Black Coal

Posté par faguoren le 11 juin 2014

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Sortie cette semaine en France d’un nouveau Diao Yinan qui s’était fait connaître par chez nous avec « Train De Nuit » il y a quelques années; un film à l’ambiance crépusculaire montrant avec une sorte de fascination désespérée la destinée d’êtres aux devenirs incertains, semblant avancer vers un but aux certitudes indéfinis dans une Chine indéfiniment sombre et sans espoir.

1999,un cadavre que l’on retrouve éparpillés aux quatre coins d’une province froide du nord de la Mandchourie ( serais-ce le Heilongjiang? Je n’ai pu en être sur…). L’inspecteur Zhang chargé de l’enquête doit abandonner l’enquête après que l’interpellation des suspects ait tourné au carnage. Cinq années ont passé, deux meurtres ont été commis. Les victimes sont liés à l’épouse de la première victime. Zhang, devenu agent de sécurité, est amené à se rapprocher de l’enquête. Désabusé, divorcé et devenu alcoolique, il va se rapprocher de la mystérieuse jeune femme qui semble cacher bien des secrets. Dans ce décor de désolation, il va mener une enquête que le cinéaste a choisi de capter par des plans d’une grande lenteur mais totalement absorbant. Les deux personnages principaux, laissés-pour-compte forcenés d’un univers sans joie où le patinage sur glace semble être la seule évasion possible de cette grisaille, vont peu à peu lier une relation que les avancées de l’enquête vont inexorablement vouer à l’échec les aspirations sentimentales. Le patinage sur glace…? Ah au fait, les deux victimes ont été retrouvé patins aux pieds!! 

Polar psychologique et désespéré, je ne trouve pas mieux pour définir ce « Black Coal » tout à la fois superbe et glaçant qui ne vous déconcertera pas si vous aviez déjà vu et aimé « Train De Nuit ». Les tourments des personnages sont identiques, ils sont ici transposés dans le cadre d’une étrange affaire policière, et cela donne un film remarquable à voir dès aujourd’hui! 

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Festival Du Cinéma Chinois En France: 4 ème Edition Du 12 Mai au 1er Juillet 2014 (2)

Posté par faguoren le 3 juin 2014

Les projections parisiennes du festival touchant à leur fin, il est donc temps pour MPAC d’en livrer une synthèse, où tout du moins ses impressions, ses coups de coeur, ses ressentis…..comme chaque année en fait! Un festival, c’est toujours un peu particulier, on y a rapidement ses repères, on y aperçoit des visages connus, ceux qui année après année font de ces rendez-vous annuels une sorte de rituel immuable; on se voit presque vieillir sans jamais se dire la moindre parole, un peu bête non…? 

Ce qui fait la réussite de ces manifestations, c’est bien sur l’enthousiasme provoqué par la programmation mais aussi le succès public. Dans ce domaine, je n’ai pas le sentiment d’un total triomphe cet année. Pourtant, et pour la première fois il me semble, des affiches annonçant le festival étaient visibles dans le métro: endroit qui reste à mon humble avis le meilleur support publicitaire. Ceci-dit, j’ai majoritairement assisté à des projections le matin ou l’après-midi en semaine, pas sur que cela soit le meilleur moyen de voir des salles pleines à craquer! 

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« Vivre et mourir à Ordos » de Ning Ying.

Venons en maintenant à ce qui nous intéresse le plus; les films!  Comme vous le savez, ou pas, ce festival a pour vocation de montrer au public français une sélection de films actuels du cinéma chinois, ce qui est en soi une excellente idée mais pas nécessairement un gage de qualité absolue. Il en résulte pour cette édition un bilan fort positif, les bonnes surprises n’ont pas manqué et deux ou trois oeuvres peuvent pourquoi pas, espérer passer à la postérité et mériterait une sortie officielle sur les écrans français.

Sur les douze films au programme, MPAC a pu en voir neuf. Nous allons mettre à part le joli « Le Promeneur D’Oiseau » de Philippe Muyil, très récemment sorti sur les écrans et qui figure sur la programmation du festival. Ce film a d’ailleurs été il y a peu évoqué sur ce blog.

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« My Lucky Star » de Dennie Gordon.

Remerçions les organisateurs de nous avoir proposé un échantillon finalement très varié du cinéma chinois actuel, n’omettant pas le cinéma d’auteur avec le magnifique « Fly With The Crane » de Li Ruijun. A la fois contemplatif et émouvant, il bénéficie en plus d’une couleur superbe rappelant les « vieux » Zhang Yimou d’il y a 20/25 ans. Il nous conte la fin de vie d’un vieil homme dans la province pauvre du Gansu. Ce vieil homme fut naguère un fabricant de cercueils réputés , mais la société a évolué, les personnes décédées doivent maintenant rejoindre leurs ancêtres par crémation. Il passe le plus clair de son temps à attendre son heure en compagnie de ses petits-enfants, les seuls à le croire lorsqu’il déclare avoir vu des grues blanches se désaltérer au bord du lac voisin. Ces mêmes petits-enfants semblent par ailleurs également les seuls à vouloir accorder au vieillard la mise en terre qu’il désire. Cela va donner à ce film une fin pour le moins inattendue et surprenante….

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« Fly With The Crane » de Li Ruijun

Parmi les films très attendus du festival, « Vivre Et Mourir à Ordos » de la réalisatrice Ning Ying figurait en bonne place. L’auteur de « La Trilogie Pékinoise » n’a une nouvelle fois pas déçu, bien son contraire. Son film aux allures de presque documentaire nous plonge dans l’univers d’un chef de la police de la ville de Ordos en Mongolie intérieure. Celui-ci vient de mourir subitement. Un journaliste essaye alors de retracer son parcours. Il faut dire que Hao Whenzhang était à la fois un modèle de flic incorruptible et totalement dévoué à sa tâche, au dépens de sa vie personnelle, de sa femme et de son garçonnet. Ce policier mis en face de problèmes souvent liés à la situation sociale de la région restera imperturbable. Ning Ying avait déjà réalisé en 1995, « Ronde de Flics à Pékin », il est aisé de s’en souvenir en regardant cette oeuvre sans concession qui évoquera aussi « A Un Fil Près »  de Lan Jinglin diffusé au Festival Du Cinéma Chinois de Paris à l’automne 2013. Un de ces films qui mériterait de sortir du stricte cadre des festivals, espérons….!

A lire le synopsis de « Beijing Love Story » de Cheng Sicheng, on pouvait craindre une mièvrerie sans saveur, d’autant que le film est inspiré d’une série télé homonyme, ce qui n’est jamais bon signe. Ce fut pourtant une bonne surprise que cette sorte de radioscopie du sentiment amoureux dans la Chine d’aujourd’hui au travers la vision de cinq couples d’âges et de conditions tous différents. C’est souvent léger mais jamais mièvre et toujours ponctué d’un humour fort réjouissant! C’est aussi parfois empreint de gravité comme ce dernier couple âgé ou l’épouse, se sachant condamné par une maladie incurable, recherche une « remplaçante » à son amour de toujours….Ces différentes histoires, se déroulant toutes à Pékin, sont en outre portées par des acteurs/trices stars en Chine, comme Tony Leung ou celle qui fut un temps l’égérie du grand réalisateur Wang Quan An; Yu Nan. 

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« Beijing Love Story » de Chen Sicheng.

A l’inverse du précédent, le synopsis de « American Dream In China » était prometteur; l’histoire de trois camarades d’université, dont l’un obtint en 1985 un visa pour étudier aux Etats-Unis, qui profitant de l’essor économique des années 90, vont créer une célèbre école d’enseignement de l’anglais, laquelle va leur apporter gloire et fortune. Malheureusement, tout cela est traité de façon fort ennuyeuse. Ces « rois de l’enseignement linguistique anglophone » méritaient mieux que cette production manifestement en deçà de ce que l’on pouvait en espérer; tant pis! 

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Si « Le Promeneur D’Oiseau » est le premier film chinois réalisé par un français, « My Lucky Star » est le premier opus chinois réalisé par un américain, à savoir Dennie Gordon. Par rapport au film de Philippe Muyil, il a la chance de bénéficier de la présence de la méga-star Zhang Ziyi, également productrice du film. Là s’arrête la comparaison avec « Le Promeneur D’oiseau », « My Lucky Star » est une comédie bondissante et souvent irrésistible ou une jeune fille rêveuse et célibataire, mais aussi dessinatrice de bandes-dessinées, va par la grâce d’un séjour à Singapour croiser l’homme de ses rêves, mais celui-ci s’avère être un agent secret cherchant à subtiliser un diamant maléfique des mains d’une redoutable et séduisante riche héritière. La pauvre Sophie est loin de se douter de ce qui l’attend lors de cet idyllique séjour à Singapour! Film grand public par excellence, « My Lucky Star » fut une bienheureuse récréation. Zhang Ziyi étant à l’aise dans de nombreux répertoires, gageons que sa prochaine apparition cinématographique sera fort différente. En attendant, nous aurions tort de négliger ce style comédie qui atteint parfaitement son but: nous divertir! 

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« My Running Shadow » de Fang Gangliang.

« My Running Shadow » de Fang Gangliang n’est pas de ces films destiné à pulvériser les records d’entrées, il est pourtant de ces oeuvres intimistes capables de marquer le spectateur pour longtemps. Alors qu’il s’apprête à embarquer à l’aéroport de Guangzhou pour rejoindre son père aux Etats-Unis, Xiuzhi 17 ans revoit son enfance d’enfant « pas comme les autres », son quotidien d’autiste lui interdisant une intégration classique dans le monde de l’enfance, malgré une intelligence hors du commun et des dons exceptionnels en mathématiques. Seul l’amour maternel, immuable et sans faiblesse, l’épaulera sans relâche. Un joli film ne versant pas dans le mélo, il permet en outre d’offrir au spectateur une vision du « handicap » en Chine. 

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Ni vraiment comédie, ni vraiment dramatique, « Einstein & Einstein » est  une sorte de drame social sur l’adolescence. L’histoire est située à Xi’An où Li Wan vit chez ses grand-parents. Son père, qui ne s’occupe que très peu d’elle, offre à la jeune fille un petit chien auquel Li Wan va progressivement s’attacher, jusqu’au jour où Einstein (c’est le nom du chien) s’enfuit..Li Wan ne peut accepter cette perte et s’enfonce dans le chagrin jusqu’au jour ou son père lui ramène un autre chien copie semblable du premier et prétendant que Einstein a été retrouvé. Le subterfuge ne passe évidemment pas auprès de Li Wan, d’autant qu’il s’avère que le Einstein original pourrait avoir fini dans un restaurant pour chien. Mais peu à peu, Li Wan doit apprendre à accepter ce second Einstein. Parallèlement, la jeune fille apprend qu’elle a un demi-frère… Cao Baoping, l’excellent réalisateur, a réussi une parfaite reconstitution d’une vie adolescente, quand grandir n’est pas aisé mais que pourtant il faut bien s’y résoudre. C’est la semi-tragédie des deux Einstein puis l’arrivée du demi-frère qui serviront de cap à Li Wan. Une autre réussite de la programmation du festival qui en contient finalement beaucoup, n’est ce pas?! Notons que le rôle de la jeune Li Wan est tenu par une jeune actrice, Sophie Zhang, fort habituée aux plateaux de tournage puisqu’elle joue des rôles à la télévision depuis l’âge de 6 ans.

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Fei Xing est un réalisateur né en 1970. Avec ce « Silent Witness » présenté en ce festival, il réalise un second film qui aura, entre autres mérites, de ne ressembler à aucun des autres films programmés. Il s’agit d’un thriller judiciaire aux allures de presque huis-clos puisque la majorité du film se déroule dans la salle d’un tribunal. Il faut dire que cette affaire fait grand bruit; La fiancée d’un riche homme d’affaires, une chanteuse à succès, a été assassiné. Il se trouve que la principale suspecte n’est autre que la fille du businessman… Celui-ci engage alors une brillante avocate chargée de disculper sa fille. Mais l’avocate aura fort à faire face à un procureur convaincu que le drame cache encore bien des secrets. Obstiné, il va tout mettre en oeuvre pour délier les fils de l’histoire; savoir qui a réellement tué Yang Dan, la maîtresse du très puissant père de l’accusée… Dans un style de film finalement assez peu courant en Chine, on peut supposer que ce « Silent Witness » fera acte de référence dans le genre. On est tenu en haleine, happé par le scénario et les éventualités se présentant tour à tour au procureur, et ceci jusqu’au final.

Nous voici presque au bout de ce festival, j’ajouterai un mot rapide sur « Le Roi Des Singes » , blockbuster sorti en Chine en janvier 2014 et qui y connut un succès phénoménal. Présenté ici, j’avoue m’y être rendu avec un préjugé défavorable…D’emblée, ça partait donc mal…. Je dirais simplement que ce n’est pas le genre de films apprécié à « Mon Petit Ailleurs Chinois », impressionnant tout de même par le 3D, pour le reste à chacun ou pas d’adhérer. Heu, c’est un peu comme ça pour n’importe quel film, non? !

Cette 4ème édition du Festival De Cinéma Chinois En France est donc globalement une réussite artistique. Après Paris, le festival s’en va un peu partout en province. Souhaitons lui d’y rencontrer intérêt et succès! Et rendez-vous en 2015 pour une nouvelle édition! Et on se quitte avec quelques bandes-annonces! 

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Festival Du Cinéma Chinois En France: 4 éme Edition Du 12 Mai Au 1er Juillet 2014

Posté par faguoren le 11 mai 2014

第四届法国中国电影节!!

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C’est désormais devenu une habitude, le mois de mai est synonyme de « Festival De Cinéma Chinois En France », et ceci donc pour la 4éme année consécutive. Gageons que la météo fort capricieuse de ce mois de mai participe à sa manière au succès de cette manifestation. Surprenant quand même, à un jour de la séance d’inauguration ( sur invitation uniquement) et à deux encablures de l’ouverture au public, la programmation détaillée n’est pas disponible sur le site du festival; surprenant…! 

Comme chaque année, les projections parisiennes se dérouleront au Gaumont Marignan des Champs-Elysées puis dans le cadre plus intime de  l’Action Christine. Ensuite, et c’est l’excellente spécificité de ce festival, ce sera au tour de la province d’accueillir les films présentés, Strasbourg, Marseille, Lyon, Cannes, Biarritz et aussi St Denis de la Réunion! 

Contrairement au festival qui se déroule chaque automne à Paris, celui-ci se consacre uniquement aux films récents. Il en résulte donc une programmation dans l’air du temps et plutôt grand public, pour un cinéma que certains considéreront de moins en moins « chinois » et calqué sur les grands standards de succès occidentaux. Si ceci est partiellement vrai, de bonnes surprises sont néanmoins à attendre et à espérer. De prime abord, le point culminant est la diffusion du dernier film de la réalisatrice Ning Ying, connue entre autres pour sa « Trilogie Pékinoise » ( Zhao, le plaisir de jouer, Ronde de flics à Pékin, I Love Beijing). Nul doute que le dernier opus de la dame, « Vivre et Mourir à Ordos » perpétuera le culte autour de Ning Ying! A ne pas louper également, « Fly With The Crane » de Li Ruijun, et dans un mode plus « blockbuster » les amateurs pourront se jeter sur « Le Roi Des Singes en 3D » qui a cartonné en Chine! Bon, tout ça n’est que  impressions d’avant festival , le mieux sera bien sur de se rendre dans les salles!

MPAC sera dans la mesure du possible dans le public, pas toujours simple quand on a une vie à part la passion de la Chine et du cinéma chinois! Néanmoins, on essayera de faire le maximum, mais vous n’aurez pas d’écho de la soirée d’inauguration; pas d’invitation proposée…..Ce blog est pourtant présent chaque année. Bah, c’est pas bien grave! 

Amis lecteurs (trices), vous allez assister à ce festival et désirez vous exprimer sur vos ressentis, vos impressions et vos émotions. Mon Petit Ailleurs Chinois vous ouvre avec plaisir ses pages. Si intéressé(e), contactez moi à : rangrang60@gmail.com   

                                                           Bon Festival et retrouvez toutes les infos disponibles à ce jour en cliquant sur l’affiche.

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Fly With The Crane de Li Ruijun

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Le Promeneur D’Oiseau

Posté par faguoren le 8 mai 2014

Un bien joli film sort dans nos salles cette semaine en la personne du « Le Promeneur D’Oiseau » de Philippe Muyil qui restera en plus comme le premier film tourné par un français en Chine; une aventure peu commune pour une résultat rempli de charme et un film qui devrait pouvoir plaire au plus grand nombre. 

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Philippe Muyil est connu en Chine par son film   »Le Papillon » qui a eu un joli succès sur le marché des….DVD pirates! Hé oui, c’est aussi cela la Chine, un film qui comme ce dernier film mettait déjà en scène un enfant. Par le succès rencontré puis par une rencontre avec un couple franco/chinois producteur de films, il a pu se lancer dans ce projet un peu dingue, d’autant qu’il ne connaissait rien à la Chine, mais forcément excitant. Il a donc fallu s’imprégner du pays et de sa culture tout autant que des façons de travailler chinoise puisque acteurs et équipes de tournage furent tous chinois.

S’il sort cette semaine, j’ai eu la chance d’assister à une avant-première il y a quelques semaines dans une charmante petite salle du 15ème arrondissement, le « Chaplin St Lambert » et j’en garde un souvenir intact me promettant de retourner voir « Le Promeneur D’Oiseau » lors de sa sortie officielle, preuve s’il en est de son pouvoir de séduction.

L’histoire racontée est finalement très simple, elle est juste magnifiquement filmé au sein , entre autres, des magnifiques paysages de la région de San Jiang dans la province du Guangxi. A ce sujet, si vous aviez aimé « La Rizière » de Zhu Xiaoling en 2012, vous devriez apprécier le film de Philippe Muyil; le cadre y est le même et le déroulé de l’oeuvre aussi touchant, bien que différent. 

La petite Renxing a 8 ans et est la fille d’un couple de Pékin qui connait une foudroyante réussite sociale mais à l’emploi du temps surchargé. De son côté, le grand-père paternel de la petite a juré de réaliser le projet qu’il avait juré; à savoir libérer le vieil oiseau , un rossignol, de sa cage afin qu’il aille chanter une ultime fois avant de mourir sur la tombe de l’épouse défunte du vieux Zhigen, située dans le sud de la Chine, à près de 2000 km de Pékin.

A la suite d’un imprévu, la mère de Renxing ne peut s’occuper de sa fille lors d’une période de vacances, elle doit donc la confier au grand-père qui s’apprête à partir accomplir son souhait dans le lointain Guangxi. Une décision d’autant plus délicate pour la mère que le vieil homme est depuis longtemps fâché avec son fils et que pour la fillette, qui passe tout son temps entourée de ses IPAD et autres gadgets modernes, l’idée de ce séjour à la campagne ne l’enchante guère et évidemment, le père ne devra rien savoir de ce périple.

Accompagné de l’intrépide et capricieuse Renxing et de son vieil oiseau, le grand-père part donc dans cette Chine lointaine et totalement inconnue de la fillette. Celle-ci ne se montre d’ailleurs guère coopératrice et cela ne va pas s’arranger lorsque suite à un quiproquo nos expéditeurs se retrouvent égarés en pleine forêt. Mais la bienveillance du grand-père est inaltérable et peu à peu, la fillette va découvrir cette nature qui l’entoure, puis le village natal de ses grand-parents. Elle va s’imprégner de ce nouveau décor, trouver en les enfants locaux de chaleureux camarades. Tout autant que l’oiseau du vieil homme, la petite fille va elle aussi sortir de sa cage, dorée certes, pour trouver la joie de vivre et les vertus saines de l’enfance. Bien sur, le père de Renxing va apprendre où et avec qui se trouve sa fille. Il va alors lui aussi prendre le chemin du Guangxi et ce sera le début de la réconciliation.

« Le Promeneur D’Oiseau » est  une jolie fable sur l’opposition entre une Chine moderne et une plus ancestrale au travers du regard d’une petite fille et de son grand-père, sans oublier l’oiseau, mettant ainsi en valeur une tradition très forte en Chine d’avoir l’oiseau à la maison. Fable donc et aussi dépaysement , le tout joué par des acteurs ayant su parfaitement répondre aux desseins du réalisateur français. Le plus beau compliment que l’on puisse faire à Philippe Muyil ne serait-il pas de lui dire que son film est un très bon film…chinois? Espérons en tous cas qu’il remporte un franc succès par ici! 

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Les Trois Soeurs Du Yunnan

Posté par faguoren le 24 avril 2014

Une récente sortie cinématographique qui nous mène dans le lointain Yunnan, à 3200 mètres d’altitude. Tout là haut, très haut, aux confins du Tibet, Wang Bing nous fait partager la rude et austère existence d’un village de montagne par les yeux de trois soeurs, âgées de 4, 6 et 10 ans…

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Le public concerné avait pu apprécié deux oeuvres  de Wang Bing , « Fengming Chronique D’Une Femme Chinoise » (documentaire) et « Le Fossé » (fiction) qui étaient sortis simultanément sur les écrans français en 2012. Le revoici à l’affiche avec un nouveau documentaire filmé en 2010 et 2011 dans un village perdu du nord du Yunnan, là où même les trekkings de touristes à la recherche d’exotisme multi-minorités nationales chinoises ne se risquent guère!  Nonobstant une durée un peu exagérée (2h33, c’est beaucoup..) Wang Bing filme une Chine réellement d’un autre siècle qui ne serait d’ailleurs peut-être même pas le XX ième!  En ces temps où la Chine promet de tout dévorer, la vision de ces régions délaissées et tellement éloignées de tout donne un documentaire passionnant et déroutant pour qui ne connaît pas cette Chine au delà des nuages. On y retrouve un peu du « Pas Un De Moins » de Zhang Yimou et aussi l’atmosphère du « Journal de Ma Yan » révélé par Pierre Haski il y a une dizaine d’années. Dans ce coin perdu, les « actifs » sont tous partis à la ville essayer de trouver un travail. Ne reste au village que les vieux et les enfants. Il leur faut alors effectuer les travaux des champs, s’occuper des bêtes…..Pour ces fillettes, aller à l’école n’est point une priorité, elles semblent, pour l’aînée tout du moins à l’étonnante maturité, accepter ce sort. Elles font preuve d’une énergie sans faille, dans ce quotidien rythmé au milieu des chèvres et des cochons. Sans commentaire, Wang Bing suit ces destinées sans commentaire. Sa caméra est juste le témoin impudique d’une Chine moyenâgeuse dont on se demande à la vue de ce film si elle évoluera un jour…. Cette oeuvre de Wang Bing est à ne pas louper! 

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Wang Bing présente son film au MK2 Beaubourg, filmé par Mon Petit Ailleurs Chinois

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8ème Edition Du Festival De Cinéma Chinois De Paris: Du 29/10/13 au 14/11/13 (3)

Posté par faguoren le 13 novembre 2013

Rideau! La 8ème édition du Festival de cinéma chinois de Paris est terminée! Un an à attendre, voire même deux se dit-on, se mettant à rêver d’une 10ème édition flambloyante! Allez, n’anticipons pas trop, le souvenir de cette cuvée 2013 encore vivace, l’heure est venue d’aborder le bilan, un bilan façon MPAC, donc sans prétention aucune. Juste tenter de  coucher sur l’écran quelques impressions et une flambée d’émotions, de joie mais aussi, pourquoi pas, de déception. Un reflet d’une vie donc, la vie d’un festival cher à nos sens visuel et auditif, mais pas seulement…!

8ème Edition Du Festival De Cinéma Chinois De Paris: Du 29/10/13 au 14/11/13 (3) dans Films hong

Nous nous étions séparés à « La Pagode », nous nous retrouvons au « 5 Caumartin », lieu inédit pour ce festival, situé à une rapide encablure de la gare St Lazare. L’endroit est ma foi, fort sympathique, pas au point de faire oublier « La Pagode », mais n’ayant pas le choix, on devra s’en accommoder! Dieu merci, la première de ces deux soirées va être l’un des grands moments de cette quinzaine. Nous est en effet proposé, sous forme de ciné-concert,  le plus vieux wuxiapian  (film d’arts martiaux) conservé! Un film muet de 1929, « Hong Xia la justicière errante », sacré opportunité! Bien sur, comme trop souvent, la pourtant petit salle sera loin d’être remplie….Plus que jamais les absents ont tort..

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« Hong Xia la justicière errante », quelle « gueule » incroyable!

Alors c’est comment un film chinois muet d’arts martiaux de 1929!? Tout bonnement incroyable, et ahurissant de voir que même à cette époque, l’héroïne pouvait voler dans le ciel, oui , oui..comme dans « Tigres et Dragons »!! Vous y ajoutez une galerie de personnages superbes, un ermite roi du kung-fu chevauchant un âne, un tyran adepte de jolies filles en tenue légère (quelle audace pour l’époque!), une vengeresse voguant dans les cieux sabre à la main…Que du lourd comme on dit maintenant!  Le scénario est classique, les gentils subissent la loi d’un méchant, mais au final et au terme d’aventures rondement menées, le bien l’emporte sur le mal. Nous avons surtout eu la chance de visionner un document réellement fantastique!

Un mot bien sur à propos des talentueux musiciens présents ce soir là, dont l’accompagnement sera à la hauteur des images offertes. Une joueuse de erhu, violon à deux cordes chinois. Une autre alternant le guzheng, cythare chinoise et pipa, instrument se rapprochant du luth et un flutiste. Le tout sous l’oeil du compositeur qui maniait de consort de sommaires percussions. Nous nous sentions vraiment en Chine en cette soirée!

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La justicière errante!

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Nous sommes en 1929, osé non?

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Lendemain soir, même heure et , presque, même lieu. En effet la projection de « Trois mamans pour un bébé » de Jiang Ping allait se dérouler dans une salle plus grande, présence de l’actrice vedette Che Yongli oblige! L’assistance ne sera pas pour autant hors norme, l’actrice fort sympathique répondra à toutes les questions avant de poser, sans signe d’impatience, avec les fans tout joyeux d’être immortalisé en compagnie d’une actrice star en Chine !

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« Trois mamans pour un bébé »

La comédie, enjouée et remplie de quiproquos, n’est certes pas inoubliable mais constitua un divertissement léger rythmé par des actrices et acteurs visiblement propices à prendre et à donner du bon temps. Le scénario tourne autour de trois femmes qui ne se connaissent pas mais dont le sort va être lié par un bébé de l’une d’elle, abandonné par le père, un de ces nouveaux riches collectionnant les « er nai » (maitresses). Abordant par le biais de la comédie, des thèmes finalement plus graves de la société chinoise, le film de Jiang Ping fut fort apprécié, oeuvre grand public reflet d’un cinéma chinois en rien novateur, juste celui de l’ère du temps, un produit de qualité certes, mais un produit péjorativement parlant, mais c’était agréable..!

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Madame Gao, directrice du festival, en compagnie de Che Yongli.

Après ce court intermède au « 5 Caumartin », le festival reprenait place au Lincoln, proche des Champs-Elysées, pour la seconde année consécutive il me semble. Rien à redire sur l’endroit, mais énervé par le refus de cette salle d’accepter la carte UGC pourle festival, alors qu’elle est sur les autres sites…Enervant, mais l’envie de voir les films prend le dessus, et ils le savent les bougres…Bref, passons…

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Depuis ses prémices, le festival x’est toujours attaché à montrer des films dit « ethnique », faisant donc découvrir les nombreuses minorités nationales recouvrant le territoire. Pour rappel la Chine est composée de 56 ethnies, dont l’ultra-majoritaire (plus de 90% de la population!) Han. On se souvient par exemple de « Si près du soleil »  de Chou Chou, filmé au sein de la population Miao. Il y en eut beaucoup d’autres. Cette première soirée au « Lincoln » nous offrait de découvrir l’une de ces minorités nationales, et certainement pas la plus connue: Les Hani, qui seraient proche de 1500000 en Chine et qui vivent principalement dans la province du Yunnan. Bien qu’il s’agisse d’une fiction, ce type de film est avant tout documentaire. L’immersion dans la vie quotidienne de ces populations est une formidable invitation à partir sur le champ à leur découverte. Les images sont souvent féeriques , comme ici les extraordinaires vues de rizières en terrasse. Pour ce film, entre drame, joie et découverte du cinéma dans les années 80, la tournure prise permet à d’attachants comédiens, le plus souvent amateurs, de nous offrir un joli spectacle loin, très loin de la Chine de Pékin ou de Shanghai. Si le but était de propager rêve, poésie et découverte, l’objectif est atteint. Puisse ce genre de film nous être proposé plus souvent, difficile de s’en lasser.

En clôture de la soirée, nous eûmes droit à une intervention tout en sourire, en délicatesse de Fu Shaojie, scénariste et actrice principale du film: une conclusion parfaite! 

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Fu Shaojie

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 « A la recherche d’un rêve » de Yang Hui Long fut tout autre. La découverte cette fois ci était celle de Tang Jia Ling , quartier périphérique de Pékin qui jusqu’à 2010 était la banlieue où venait se loger les « ming gong » , ces ouvriers venus des campagnes venus chercher un travail dans les grandes villes chinoises. Tenu par des marchands de sommeil, Tang Jia Long était une sorte de ghetto insalubre où les aspirants au rêve économique chinois venaient y trouver un toit sommaire, pour un prix souvent exorbitant…Le film nous entraîne à suivre les tribulations d’un jeune couple et d’un de leur camarade. La jeune fille, dont le rêve est de devenir styliste, est la seule à avoir un emploi. Modeste ouvrière dans la confection, elle doit en outre subir les assauts de son patron, qui ne pense que de la mettre dans son lit. Pour les deux garçons, les rares petits jobs n’apportent que désillusions…le miracle économique n’est définitivement pas pour tous. Lucide et pessimiste, ce drame social est le reflet d’un malaise trop souvent caché des métropoles chinoises, il nous en montre une partie à travers ces trois personnages phares pour qui, même l’avantage de la jeunesse n’est pas source d’espoir et d’ascension dans cette société impitoyable. Les dernières images du film esquissent une possible réussite de la fille, laissant entrevoir que toute fin heureuse peut s’offrir à force de persévérance. Tang Jia Ling fut entièrement détruit en 2010, laissant place semble t-il à des centres commerciaux… A noter que ce film est une co-production franco-chinoise.

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A la recherche d’un rêve

Pour terminer « son » festival, MPAC allait s’offrir une comédie adolescente, démonstration de l’incroyable diversité de la programmation de ce festival. Un final sans prétention, destiné au plus grand nombre. Les jeunes chinois étaient d’ailleurs nombreux pour voir ce « L’amour interdit » de Liu Jie, un réalisateur pourtant habitué à tourner des oeuvres  plus profondes. On lui doit notamment le très beau « Le dernier voyage du juge Feng » présenté au festival en 2007.

 Incursion dans le monde de la drague estudiantine à la chinoise, qui n’a rien à envier à son homologue occidental, blague potache, échec au pourtant essentiel Gao Kao, redoutable examen/droit d’entrée aux universités que redoutent tous les élèves et plus encore les parents, en cette ère de l’enfant unique… Ce film est avant tout là pour divertir et faire rire. Il révèle cependant une part de dimension sociale non négligeable, avec ce non-droit à l’échec scolaire en toile de fond. Le public, enfin au rendez-vous, ria de bon coeur. Nous pouvions tourner la page de ce festival de façon enjouée! 

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J’avais discuté avec une spectatrice à « La Pagode ». Un peu désenchantée, elle me confiait que cette 8ème édition du Festival du cinéma chinois de Paris, n’était pour elle pas le meilleur des millésimes. Je la rejoignis sur la désaffection globale du public, probablement une sérieuse déception pour les organisateurs, pas un coup d’arrêt, espérons le…

Comme dit plus haut, la diversité des oeuvres proposées demeure stupéfiante. Entre passé et présent, comédie et drame, tout le panel de la créativité chinoise en matière de 7 ème art est offerte. Et que dire de cette initiative formidable de proposer des ciné-concerts..? Certes, la rétro « Sun Ming Jing » ne fut pas aussi intense que celles passées, mais en 15jours de temps, il était possible à Paris de consacrer, pour qui le désire, tous ses loisirs à la gloire du cinéma chinois. Merci pour tout,et rendez-vous en 2014! 

MPAC a pu assister à une quinzaine de films. Bien mais très insuffisant à la fois. Ces comptes-rendus ne sont donc que très subjectifs…Peut être faudra t-il songer à s’adjoindre les services d’un ou plusieurs collaborateurs pour ce type d’événement, afin de en dire toujours plus!! Wait and see…

Et si le coeur vous en dit, cliquez sur l’affiche de « L’amour interdit », vous le verrez en version sous-titrée en anglais!

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8ème Edition Du Festival De Cinéma Chinois De Paris: Du 29/10/13 au 14/11/13 (2)

Posté par faguoren le 7 novembre 2013

Voilà, le festival tant attendu est maintenant plus que entré en plein régime. Les projections à La Pagode sont, hélas, désormais terminées. MPAC se propose donc de livrer ses impressions, forcément incomplêtes ; pas simple d’être toujours présent…MPAC était malgré tout sur place pour neuf projections, suffisant pour en retenir quelque chose!

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Huitième édition donc de cet événement, reculé cette année dans le calendrier, le festival se déroulant généralement fin septembre/début octobre. Je me souviens néanmoins d’une édition s’étant déroulée en décembre, c’était en 2008 et ça ne durait qu’une semaine, un bail!

Je l’ai dit antérieurement, ce qui fait la force de ce festival c’est l’art qu’il a à dénicher d’incroyables raretés totalement inconnues de la très grande majorité. Ainsi la rétrospective Sun Ming Jing et quelques ciné-concerts remarquables prévus cette année. Nous passerons sur la soirée d’ouverture au Max Linder, MPAC n’étant définitivement pas fan de ces réunions « m’as tu vu? » où la plupart des gens présents ne se déplaceront pas dans les salles. J’ai ainsi zappé une invitation à une soirée organisé à la mairie de Paris dans le cadre de ce festival où j’avais pourtant une invitation. J’ai préféré aller voir un film…!

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Première séance donc et projection de « L’Attaque Du Convoi d’Or » de Ning Hao avec la jolie Tao Hong, présente dans la salle. Ah oui, plus que jamais le festival accueille pour des rencontres avec le public acteurs et/ou réalisateurs. Ce n’est certes pas la première année mais celà devient systématique. Bravo aux organisateurs et en premier lieu à madame Gao, bien connue des festivaliers, et qui année après année vient nous présenter le festival à presque chaque séance. Si ça c’est pas de la dévotion…!!

Bon, cette première séance alors? Tout d’abord surpris par l’affluence restreinte présente, et cela va, hélas , se renouveler à toutes les séances. Enorme déception sur ce plan, reste à en chercher les raisons. Cet événement semblait pourtant bien ancré dans le paysage culturel parisien et les éditions précédentes attiraient un public bien plus conséquent. Est ce le fait d’avoir décaler le festival d’un mois, au coeur des vacances de la Toussaint en outre? Est ce une publicité défaillante..? Et si c’était cette météo qui n’encourage guère à quitter son canapé? A moins que ce ne soit une certaine morosité ambiante qui semble de plus en plus recouvrir ce pays, mais ça c’est une autre histoire… Quant au film présenté ce soir là, ce fut un étrange et détonnant mélange de drame et de loufoquerie se passant à l’époque de l’occupation japonaise, . A la fois drôle et cruel que cette histoire se déroulant à Changchun dans le nord-est alors occupé par le diable japonais qui en avait fait ce qu’on appelle souvent l’état fantoche de Mandchoukouo. Divers clans cherchent à s’accaparer un précieux chargement d’or, ce qui va donner lieu à de farouches luttes où le combat face à l’envahisseur est toujours présent. A côté de Tao Hong, l’excellent Lei Jia Yin se taille la part du lion mais difficile de ne pas mettre en avant la superbe composition de Kelichi Yamazaki en capitaine japonais à la fois terrible et ridicule. Du bon divertissement finalement, et fort intelligent en plus!

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L’Attaque Du Convoi d’Or.

Il est, à ma connaissance, assez rare que Macao soit évoqué au cinéma. C’est le cas du très beau « Diago » de Zhang Chi qui met en scène la recherche identitaire de ces portugais nés à Macao et qui allaient devoir faire un choix de vie, un choix de société lors de la rétrocession de l’île à la Chine en 1999. Le sergent Diago, qui travaille à la police des frontières a un choix à faire. Pas simple, d’autant plus qu’à l’approche de la rétrocession, il se voit obligé d’apprendre le mandarin, perspective peu réjouissante pour lui malgré le charme de Li Nian, la professeur vouée à cette tâche. La quête identitaire de Diago est d’autant plus forte qu’il est parrallélement à la recherche de son père biologique…De Macao au Portugal, « Diago » est remarquablement prenant et déroule une trâme lancinante mais totalement humaine et de notre temps. Une oeuvre sensible qui aura vraiment retenu l’attention, malgré une salle au 3/4 vide…

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Voici le moment d’en venir à ce qui est traditionnellement , la cerise sur le gâteau de ces Festivals Du Cinéma Chinois De Paris, à savoir les rétrospectives de réalisateurs des années 30 ou 40 du cinéma chinois. Quiconque a assisté aux éditions passées garde un souvenir ému de ces moments où rareté et âge d’or donnent de merveilleux souvenirs d’oeuvres, certes attachantes mais aussi de grande qualité , témoins d’une Chine révolue. On va retrouver cette rareté en cette année, et le spectateur se demande alors: « Mais où vont-ils chercher tout ça…? ». Encore un fabuleux boulot des organisateurs!  C’est donc Sun Ming Jing qui est mis à l’honneur cette année. Pionnier du film documentaire en Chine, il tournera essentiellement dans les années 30/40. Il créera en 1952 l’Ecole Centrale de Cinéma qui deviendra la prestigieuse Académie du cinéma de Pékin d’où sortira bien plus tard les grands maitres de la « 5ème génération » tel Zhang Yimou. Condamné, comme beaucoup d’intellectuels, comme droitier en 1957 puis persécuté durant la révolution culturelle, il verra ses films confisqués. Il décédera dans l’absolu anonymat en 1992 avant qu’une partie de ses oeuvres soient retrouvées à l’Académie du cinéma de Pékin au début des années 2000.

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Sun Ming Jing

Il est évident que l’intérêt historique de ces oeuvres est sans égale. Sun Ming Jing est un pionnier, il a ouvert des portes et le cinéma chinois lui doit beaucoup. Mais l’intérêt des quatres séances proposées lors de ce festival s’arrête néanmoins souvent à cet aspect précurseur de l’homme. Sung Ming Jing filmant les bombardements japonais à Chongqing; oui! Mais Sun Ming Jing immortalisant sa bien-aimée en train de faire de la barque; guère envoûtant…. D’autant plus que d’une séance à l’autre, nombres de séquences reviennent. On gardera cependant une opinion positive de cette rétrospective qui a le mérite de mettre en avant un personnage incontournable qu’il aurait été bien difficile de découvrir sans ce festival. Disons que ce regard sur le passé était cette année intéressant alors qu’il était les autres années passionnant!

A propos d’archives, nous allions être gâtés avec la projection de chef-d’oeuvres des années 20, films muets accompagnés en live par des musiciens présents dans la salle, d’où le fabuleux concept de ciné-concert qui à eux seuls justifient la classification de ce festival au titre de manifestation de premier ordre!  Je vais vous parler dans ce chapitre, non pas d’un film chinois mais d’un film français!!  Rassurez vous, je parle toujours du même festival et l’oeuvre dont il s’agit me ramène à la réflexion déjà prononcée plus haut: « Mais où vont-ils chercher ça?!! ».

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Prenez un réalisateur français des années 20 totalement oublié dont la passion était l’Asie et qui le montra dans ses tournages. Cela donne « L’Epingle Rouge » et le réalisateur se nomme Edouard-Emile Violet. Avec son compère et assistant Donatien, ils tournèrent abondamment dans les années 10 et 20 avant de se retirer avec l’avénement du cinéma parlant. En ce dimanche après-midi nous étions encore une fois bien peu à profiter de l’aubaine, il y avait même le petit fils de E.M.Violet venu évoquer son grand-papa! Le film allait s’avérer être un somptueux moment, de surcroit parfaitement accompagné par le pianiste présent. Miracle du cinéma muet, qui sans artifice et avec l’inventivité de l’époque parvient à offrir des images si mémorables! L’histoire est celle d’un sinistre armateur qui après avoir fait fortune en Asie est revenu s’installer à Marseille. Naguère et à des fins profiteuses il tua un homme en Chine. Le fils de celui-ci a promis à sa mère mourante de venger ce meutre. Le hasard va mettre Tchang Keou sur la trace de l’assasin par le biais de la jeune et jolie Madeleine que l’armateur Forest aimerait épouser, mais celle ci préfère un certain Valmont, qui va bientôt prendre à son service Tchang Keou. Le méchant Forest va devenir très méchant mais tout se terminera bien, enfin presque….Le chinois, une fois sa vengeance accomplie, préfèrera rejoindre ses ancêtres… On reste subjugué devant ces antiquités du cinéma. C’est beau, c’est grand. Tout était encore à inventer.Il en reste de formidables documents!

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L’Epingle Rouge

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Noeud D’Amour

Ayant été éduqué au cinéma chinois par les grandes fresques des années 90 (« Epouses et Concubines », « Vivre », « Le Roi Des Masques », « Xiu Xiu »…..), j’ai été habitué à ressortir d’un film la gorge serrée et la larme à l’oeil. Les chinois sont très forts pour ça! Avec le siècle nouveau, cet aspect m’a semblait néanmoins moins présent, pour ne pas dire moins systématique. Probablement du au fait que les nouveaux réalisateurs se préoccupaient moins de revisiter la période maoïste, propice à évoquer des drames bouleversants..Bref, je ne m’attendais guère à ressortir les mouchoirs pour ce « Noeud D’amour » de toute évidence romantique mais qui allait aussi narrer la douleur d’un amour contrarié, voire interdit, sur fond de Roméo et Juliette revisité!  Qu Ran et Hou Jia sont deux adolescents vite épris l’un de l’autre. Mais les parents des deux jeunes amoureux ont un consencieux datant de la révolution culturelle. La mère de la jeune fille jugeant le père du garçon responsable du suicide de son mari à l’époque. Mais rien ne peut aller à l’encontre de l’amour, il est plus fort que tout, plus fort que le drame, plus fort que la rancoeur adulte, plus fort que le passé… Avec en vedette le couple Zhao Wei et Lu Yi, le réalisateur Huo Jianqi parvient à transmettre une émotion vraie sur un sujet 1000 fois traité. Ah la sensiblerie..elle aura toujours un public. Rien n’est plus fort que l’amour, croyez moi!

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Autre drame, autre genre avec « La Dette d’une vie » de Wang Yi. L’histoire d’un couple au destin brisé par la mort de leur enfant lors d’un banal accident de la route où le conducteur échappe à la mort. Le père du garçon va alors violer la femme du conducteur afin de l’engrosser, afin que un enfant lui soit rendu…L’épouse violée va accepter son rôle, plus ou moins séquestrée par le père du garçon. Une connivence se lie alors entre les deux êtres, sans que leurs conjoints respectifs connaissent ce qui se trâme. Très joli film, superbement mis en scène. Quand un malheur de la vie va unir deux êtres qui auraient pourtant dû se fuir….C’est dur, c’est âpre mais on adhère malgré un scénario malgré tout un peu invraisemblable. Les notes en fin de film laisse pourtant penser qu’il s’agit d’une histoire vraie…

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A Un Fil Près

Gao Qunshu est un réalisateur attitré dans le genre policier/suspense. « A un fil près » présenté durant ce festival date de 2008 et présente un scénario relativement original. Nous sommes dans la province du Heilongjiang, à l’extrème nord-est de la Chine, là où il fait très froid l’hiver. Dans cette région, on retrouve encore beaucoup d’obus datant de la guerre, et qu’il faut désamorcer. Le policier Lao Yu (« vieux poisson » surnom donné car il aime aller pêcher) est un spécialiste de ce type d’opération très risquée. Mais un jour c’est une vraie bombe à retardement qui est découverte dans une rue de Harbin. Les artificiers étant absent, on fait appel à Lao Yu pour tenter de mettre hors d’état de nuire l’engin qui n’a que peu à voir avec les obus du conflit mondial . Lao Yu va alors rentrer dans un engrenage, d’autant qu’il lui faut se montrer ccopératif s’il veut que ses supérieurs daignent octroyer un poste à son fils! Inspiré par un fait réel, le film met en vedette un anti-héros, un type ordinaire qui soudainement va devenir un homme d’une extrème importance. Il va tenir ce rôle avec ferveur et humilité, allant jusqu’au bout de sa transformation en héros indomptable. A noter que Lao Yu est joué par un acteur non professionnel, flic à Harbin pendant 10 ans.

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Pour clôre ce premier panorama, certainement le film le moins passionnant vu par MPAC durant ces quelques jours: « Oui je le veux » . Le cinéma chinois regorge désormais de ces comédies où de jeunes gens, beaux et très riches sont à la recherche de l’amour parfait après avoir rompu avec un(e) ex, tout aussi plein au as! « Oui je le veux » n’est ni plus moins bien, ni meilleur qu’un autre film du même style. Erzartz de comédie américaine, vite vue et vite oubliée et symptomatique d’un cinéma chinois dont on peut se demander quelle sera la mutation dans les années à venir….

Voila, les sessions à La Pagode sont ainsi finies, mais le festival lui continue. Il fut surtout espérer que le public se fera plus nombreux. Il y a encore de très belles choses à voir et je présume qu’il en va de l’avenir de cette manifestation…. On en reparle bientôt et allez vous faire vos propres opinions dans les salles!

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Bande-annonce de « L’attaque du convoi d’or »

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Jia Zhang Ke au Forum des Images 10/11/2013.

Posté par faguoren le 3 novembre 2013

Une fois encore le Forum des Images gâte les afficionados! En effet, c’est ni plus ni moins que Jia Zhang Ke qui sera l’invité d’une « master class » exceptionnelle le dimanche 10 novembre 2013 à 17h00.

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Réalisateur phare de la « 6ème génération », l’auteur de « Still Life » ou de « Unknown Pleasures » sera reçu dans le cadre du festival « Un état du monde ». A noter que l’événement sera retransmis en direct puis en différé sur le site web de Arte. Et pour celles et ceux qui désirent assister à cette rencontre, il leur en coûtera 6 euros; pas sur qu’il y est de la place pour tout le monde, mais MPAC y sera!

Allez, on se met un extrait de « Platform »

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8ème Edition Du Festival De Cinéma Chinois De Paris: Du 29/10/13 au 14/11/13

Posté par faguoren le 29 octobre 2013

Cela fait donc huit ans que ça dure….Huit ans que au moment où l’automne pointe ses premiers frimas , le Festival Du Cinéma Chinois de Paris revient hanter les salles parisiennes. Ce ne sont pas les festivals de cinéma asiatique, et chinois en particulier, qui manquent. Mais celui-ci a chaque année quelque chose d’inespéré qui aiguise l’appêtit et avive la curiosité du spectateur. Il faut que cet événement s’est fait la spécialité de revisiter à chaque édition le florissant passé du cinéma venu de Chine. On se souvient, entre autres, aux merveilleuses rétrospectives consacrées à Zhou Xuan ou à Sun Yu. En cette 8ème édition, la rétro sera axée sur Sun Mingjing 孙 明经 (1911-1992) , cinéaste qui dans les années 30 et 40 se spécialisa dans le documentaire. Ce sont donc de véritables trésors qui nous serons proposés. Pour les historiens et chercheurs d’or du genre, ce sera évidemment le point fort d’un festival qui proposera comme de coutume une programmation contemporaine. Des ciné-concerts (ceux en 2012 sur les oeuvres de Sun Yu étaient superbes!), des forums, rencontres et animations……Plus que jamais ce festival est vivant!  Il offre en outre la possibilité à ceux qui ne la connaisse pas de découvrir cette belle salle qu’est La Pagode dans le 7ème arrondissement, qui ne sera pourtant que l’une des cinq salles sélectionnées. Comme chaque année, MPAC tentera de vous offrir sa perception d’un événement à qui on souhaite une fort belle réussite pour cette cuvée 2014! Vous reste à cliquer sur l’image ci-dessous pour TOUT savoir!

8ème Edition Du Festival De Cinéma Chinois De Paris: Du 29/10/13 au 14/11/13 dans Films 8edit-253x300

 

Et je vous laisse aussi apprécier la bande-annonce.

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Mon Petit Ailleurs Chinois a été muet depuis de longues semaines….Il faut savoir que ce blog est « l’oeuvre d’une seule personne ». Alors rien n’est simple, le temps est souvent compté et depuis novembre 2009, date où MPAC sortit des abysses du web, les temps faibles furent rares. Garder le cap sans baisse d’intensité est difficile….La 8ème édition du festival de cinéma chinois de Paris sera, je l’espère, l’occasion d’un nouveau cycle, d’un renouveau….Le plaisir de partager devant être, de toute façon, le moteur de toute initiative!

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People Mountain People Sea

Posté par faguoren le 22 juin 2013

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Est sorti cette semaine sur nos écrans « People Mountain People Sea » de Cai Shangjun, dont le titre est la traduction littérale du titre chinois « Ren Shan Ren Hai », en fait un chengyu signifiant « une foule de gens ». Il s’agit du second long-métrage (mais le première à paraître en France) de ce réalisateur pékinois né en 1967, ancien diplomé de l’Académie centrale des arts dramatiques de Pékin et qui fut également scénariste auprès de Zhang Yang (« Shower » entre autres…)

Vaguement inspiré d’un fait divers réel, le film de Cai Shangjun emmène le spectateur dans une vision lugubre de la Chine d’aujourd’hui. Un monde qui semble sans espoir, où régnent solitude, vide et silence…Autant dire d’emblée qu’il ne s’agit pas d’un aimable divertissement. Comme le dit lui-même Cai Shangjun, « PMPS va à l’os, je voulais que le film ressemble à un os qu’on a cassé et qui fait des arêtes extrémement acérées ».

Dans une carrière du Guizhou, un homme est assasiné par un repris de justice tout juste sorti de prison, dans le seul but de lui voler sa moto. Le frère de la victime, Lao Tie, décide alors de partir à la recherche du meurtrier. Lao Tie vient tout juste d’être licencié après avoir provoqué un accident ayant paralysé un homme. Il doit en outre payer une lourde somme à la famille de la victime. Une récompense étant promise à qui retrouvera l’assasin de son frère, Lao Tie part donc à la recherche du meutrier, autant par l’appât du gain que pour mettre la main sur le tueur. Une piste inexplorée par une police laxiste le conduit à Chongqing. Dans l’immense mégapole embrumée, il y retrouve un ami, drogué notoire, ainsi que son ex petite amie dont il semble être père de l’enfant..De retour au village, la police toujours aussi peu active lui fait néanmoins part que le meurtrier aurait été vu dans une mine illégale du nord du pays. Lao Tie prend donc la direction du nord…

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Pas réellement road-movie , encore moins « western sidérant » comme le suggère l’affiche française du film, « People Mountain People Sea » est une oeuvre d’une noirceur abyssale. L’odyssée de Lao Tie apparait vite comme la traversée solitaire et déshumanisée d’une Chine apocalyptique. De la blancheur étincelante mais nimbée d’austérité des carrières du Guizhou, on découvre ensuite une Chongqing des taudis, des malfrats, de la corruption et de la plus profonde misère, très loin de l’image de modernité et d’énergie que véhicule la ville. Mais que dire des mines où a été tourné quasiment toute la seconde partie du film? Souvenez vous du terrible film de Li Yang « Blind Shaft » en 2003. Dix ans après, rien ne semble avoir changé, telle l’image évidente d’une Chine qui ne connaitra jamais rien du boum économique. C’est dans cette Chine que se rend Lao Tie dans la quête de retrouver l’assasin de son frère. Le blanc des carrières du Guizhou a laissé place aux plus profonds ténèbres. Lao Tie, homme brisé, taciturne et laissé-pour-compte va se fondre dans cet univers diabolique et terrifiant, laissant le spectateur sur un final énigmatique, à l’image de ce film qu’il est bien difficile de juger de prime abord. Juger un film de cet accabit est sans fondement, il faut juste le voir (l’aimer ou pas est secondaire) comme la vision d’un réalisateur désireux de se focaliser sur les travers récurrents de son vaste pays. « People Mountain People Sea » vaut le détour et à défaut de se laisser aisément apprivoiser, il suscite un intérêt porté par les affres désastreuses d’un XXIème siècle qui refuse obstinément d’accréditer nos rêves d’enfant. Cela fait quelque part froid dans le dos….

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