Ning Ying pour présenter sa « Trilogie de Pékin » constituée de 3 films évoquant la capitale chinoise sur une durée d’environ 10 ans. Heureux hasard, ou judicieux calcul, cette trilogie vient juste de sortir en DVD sous forme d’un beau coffret incluant un très informatif livret avec interviews de la réalisatrice, informations diverses…..Et l’éditeur était présent pour proposer ce coffret à d’éventuels acheteurs, je ne me fis surtout pas prier, d’autant plus qu’à 20 euros l’exemplaire, il devenait encore plus attrayant! Il est bien sur disponibles dans tous les réseaux de distribution habituels, au cas où vous désirez vous faire un petit plaisir…

taxi

« Un Taxi à Pékin » de Ning Ying

Mais quelle est donc cette fameuse « Trilogie de Pékin » ? Il s’agit d’une suite de trois films tournés par Ning Ying respectivement en 1992, 1995 et 2001. Une , presque, décennie charnière dans l’évolution de la Chine, la mutation des villes, des mentalités, des moeurs….La transformation radicale et sans appel du paysage urbain chinois et donc de Pékin puisque c’est la ville qu’a choisi de filmer Ning Ying.

Dans le premier film « Jouer pour le plaisir », elle filme un Pékin encore attaché à son image traditionnelle, ses hutongs et aussi l’opéra de Pékins, thème majeur du film. De paisibles retraités ayant vécu à l’ombre du maoïsme se retrouve dans un parc pour interpréter des airs de « Jingju », le fameux opéra de Pékin. Va se joindre à eux, Lao Han, tout juste retraité d’une salle d’opéra pékinois où il tenait le rôle de concierge mais aussi d’homme à tout faire, y compris remplacer les acteurs en cas de défection. Lao Han, désorienté par son changement de statut social, va s’évertuer à rompre l’ennui de son nouveau quotidien en ‘administrant’ le groupe de retraités, leur trouvant un local, intégrant des règles de conduite à l’opposé des rendez-vous plus ou moins spontanés dans le parc.

Le second film « Ronde de Flics à Pékin » commence à inclure des vues inédites de la ville, les tours surgissent peu à peu dans une ville prête à se métamorphoser…C’est dans ce contexte que Ning Ying réalise un film où l’action se déroule dans un commissariat de quartier confronté à de bien étranges nouveaux décrets…Ainsi, il faut absolument combattre cette nouvelle manie des habitants du quartier à acquérir des chiens domestiques, d’autant plus qu’un molosse probablement enragé séme la terreur dans le quartier! La poursuite de la bête par une horde de policiers courant batons en main est assurément un grand moment de cinéma! Et que dire de ces vendeurs à la sauvette proposant des photos ‘de charme’ sur la voie publique…? Pékin n’est décidemment plus ce qu’il était…!! Constituant quasiment une oeuvre documentaire, le film est joué par de vrais policiers pour la majorité des rôles. Des policiers dont l’une des principales difficultés est d’adapter leur quotidien à ces mutations, ces transformations d’une société où les traditions vont peu à peu exploser. Le film est cependant aussi très drôle.

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Ning Ying au Forum des Images après la projection de « Rondes de Flics à Pékin »

Pour le troisième film de la trilogie, nous sommes rentrés dans le nouveau siècle et Pékin semble réellement vivre sous une nouvelle ére. Quelle constrate avec « Pour le plaisir de jouer » tournée moins de 10 ans auparavant..!! Les boutiques de luxe, les KTV à la mode, les embouteillages automobiles ont envahit la ville…Dans ce contexte Dezi un jeune chauffeur de taxi est contraint de travailler dur pour satisfaire les besoins sans cesse grandissants de son épouse qui va finir par divorcer. Dezi n’en est pas plus attristé que ça. Séducteur dans l’âme, son travail lui permet de cotoyer beaucoup de femmes, mais aussi diverses franges de cette nouvelle société, loin d’être toutes recommandables….Mais en dépit de ces multiples rencontres, Dezi est un homme seul, observant de son taxi ces aspects nouveaux d’une ville ‘nouvelle’…La solitude et l’indifférence des grandes villes occidentales est devenu une propriété pékinoise….

Ce fut passionnant de voir ces trois films à la suite. Et si cela n’est pas notifié, peut être pouvons nous considérer le « Perpetual Motion » comme une suite logique de cette trilogie..? Quoi qu’il en soit, une nouvelle grande réussite de ce festival!

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Quelques jours plus tard, le Forum des Images recevait Lou Ye, venu présenter en avant-première son film « Mystery ». La séance allait faire salle comble alors que le même jour en fin d’après-midi l’assemblée était beaucoup plus restreinte pour voir ce très beau film français de Anne Fontaine qu’est « Augustin roi du Kung-Fu ». Film peu diffusé et peu connu, j’ai toujours pensé qu’il souffrait d’un titre faisant radicalement penser à une sorte de ‘navet franchouillard’, et ce n’est pas la présence de Darry Cowl qui peut faire inverser cette idée….Grave erreur pourtant, ce film est un très beau moment de tendresse, de poèsie naïve et gentiment loufoque. Suivre cette sorte d’huluberlu lunaire qu’est Augustin dans le chinatown parisien à la recherche d’une ‘crédibilité chinoise’ est réjouissant. Il faut dire que le bougre est passionné de Kung-Fu, il lui faut donc le plus possible se rapprocher de la réalité chinoise parisienne. Et ce n’est pas la jolie acupunctrice chinoise jouée par Maggie Cheung qui va l’en dissuader! Dommage donc que la mise en lumière de ce film n’ait que peu attiré le public….

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Quand arriva 20h00, il ne restait pas un seul siège de libre, assurément Lou Ye fait recette malgré une oeuvre en dent de scie comme le montrer son précédent film « Love and Bruises » (tourné à Paris), particulièrement indigeste à mon humble avis…Mais voilà, l’effet « Suzhou River » continue malgré les années à faire son effet. Grace à cette merveille , Lou Ye est devenu incontournable! « Mystery » sortira sur les écrans français le 20 mars, c’est donc un bel exploit qu’a réussi le Forum des Images à le programmer, et la présence de Lou Ye ne faisait qu’accentuer l’intérêt de cette soirée.

J’ai lu par ailleurs sur le net de vifs désappointements à propos de ce film, évoquant ses incohérences et son scénario pas crédible…J’ai été pour ma part absolument séduit par ce film qui me semble être son meilleur travail depuis « Suzhou River ». L’intrigue ne me semble pas non-crédible, elle se met langoureusement en place, dévoilant peu à peu ses facettes cachées qui vont bouleverser le destin de Lu Jie, l’héroïne qui un jour découvre que son mari la trompe, mais elle n’est pas au bout de ses surprises…Intrigue policière, thriller, film social….Lou Ye a intégré bien des éléments dans ce nouveau film. Il les manipule avec une virtuosité retrouvée ne laissant que peu de répit aux spectateurs, lesquels semblent d’ailleurs avoir en majorité apprécier en cette soirée ….Bon, pas la peine d’en raconter plus, n’est ce pas? Chacun pourra en juger plus amplement dès le 20 mars…Pour ma part, je m’accorderai une nouvelle séance!

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Exclusivité « Mon Petit Ailleurs Chinois », Lou Ye au Forum des Images!

Voilà, Lou Ye était le dernier invité d’un cycle qui arrive bientôt à son terme…Jusqu’au 3 mars, de nombreuses séances sont cependant encore à voir. La programmation de ces derniers jours est principalement taïwanaise. De grands classiques, des découvertes….C’est ce que nous a proposé le Forum des Images depuis début janvier, nul doute que le final sera du même accabit!  Tout a une fin, même l’hiver……

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Cycle Shadows: « This Happy Life » le 25 février 2013.

Posté par faguoren le 18 février 2013

Alors que le fabuleux cycle « De Pékin à Taipei 1000 visages de la Chine » du Forum des Images va bientôt (déjà…) rentrer dans sa dernière ligne droite, n’oublions pas qu’il existe diverses alternatives on ne peut plus louables dont la plus « tenace » est certainement le Cycle Shadows , organisé par l’association Arsinica,  qui depuis plusieurs années désormais propose en plus d’un festival tous les deux ans, une projection de cinéma indépendant chinois un lundi par mois. Bon, si vous connaissez MPAC, vous connaissez forcément ce cycle, nous l’évoquons régulièrement. Il est cependant bon de rappeler qu’il est toujours bien présent, au milieu d’événements cinématographiques sinophiles de plus en plus fréquents!

Cycle Shadows:

La prochaine séance est programmée le 25 février à 20h30 à l’habituel Studio Des Ursulines dans le 5ème arrondissement, et les programmateurs nous proposent cette fois ci un documentaire de Jiang Yue, « This Happy Life », une oeuvre de 2002 mettant en scène Mr Lu et Mr Fu , deux responsables de la gare ferroviaire de Zhengzhou,confrontés aux problèmes économiques, politiques…..d’une Chine qui évolue à la vitesse d’un changement d’aiguillage!

La séance sera prolongée d’un débat animé par Flora Lichaa, spécialiste du film-documentaire chinois. Reste donc à réserver votre soirée du 25 févier!

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Un extrait de « This Happy Life »

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De Pékin à Tapei 1000 visages de la Chine- Du 9 Janvier au 3 Mars 2013 (6)

Posté par faguoren le 5 février 2013

Il serait quand même temps que je vous donne quelques nouvelles impressions de l’événement culturel majeur de ce début d’année 2013!!  A vrai dire, après quasiment 1 mois complet de festivités, il semble être rentré dans les moeurs, et aller (presque) chaque jour au Forum des Images s’apparentrerait presque comme une routine, une routine festive cependant!! Ah si tiens, le festival a connu voici quelques jours son premier petit couac…Oh, rien de bien grave, pas de quoi en perdre son mandarin! La première diffusion du classique de Hou Hsiao Hsien « Fleur de Shanghai »  a du être annulé car il manquait les sous-titres en français…!! Un non-événement au coeur de l’événement. Tout devait être rentré dans l’ordre pour la seconde projection, ne m’y étant pas rendu je ne peux confirmer, mais je fais confiance à mon informatrice! Pas bien méchant tout ça surtout que pour le reste ce fut encore de belles satisfactions!

De Pékin à Tapei 1000 visages de la Chine- Du 9 Janvier au 3 Mars 2013 (6) dans Films pie

« Piercing I » de Liu Jian

Après Zhang Yang, Wu Tianming, Wang Xiaoshai, Peng Xiaolian ( bon sang, la classe quand même..!!) , les organisateurs avait convié et donner carte blanche pour deux soirées à Zhang Xianmin. Un nom qui pour la plupart n’évoque certainement rien mais il est un personnage important du cinéma indépendant en Chine, à la fois producteur, acteur, distributeur et organisateur d’un festival de cinéma indépendant à Nankin. Sa présence ne pouvait donc qu’être interessante pour le public, surtout que le bonhomme parle parfaitement la langue de Molière et de Franck Ribéry!! ( heu…pas sur là..)

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« Rivers and my father » de Luo Li

Zhang Xianmin disposait donc de deux soirées pour présenter quatre films de son choix. Ce choix allait s’avérer forcément pointu, proposant quatres oeuvres fort différentes qui allaient tour à tour surprendre, décontenancer et enthousiasmer: tout ce que l’on demande à un festival!

Prenez « Piercing I » de Liu Jian, un film d’animation, pas d’emblée évident de se passionner pour ce type de cinéma. Mais avec la mise en bouche de Zhang Xianmin, nous en savons un peu plus sur l’auteur, rien de tel pour se plonger dans son fauteuil puis attentivement suivre les péripities de deux pauvres hères que la crise économique de 2008 a laissé sur le carreau, l’un d’eux Zhang Xiaojun se fait un jour tabasser par un vigile de grande surface qui le prend pour un voleur, il décide alors de retourner vivre dans sa campagne natale, mais dans cette ville aux mille vices, il est dit que Zhang Xiaojun ne peut en sortir indemne….Un scénario très noir pour une fiction qui l’est tout autant, exacerbant la corruption de la société chinoise à tous les niveaux. Par toujours convaincu par le dessin et/ou l’animation ( certains coups de poing ont déclenché le rire du public) , il s’agissait cependant d’une initiative bienvenue de présenter ce type de film. Et on a passé un bon moment finalement.

Je n’ai pas vu le second film de la soirée, « Lost In Moutain » de Gao Zipeng alors passons directement au second soir où Zhang Xianmin nous présenta « Rivers and my Fathers » de Luo Li. Après la séance, un spectateur dira « Pas un film, plutôt un exercice de style..! ». Il est vrai que cet énigmatique oeuvre mélant souvenirs du père du cinéaste, flash-back , répétitions des scénes et retour en images par le père sur ce propre film a de quoi surprendre! Se déroulant à Wuhan, le long du Yangtse, et l’eau apparait non pas comme un fil conducteur, mais plutôt comme le dénominateur commun de souvenirs remontant à l’enfance. Le film, à la narration lente et espacée, est filmé en noir et blanc comme pour mieux exprimer concentrer le spectateur sur le pouvoir de l’image…Et comme à « Mon Petit Ailleurs Chinois » on ne fait pas les choses à moitié, voici la longue intervention de Zhang Xianmin suite à la diffusion de ce film!

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Le second film de la soirée « N° 89 Shimen Road » de Shu Haolun, plus conventionnel, allait lui aisément remporter tous les suffrages. Premier long métrage d’un réalisateur habitué au documentaire est un coup de maitre. Il nous ramène en 1989  où à Shanghai, Xiaoli, un jeune garçon passionné de photographie vit avec son grand-père dans un vieux quartier de la ville. Il est voisin avec la jolie Lanmi, qui ne rêve que de sortir du pays et se rendre en Amérique ou vit d’ailleurs la mère de Xiaoli. Le jeune adolescent va faire la connaissance de Lili, nouvelle arrivante dans sa classe, en provenance de Pékin. Et en ce printemps 1989, des informations évasives proviennent de ce même Pékin, il semblerait que des étudiants se regroupent sur la grande place Tian An Men….Et quand une délégation de ces étudiants vient rencontrer les étudiants à Shanghai, l’intrépide Lili n’a plus qu’une seule envie: se rendre à Pékin et y amener Xiaoli, son nouvel ami….A l’opposé, Lanmi qui rêve de plus en plus à l’occident s’éloigne progressivement du garçon et tente de jouer son avenir aux moyens de jeux dangereux qui la voit fréquenter de riches étrangers… Une jolie histoire sous fond de Tian An Men 1989 qui fait penser au « Une Jeunesse Chinoise » de Lou Ye, en plus intimiste. L’apprentissage de la vie d’homme de Xiaoli, partagé entre deux filles, va s’accélérer brutalement. Au final, ce sera lui qui partira pour l’Amérique, laissant Lanmi à ses éternels regrets…Un très beau moment de festival pour clôre cette carte blanche à Zhang Xianmin.

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« N°89 Shimen Road » de Shu Haolun

Voilà, c’est tout ce que je voulais vous dire pour cette fois-ci, Il y a encore près d’un mois de festival, encore bien le temps d’écrire…!! Ah si, alors que ce festival bat son plein, un autre du même style commence au musée Guimet…!! Messieurs et mesdames, ce n’est pas un peu trop là…..? Tout cela me semble manquer de concertation….dommage, voici malgré tout la programmation du musée Guimet où l’on retrouve quelques films diffusés au Forum des Images….Ben si finalement, il y a de quoi y perdre son mandarin….

http://www.guimet.fr/images/musee-guimet/pdf/programme-auditorium-regards-chine.pdf

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De Pékin à Taipei 1000 visages de la Chine- du 9 Janvier au 3 Mars 2013 (5)

Posté par faguoren le 29 janvier 2013

Presque 3 semaines que le cycle « De Pékin à Taipei… » , il est temps de faire un nouveau billet, non?  Il faut dire que depuis ma dernière intervention sur le blog, il s’est passé beaucoup de choses, et que du bon! Prendre le chemin du Forum des Images est vraiment l’itinéraire incontournable en ce début d’année, et c’est loin d’être fini. L’enceinte du Forum est donc devenu une sorte de refuge quasi quotidien face à la morosité climatique et ambiante! Je commence à en connaitre tous les recoins, et j’ai même ma place favorite dans cette fameuse salle 300 qui accueille la majorité des projections! Je n’ose imaginer le manque à venir dans quelques semaines quand tout sera terminé…Y a t-il un remède contre l’addiction? Allez, il y aura d’autres festivals, ici ou ailleurs, mais celui-ci restera comme une sorte de pierre angulaire de la diffusion du cinéma chinois par chez nous! 

De Pékin à Taipei 1000 visages de la Chine- du 9 Janvier au 3 Mars 2013 (5) dans Films duy

Du Yue Sheng (Shanghai Les Années Folles)

Je ne fais que me répéter, mais ce cycle semble satisfaire tout le monde; organisateurs, public, invités….Les projections se déroulent devant des salles chaque fois bien remplies. On s’amuse à reconnaitre des visages, ouf! l’addiction ne me concerne pas uniquement, la communauté est bien réelle!

Ces derniers jours ont été particulièrement intéressants et peuvent se diviser en trois catégories de réjouissances: les films de fiction, les documentaires et les débats, avec une direction vers Shanghaï assez prononcée, particulièrement avec la venue et la projection des films de la réalisatrice Peng Xiaolian. Je precise quand même que je me tiens aux séances auxquelles j’ai pu assister, mais celà suffit à mon avis à décrire ce que sont les grandes lignes de cette manifestation.

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Isabelle Glachant interrogée par Damien Paccellieri.

En parralléle aux projections de films, le Forum des Images invite (c’est vraiment le mot exact, les éntrées étant libres..) les spectateurs à des débats/rencontres autour du cinéma chinois, avec comme protagonistes de vrais connaisseurs (ses) sachant passionner un auditoire, certes conquis d’avance, mais forcément exigeant sur la teneur de ces rencontres. Ainsi, nous avons pu apprécier Isabelle Glachant , journaliste, producteur de réalisateurs chinois (Wang Xiao Shuai, Lou Ye….) et représentante en Chine de Unifrance où elle est amenée à promouvoir le cinéma français….Elle nous à durant 1h30 fait vivre ses expériences auprès du monde chinois du cinéma, le tout ponctué d’anecdotes croustillantes, sans oublier d’évoquer le sempiternel problème de la censure.

Tout aussi passionnante fut « l’exposé » proposé par Brigitte Duzan proposé par les « Cours de Cinéma » proposés par le Forum des Images. Ecrivain, Linguiste, traductrice Brigitte Duzan nous invita à l’écouter s’exprimer  sur un sujet qu’elle nomma « Ville/campagne:; yin et yang du cinéma chinois », ou l’alternance entre ville et campagne dans les films et quand le désir de ville du paysan n’amène pas forcément que des satisfactions. Accompagnés d’extraits de films de 1932 (« La Rose Sauvage » du grand Sun Yu) à maintenant, B.Duzan a parfaitement maitrisé son sujet, faisant partager ses connaissances à un public attentif. Connaissances que l’on peut retrouver sur son site « Chinese Movies » (voir lien du blog). Quand des passionnés érudits s’adressent à d’autres passionnés, on est sur d’en retirer quelque chose!

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Brigitte Duzan

Le prochain « cours de cinéma » à ne pas manquer se déroulera le 1er février à 18h30. Le Forum des Images recevra Luisa Prudentino pour un sujet »Pékin et Shanghai ou la dualité transposée à l’écran », l’entrée en sera bien sur libre.

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L’on peut penser que les spectateurs se rendant à ce cycle, tout en étant cinéphiles, sont également sinophiles ou tout du moins intéressés par l’empire du milieu. La programmation a ainsi prévu une série de documentaires tout à fait remarquables, variés et parfaitement réalisés. Le « Shanghai Les Années Folles » de Anne Riegel et Olivier Horn n’est certes pas inédit, il a même été diffusé sur la chaine ARTE voici quelques années mais revoir un cours d’histoire de cette valeur ne se refuse pas. Les réalisateurs nous amènent à l’âge d’or de la grande ville chinoise, mais un âge d’or marqué par le contrôle du traffic d’opium, la menace japonaise…Et le reportage s’attache en particulier sur l’extraordinaire destin de Du Yuesheng, parti de rien et qui va devenir tour à tour le maitre de la pègre locale puis un notable important de la cité shanghaienne. On apprend aussi les rapports troubles entre les autorités de la concession française et cette même mafia. Le grand journaliste Albert Londres qui s’apprêtait à dévoiler de saisissantes révélations allait périr dans le naufrage du paquebot le ramenant en France, d’où certaines questions restant sans réponse…

« Last Train Home » de Lixin Fan est beaucoup plus contemporain et s’interesse aux « Mingong », travailleurs migrants chinois ayant quittés les campagnes pour tenter d’aller « faire fortune » dans les grandes villes…Population exploitée, oubliée boom économique chinois dont elle est pourtant un rouage essentielle… Le film s’intéresse à une famille du Sichuan dont les parents sont partis travailler dans une usine de confection à Canton, laissant ses deux enfants au soin de la grand-mère, le tout filmé sur deux ans entre 2006 et 2008. Lixin Fan s’attache particulièrement aux périodes du nouvel an chinois à laquelle ces travailleurs rentrent pour quelques jours au village natal, provoquant les plus grandes migrations humaines de notre temps. Les incroyables images montrant ces foules envahissant les gares valent à elles seules la vision de ce reportage. Pour le reste, on assiste à la vie et à l’avenir bouché de ces parents qui reportent leurs espoirs sur leurs enfants, et ça sera le drame lorsque l’ainée adolescente décidera l’école pour elle aussi aller gagner sa vie à Canton….Le film ne laisse guère percevoir d’espoir pour le futur de ces mingong qui sont environ 130 millions en Chine. Quoi qu’il en soit, le documentaire de Lixin Fan est un rare témoignage sur un sujet fort délicat à traiter….

« Shanghai Les Années Folles » sera rediffusé le jeudi 31 janvier à 16h30. Il ne semble pas que « Last Train Home » soit rejoué…

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Ce dernier week-end, le festival recevait la réalisatrice (également écrivain) Peng Xiaolian, cinéaste de Shanghai qui présentait à travers trois films sa « Trilogie de Shanghai »; « Shanghai Rumba », « Femmes de Shanghai » et « Shanghai Story ». N’ayant vu que les deux premiers, mon enthousiasme vous apparaitra peut-être tronqué, il est cependant certain que Peng Xiaolian a réellement conquis le nombreux public, par ses films mais également par son plaisir à répondre longuement aux questions de Damien Paccellieri puis des gens présents dans la salle, avec une répartie et un humour sensationnels!  A travers son oeuvre, Peng Xiaolian aime se consacrer aux destins de femmes, celà peut se passer dans les années 40 dans une période située entre la capitulisation japonaise et l’arrivée au pouvoir des communistes et où le kuomintang soumet la population à d’éprouvants contrôles, particulièrement dans le milieu artistique comme c’est le cas dans « Shanghai Rumba ». « Femmes de Shanghai » met en scène dans le Shanghai contemporain trois générations de femmes;la grand-mère, la mère et sa fille. Les deux dernières doivent quitter le foyer, la mère forcée au divorce par une relation essoufflée. Elles sont fraichement recueillis par la grand-mère avant de croire à un nouveau bonheur lorsque la mère se lie à un homme veuf papa d’un adolescent…

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Les films étant rejoués, je ne vous en dévoilerai guère plus. Sachez juste que l’histoire de « Shanghai Rumba » est réelle. Le principal personnage féminin du film est d’ailleurs encore en voie, agé de 88 ans. Le shanghai de l’époque est magnifiquement reconstitué, principalement les studios de cinéma de l’époque puisque, comme dit plus haut, c’est le thème principal du film, parrallélement à la trâme amoureuse qui va se lier. Une oeuvre très belle jouée par des acteurs formidables qui ne peut laisser le spectateur indifférent.

« Femmes de Shanghai » est tout aussi réussi, mettant lui en exergue les tares des sociétés modernes, les difficultés de couple, et le relationnel dans les grandes cités urbaines vus du côtés féminin..Ce film très sensible tourné en 2001 montre de très belles vues de Shanghai et permet de réaliser à quelle vitesse cette ville a changé en 10 ans. Un spectateur a justement dit après la projection: « On dirait un vieux films…. », certainement a t-il lui aussi été frappé par les floppées de vélos laissant croire à une réalisation bien plus ancienne. Tout va très vite en Chine….Quoi qu’il en soit, Peng Xiaolian a été véritablement une « révélation », il était triste de l’entendre dire qu’il lui était de plus en plus difficiles d’obtenir des financements pour tourner de nouveaux films….Tous les intervenants de ce festival , chinois ou français, s’accordant à dire et à regretter que en Chine, les films « commerciaux » monopolisent de plus en plus les salles de cinéma, souvent de grands complexes voués à enrichir leurs propriétaires..

Le cycle « De Pékin à Taipei… » n’a lui pas ces soucis, il est véritablement une réussite à tous les niveaux. MPAC continuera bien sur à vous livrer ses très humbles et très personnelles impressions. Je vous laisse avec un petit film d’une trentaine de minutes montrant une bonne partie de l’interview de l’excellente Peng Xiaolian après la projection de « Shanghai Rumba », Enjoy!! (tiens, pourquoi je parle anglais moi….?)

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Filmé par Mon Petit Ailleurs Chinois

Les trois films de Peng Xiaolian auront bien sur droit a une seconde présentation: « Shanghai Rumba » 1er février à 21h00, « Femmes de Shanghai » 6 février à 14h30 et « Shanghai Story » le 7 février à 14h30.

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De Pékin à Taipei 1000 visages de la Chine- Du 9 janvier au 3 mars 2013 (4)

Posté par faguoren le 22 janvier 2013

Avant de faire une pause de deux jours, le cycle « De Pékin à Taipei… » au Forum des Images proposait le week-end dernier un alléchant focus sur Wang Xiao Shuai , cinéaste originaire de Shanghaï mais diplomé de la fameuse académie du cinéma de Pékin. Wang Xiao Shuai, l’un des plus fameux cinéaste de la « 6ème génération » ( à ce propos, cette classification en génération me parait de plus en plus obsolète, non…?) commença à trouver un écho international lors de la sortie de « Beijing Bicycle » en 2001, l’une des oeuvres les plus incontournables du cinéma venu de Chine des années 2000. Plus récemment, il nous proposa « 11 Fleurs » , coproduction entre la France et la Chine, dans laquelle le réalisateur évoquait la révolution culturelle.

De Pékin à Taipei 1000 visages de la Chine- Du 9 janvier au 3 mars 2013 (4) dans Films fro

Si la majeure partie de la filmographie de Wang Xiao Shuai est proposé au Forum des images, je m’attacherai plus particulièrement à deux films projetés le samedi soir, deux films rares faisant office de jolis cadeaux offerts par les organisateurs, deux films tournés à l’époque (mi-années 90) où être un cinéaste indépendant en Chine relevait de la gageure. Les événements contestataires de 1989 n’étaient pas si loin et la censure à son apogée. Ainsi, trois années s’écoulèrent entre le début du tournage de « Frozen » et sa finalisation en 1997.

Ce « Frozen » allait être à mon humble avis le grand moment de ce week-end de festival, et une nouvelle démonstration du jeu écorché-vif  de l’ange sombre Jia Hongsheng… Hormis son rôle dans « Suzhou River » de Lou Ye, je ne suis pas certain que beaucoup connaissaient les vicissitudes de la vie d’acteur de Jia Hongsheng…Découvert pour la plupart quelques jours auparavant dans « Quitting » (voir article précédent), dans lequel il jouait son propre rôle, celui d’un héros tourmenté , acculé par le mal d’être  et asservi par la drogue…S’il s’agit d’une fiction, l’acteur n’est pas plus apaisé dans ce « Frozen’ où il interprète le rôle d’un artiste/performer underground dont l’obsession est de scénariser son suicide…Est ce le désespoir d’une époque où son propre spleen qui poussa Jia Hongsheng à se propulser avec une telle intensité dans ce rôle? On a l’impression d’une réelle continuité entre le rôle du ‘soi-même’ de « Quitting » et celui de composition de « Frozen », effrayant et captivant à la fois. La mort comme oeuvre ultime de l’expression artistique….Quinze années avant son vrai suicide en 2010, Jia Hong Sheng était déjà voué à être l’icône maudite et désabusée du cinéma chinois. Certains mettent en avant dans « Frozen » une dimension politique liée aux événements de Tian An Men, liée à la difficulté à pouvoir s’exprimer librement….Ainsi, Qi Lei le héros du film est directement inspiré de la vie de Qi Li, un artiste performer de cette époque. Il est aussi un vibrant hommage sur ce qui fut un sincère mouvement de contre-culture dans le Pékin de cette époque, un mouvement qui n’hésitait pas à oser les performances extrèmes, telle cette scène où deux hommes tentent de manger un savon, Qi Lei ira lui encore bien plus loin….. La rediffusion le 24 janvier à 14h30 s’impose si vous avez loupé la première…

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En soirée, le Forum des Images projetait « The Days », premier film de Wang Xiaoshuai tourné en noir et blanc en 1993, sur la relation amoureuse puis la lente et progressive désillusion d’un couple d’artistes peintres dans le Pékin des années 90. Liu Xiao Dong est depuis devenu l’un des peintres de style « réaliste » les plus réputés de la Chine contemporaine,exposant partout dans le monde… On est encore loin de la gloire dans « The Days », aussi désabusé que « Frozen », montrant l’usure d’une relation plombée par les aspirations qui s’évaporent… »The Days » sera rejoué le mercredi 23 janvier à 16h30. Il montre un cinéma indépendant, underground et à tendance « arty » qui était quasi-inédit en Chine à cette époque. C’est un beau document pour lequel il est bon de remercier, encore une fois, le Forum des Images.

Après presque deux semaines, le cycle « De Pékin à Taipei » semble avoir atteint un excellent rythme de croisière. Le public est le plus souvent au rendez-vous, les (bonnes) surprises se succédent, les invités semblent heureux d’être là…Ayant nécessité 1 an et demi de préparation, cet événement phare de ce début 2013 n’a sans doute pas fini de nous ravir jusqu’au 3 mars! C’est en tous cas un grand plaisir pour MPAC de vous livrer ses émotions cinématographiques qui je l’espère vous inciteront à aller voir les films…

Et pour finir, une exclusivité « Mon Petit Ailleurs Chinois », la vidéo de Wang XiaoShuai répondant aux questions de Damien Paccellieri à la suite de la projection de « Frozen ».

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De Pékin à Taipei 1000 visages de la Chine- Du 9 janvier au 3 mars 2013 (3)

Posté par faguoren le 14 janvier 2013

Difficile en ce jour de ne pas revenir sur l’impression que m’a laissé le « Quitting » de Zhang Yang vu il y a deux jours au Forum des Images. Il est de ces films destinés à marquer le spectateur, pour longtemps, très longtemps même, et « Quitting » est de cette race là, il laissera une trace indélébile dans mon esprit, et il y a fort à parier que c’est le cas pour une bonne partie du public venu en nombre ce samedi soir. Et ce film est la preuve que Zhang Yang n’est pas n’importe quel réalisateur, il ne peut laisser indifférent, ce type a le cinéma qui respire de tout ses pores! Et quand on sait que « Quitting » date de 2001, on fulmine en douce sur 12 années de frustration!

De Pékin à Taipei 1000 visages de la Chine- Du 9 janvier au 3 mars 2013 (3) dans Films quiittt

    Connaissez vous Jia Hongsheng ? Jusqu’à peu il n’était qu’un acteur, relativement anonyme , qui tenait néanmoins le principal rôle masculin dans le chef-d’oeuvre de Lou Ye « Suzhou River » Cela suffisait à mon humble savoir, d’autant plus qu’il semblait bel et bien avoir disparu des génériques de film depuis, du moins de que l’on peut voir en Europe…

A la fin des années 80 et au début des années 90, Jia Hongsheng parvint à se faire une réputation d’acteur, il fut surtout une icône pour la jeunesse chinoise qui voyait en ce jeune garçon à l’allure rebelle une sorte de héros urbain, de rock-star made in China. Ce fan de John Lennon représentait la beauté sauvage  et écorché-vive des frustrations de la jeunesse;  être forcément incompris ne pouvant se dévoiler que dans la démesure puis l’auto-destruction…Le « No Future » des punks britanniques débarquaient en République Populaire de Chine!!

C’est ainsi que la carrière de Jia Hongsheng allait s’effondrer et en rester au stade d’acteur de séries B. Une nouvelle maitresse allait rentrer dans sa vie, plus possessive et destructrice que toute autre: la dope… Bercé par ses rêves de rock’n’ roll, Jia Hongsheng va peu à peu glisser dans la dépendance totale et la semi-folie, ne subsistant que par l’amour de sa famille et n’aspirant à trouver sa voie qu’au travers des Beatles et ses illusions de poête/artiste maudit….. »Rock and Roll Suicide » chantait Bowie, dans les années 70, Jia Hongsheng l’incarnait en mode chinois, triste héros d’une épopée vouée à la tragédie….

Zhang Yang, interpellé par ce destin, d’autant plus que ce serait sur l’un de ses tournages que Jia Hongsheng fuma son premier joint, décida de retracer la période excessivement trouble vécue par l’acteur au milieu des années 90. Quand Jia Hongsheng, bascula dans son vide intérieur sans que personne ne puisse ou ne sache le retenir….Après avoir frappé son père, il sera interné en hopital psychiatrique…

Mais le véritable tour de force du réalisateur fut de faire jouer les rôles des personnages par…eux mêmes! Impensable, géniale et pourtant tellement évidente idée!! Jia Hongsheng joue lui-même, ses parents jouent ses parents, sa soeur joue sa soeur, les employés et résidents de l’hopital eux-aussi sont de la partie..!! Difficile d’aspirer à plus d’authenticité.. Le film devient alors une sorte de documentaire familial, jalonné de courts interviews des protagonistes mais avec aussi un formidable travail d’acteur, surtout quand on sait les douloureux traumatismes causés dans la famille  par la lente descente aux enfers de Jia Hongsheng. Le père est particulièrement extraordinaire, rejouant son rôle de chef de famille incapable de freiner l’agonie de son fils, l’accompagnant de son amour paternel jusque dans les plus pernicieux caprices de son fils…Superbe aussi le héros du film, acceptant de se dédoubler dans les tourments de son âme, rejouant à la perfection les dérives d’une vie consumée trop vite… »Quitting » est un film dur et fascinant, une oeuvre sombre magnifiée par l’élégance d’un aigle noir volant sur un univers qu’il voyait désincarné… »Quitting » m’a irrémédiablement fait penser au roman de Mian Mian « Les Bonbons Chinois ». Il sera rejoué au Forum des images le mercredi 16 janvier à 21h00, ne le manquez pas!

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Bande-Annonce du film

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Filmé par « Mon Petit Ailleurs Chinois », une présentation par Zhang Yang de son film. Présentation hélas bien trop courte, on s’en contentera!!

Une dernière chose, Jia Honsheng s’est suicidé le 5 juillet 2010 en se jetant d’un immeuble à Pékin….

wish dans Films

C’est un peu la tête ailleurs que j’assistais le lendemain à la projection de « I Wish I knew Histoires de Shanghai » de Jia Zhang Ke, non pas que celà manquait d’intérêt mais probablement encore marqué par « Quitting ». Documentaire tournée en 2009, soit une année avant l’exposition universelle, ce film évoque une ville charnière de l’histoire de la Chine depuis un siècle. Pour celà, Jia Zhang Ke a recueilli 18 témoignages plutôt axés vers le passé de cette ville pourtant inexorablement tourné vers le futur…Le tout est enrichi de vues superbes de la ville ainsi que d’extraits de films de Lou Ye ou Hou Hsiao Hsien. Quant à Zhao Tao, actrice fétiche du réalisateur, on la voit déambuler, solitaire et silencieuse, sur le Bund en travaux, et ailleurs aussi, mais il n’en ressort à mon gout qu’une froideur excessive d’une performance sans réelle consistance….Un film intéressant par les témoignages qu’il offre, le reste ne me passionne guère mais dans un cycle de films voulant montrer les mutations des villes chinoises, il a évidemment sa place. Je suis d’ailleurs surpris de ne pas voir dans la programmation du festival le « 24 City » du même Jia Zhang Ke, à moins d’avoir mal regardé….

« De Pékin à Taipei…. » a pris son rythme de croisière. Tel un voyage initiatique, ses étapes s’égrainent au fil des projections presque quotidiennes. Nous n’avons pas fini de nous en abreuver. C’est beau un hiver comme celui-ci!!

 

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