Ciné Des Années 20 Au 7 Parnassiens

Posté par faguoren le 21 mai 2016

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Je ne cache jamais l’estime que j’ai pour le « Festival Chinois De Paris » qui se déroule chaque automne depuis 10 ans. Heureuse nouvelle, le festival s’offre cette année une courte mais appétissante session printanière. En effet, la dernière dizaine de mai verra la projection de deux chefs-d’oeuvre du temps passé dans la salle des 7 Parnassiens .

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Certes, les deux films présentés l’ont déjà été dans le cadre du festival mais ces séances de rattrapages sont infiniment conseillées tant ces oeuvres sont rares et témoignent d’un cinéma chinois vieux de presque un siècle! Ces deux séances seront présentées sous forme de ciné-concert où les musiciens joueront live l’accompagnement au moyen d’instruments traditionnels chinois; une raison supplémentaire de ne pas rater l’événement! 

Concernant « La Rose De Pushui » ( 1927) , il avait été projeté  sous le titre « La Romance Du Pavillon De L’Ouest », qui n’est autre que le titre d’un classique de la littérature chinoise qui inspira le film. Il est l’oeuvre de Li Minwei  ( 1893-1953) ,considéré comme l’un des pères fondateurs du cinéma chinois mais aussi de Hong-Kong. 

« La Rose De Pushui » nous fait voyager à l’époque de la dynastie Tang où le lettré Zhang prépare le concours impérial . Lors d’une étape au temple Pujiu , il s’éprend  de Cui  Yingying ,fille du premier ministre venant de décéder. Ainsi est le point de départ d’une histoire au demeurant fort simple mais que je vous laisse découvrir ce 24 mai à 20h30. 

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Deux jours plus tard, il sera temps de découvrir ou redécouvrir le fantastique « Hong Xia, La Justicière Errante » ( 1929) de Wen Yimin (1890-1978)qui n’est autre que le seul wu xia pian ( films d’arts martiaux) conservé de cette décennie. Il était à l’origine le sixième épisode d’une série en comportant treize. Anticipant les films modernes du genre, on peut déjà y voir l’héroïne voler dans les nuages!! Bien sur, l’histoire comporte ses gentils et ses méchants avec une série de « gueules » tout à fait impressionnantes qui vaut le détour ainsi qu’un panel de jeunes filles incroyablement dévêtues pour l’époque…!! 

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Il n’est, hélas, pas si fréquent de pouvoir admirer ces petites merveilles du cinéma muet chinois. Gageons que le 7 Parnassiens fera le plein lors de ces deux soirées exceptionnelles. C’est du moins ce que l’on peut souhaiter, pour espérer en revoir, pourquoi pas, plus souvent! 

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Red Amnesia de Wang Xiaoshuai

Posté par faguoren le 8 mai 2016

 

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Un nouveau Wang Xiaoshuai est toujours un évènement, alors quand l’auteur de « Frozen » ou de « Beijing Bicycle »  nous propose un nouveau long-métrage, l’on se prend à penser que le cinéma chinois est encore sur de bon rails.Inspirée et réellement portée sur un regard sans concession de la Chine contemporaine, l’oeuvre du cinéaste shanghaïen en fait pour moi le meilleur réalisateur chinois actuel, hé oui, rien que ça! 

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Arrive donc ce « Red Amnesia » , annoncé comme étant le dernier volet d’une trilogie consacrée à la révolution culturelle, trilogie commencé avec « Shanghai Dreams » puis continuée avec « 11 Fleurs ». Les fantômes de cette époque n’ont semble t-il pas fini de hanter la mémoire collective de la Chine, du moins en ce qui concerne l’art.

Pour ce nouvel opus,Wang Xiaoshuai a choisi d’aborder cette période trouble sur le thème de la culpabilité,au delà du temps qui passe…

Madame Deng,vieille dame vivant seule passe son temps à rendre visite à ses deux fils , l’un homosexuel dont elle réprouve le mode de vie et l’autre marié et père d’un garçonnet dont la grand-mère aimerait bien pouvoir s’occuper plus. Madame Deng mène donc une vie d’honorable mamie , bien comme il faut, s’imaginant  dans la solitude de son appartement d’irréels dialogues avec son défunt mari. Pourtant, depuis peu son existence est troublée par des coups de téléphone anonymes et mystérieux . En outre elle semble être suivie par un jeune garçon tout autant mystérieux. La vieille dame affable et serviable va peu à peu se retrouver confrontée à un passé vieux de 40 ans, à sa jeunesse d’activiste garde rouge… 

Sur ce thème d’un passé qui ressurgit  Wang Xiaoshuai signe un film en tous points poignant. Parfois filmé comme un thriller teinté de surnaturel et qui ne dévoile les démons passés de l’héroïne que dans sa dernière partie, « Red Amnesia » invite le spectateur dans un troublant retour en arrière vers Chine que ses protagonistes auraient voulu oublier…  D’ores et déjà en lice pour le meilleur film de l’année pour ma part, « Red Amnesia » est actuellement dans nos salles, ne le ratez pas!

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Beijing Stories

Posté par faguoren le 6 janvier 2016

Après le Jia Zhang Ke  puis le « Shanghai Belleville », les sorties de films chinois se succèdent , on va faire  » péter  » la carte UGC et on ne va certainement pas s’en plaindre. Arrive donc « Beijing Stories » signé par Song Pengfei, un jeune réalisateur de 33 ans dont c’est ici le premier long-métrage mais qui travailla auprès du réalisateur taïwanais Tsai Ming Liang. Poésie urbaine et désenchantée, le film brosse  le portrait de trois existences sorties de la fourmilière de 23 millions d’âmes de la capitale chinoise. 

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Le réalisateur a choisi de privilégier la personnalité de ces trois personnages embourbés dans les méandres d’un quotidien morne plutôt que se focaliser sur un scénario léché et haletant. Et c’est ce qui fait le charme et la force de ce vrai film d’auteur underground dans tous les sens du terme. En effet, deux des personnages logent et sont voisins dans des appartements en sous-sol dignes des plus sordides des catacombes et à mille lieux de la folie immobilière qui embrase la ville de Pékin.

Il y a tout d’abord Yong qui au volant de sa vieille camionnette tente de gagner sa pitance en récupérant de vieux meubles principalement délaissés par des habitants contraints de quitter leur habitation pour laisser place aux promoteurs immobiliers. Sa voisine, Xiao Yun est danseuse dans un minable bar de nuit, emploi qu’elle essaye désespérément de quitter pour une meilleure situation. A la suite d’un accident, Yong va temporairement devenir aveugle, ce qui va amener les deux voisins à faire connaissance.

Jin, lui, possède sa maison d’où les méchants et impitoyables promoteurs tentent de le déloger, lui et sa femme. Mais le gars est coriace et est décidé à tirer le meilleur prix de cette transaction.

Sur fond de’urbanisation effrénée, le film alterne séquences en surface et prises en sous-sol, un monde méconnu dont les origines remontent à la fin des années 60 lorsque , de peur d’une attaque nucléaire, le président Mao fit construire ces sortes de refuges/abris/logements où vit encore une population principalement composée des travailleurs migrants venus des provinces du pays. Le film de Song Pengfei m’a parfois rappelé « 24 City » de Jia Zhang Ke mais qui ne laisserait pas la place à la réalisation des rêves. Un film sombre, parfois contemplatif où les anti-héros tiennent le haut du pavé. J’ai en tête une phrase extraite d’une chanson de HF Thiéfaine qui me semble bien décrire le climat du film; « Nous étions les danseurs d’un monde à l’agonie, en même temps que fantômes conscients d’être mort-nés… »; Mélancolique et touchant…

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Shanghai-Belleville

Posté par faguoren le 3 janvier 2016

Comment une documentariste taïwanaise , en l’occurrence Show Chun Lee , décide t-elle de s’intéresser à une partie de la communauté chinoise de Paris ? En tournant un long métrage pardi! Je disais » une partie de la communauté chinoise » , celle ciblée ici mène une existence des plus glauque: entre misère, précarité, prostitution et lendemain sans avenir, il s’agit des sans-papiers qui depuis des années maintenant, en gros le milieu des années 90, hantent les rues de Paris à la recherche d’un graal évaporé depuis longtemps dans les réalités d’un Occident impitoyable et déconcerté. 

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Monsieur Zhou, clandestin sans papiers, sans argent et sans ressources est échoué sur un trottoir de Belleville. Il est venu à la recherche de Gine , son épouse, débarquée à Paris deux années auparavant et dont il n’a aucune nouvelle. Il est recueilli par Anna, chinoise clandestine également  et qui se prostitue pour survivre et dont le seul espoir est de trouver un mari français. 

Zhou se lie d’amitié avec Li Wei, arrivé depuis peu de Croatie, ils apprennent que Gina était sous la coupe d’un certain Ming qui semble régner en seigneur sur la diaspora chinoise.

Dans ce long-métrage de courte durée , 75 minutes c’est vite passé.., la réalisatrice passe en revue tous les travers de ces vies brisées par les espoirs déçus: prostitution, appartements-dortoirs, ateliers clandestins,descentes de flics ….tout cela sur fond de détresse humaine. Un constat qui font de cette fiction un documentaire sur un sujet, les clandestins chinois, rarement évoqué dans le cinéma. Cet intérêt prend le dessus sur les quelques invraisemblances du scénario et sur les pourtant évitables clichés liés à cette communauté. Si vous connaissez le quartier de Belleville, vous n’apprendrez pas grand-chose à la vue de ce film. Pour les autres , vous découvrirez la sombre réalité d’un monde parallèle que l’on côtoie pourtant dès la sortie du métro. 

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Au Delà Des Montagnes

Posté par faguoren le 27 décembre 2015

Pas simple d’être Jia Zhang Ke désormais… Celui que l’on tient comme étant le plus grand cinéaste chinois actuel ( c’est du moins ce que l’on prétend dans Télérama et compagnie, moi j’en sais rien et ça m’est d’ailleurs bien égal! ) a maintenant 45 ans et arrive à un moment charnière de sa carrière et de son oeuvre. Celui où on attend de vous que vous vous renouveliez tout en sachant qu’il faudra faire face au syndrome du « c’était mieux avant » trop souvent ressorti pour l’artiste au passé accompli et continuant à créer. 

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C’est dans ce contexte que sort sur nos écrans en cette semaine de Noël « Au Delà Des Montagnes », nouveau mélodrame erratique sur fond d’incommunication , de déracinement et de perte d’identité  de Jia Zhang Ke. L’auteur n’innove en rien, il dit lui-même que les images lui viennent d’images accumulées lors de ses films précédents qu’il aurait de nouveaux filmés à l’aide d’une caméra plus perfectionnée. L’idée de ce film lui viendrait de là. 

Nous sommes fin 1999, à Fenyang dans la province du Shanxi ( également ville natale de JZK ) . Hong-Kong puis Macao ont été successivement rétrocédés à la Chine. Une frénésie a envahi une partie de la population, le miracle économique est en route et le peuple va pouvoir S’ENRICHIR et tout ce qui vient de l’occident semble miraculeux. Ainsi à Fenyang, l’on danse sur la musique des Pet Shop Boys…! 

Tao (Zhao Tao, éternelle muse de JZK) est une modeste institutrice, elle est courtisée par deux amis d’enfance. Il y a tout d’abord Lianzi, humble ouvrier d’une mine de charbon et dont l’avenir semble tracé en parallèle du destin de cette mine qui fait vivre la région. L’autre courtisant se nomme Jinzheng, il est le propriétaire d’une station-service. Ambitieux jusqu’à l’arrivisme , il ne pense qu’à se débarrasser de Lianzi pour avoir le champ libre , au mépris de leur amitié. C’est Jinzheng que la jolie Tao décidera d’épouser.

2014: quinze années ont passées, Tao a divorcé d’un  Jinzheng obsédé par l’occident et la réussite, il se fait désormais appelé Peter et il vit à Shanghai avec le fils qu’il a eu avec Tao et qu’il a prénommé….Dollar!  Lianzi qui a fait sa vie dans une autre ville est atteint d’un cancer lié au charbon et Tao fait venir son fils désormais âgé de 7 ans et qu’elle ne connait guère quand le grand-père du garçonnet décède.

2025: Dollar et son père ont émigré en Australie, supposée terre d’Eldorado. Dollar, devenu étudiant, ne parle plus que anglais. Il doit passer par le biais d’une professeur-traductrice nettement plus âgé que lui, et qui va devenir une sorte de mère/maîtresse, pour communiquer avec son père. 

Le film de Jia Zhang Ke est donc une pièce en trois actes. Des fondements initiaux aux désenchantements que le temps fera naître, le destin des personnages est lié aux bouleversements culturels d’une Chine qui semble aller trop vite pour ses citoyens, sensations d’ailleurs récurrentes chez Jia Zhang Ke. Images et musique sont parfaites ( sauf les Pet Shop Boys! ^^ )  Que l’on aime ou pas l’oeuvre parfois complexe ( mais surtout pas élitiste, beurk ce mot…) de JZK, que l’on fasse ou pas un « complexe d’antériorité  » par rapport au cinéate et à son passé, le spectateur venu simplement voir le dernier opus de l’auteur, trouvera qu’il s’agit encore d’un grand Jia Zhang Ke et aura bien raison d’en rire doucettement!   A vous de voir! 

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Festival Du Festival Chinois De Paris: 10 ème Edition Du 10 au 24/11/2015

Posté par faguoren le 8 novembre 2015

LE festival de cinéma chinois à ne pas manquer revient en cet automne ensoleillé pour nous proposer son édition numéro 10 qui concorde avec les 110 ans du cinéma chinois!  Avant même de sonner les trois coups, on peut d’ores et déjà remercier sa directrice, madame Deanna Gao, de nous proposer cette année encore ce superbe événement qui sait célébrer à la fois le présent mais aussi le passé du septième art en Chine. Ainsi, cette année un hommage particulier sera rendu à Li Minwei (1893-1953), l’un des pères fondateurs du cinéma en Chine mais aussi à Hong-Kong. Films récents, anciens, ciné-concerts, invités …. Tout ce qui a fait des éditions précédentes des réussites sera de nouveau à l’affiche en ce mois de novembre 2015. Reste à souhaiter que le succès public soit aussi de la partie! Les projections se dérouleront principalement  dans les salles du « 3 Caumartin » , « Les 7 Parnassiens » ainsi qu’au « Lincoln », l’occasion d’avoir une pensée pour la belle salle de « La Pagode » qui a longtemps accueilli ce festival et qui est dramatiquement menacé de fermeture…..

Pour l’heure, le mieux est de vous laisser découvrir la programmation et toutes les infos en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Bon festival! 

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Fantasia

Posté par faguoren le 5 juillet 2015

De tous les films que la Chine nous envoie, rares sont ceux que l’on peut appréhender avec légèreté, voire même avec un discret sourire. Ce ne sont pourtant pas les comédies qui manquent dans la production cinématographique chinoise. Mais il semble que seul les films d’auteurs taillés pour les festivals européens aient légion par ici, c’est encore le cas avec le dernier opus de Wang Chao qui arrive cette semaine sur les écrans français.

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Les thèmes du film; la maladie, la crise sociale ou encore les tourments de l’enfance face aux malheurs de la vie… Bon, cher lecteur, ça te tente toujours..? Si je dis que c’est Wang Chao qui est aux commandes, cela doit alors aviver ta curiosité tant l’ancien assistant de Chen Kaige a pu séduire par le passé, que ce soit avec « L’Orphelin D’Anyang »  qui le révéla et plus encore avec le superbe « Voiture de Luxe » dont on retrouve quelques réminiscences dans ce « Fantasia », ce qui n’a rien d’étonnant en soi car le réalisateur déclare avoir ce film dans ses tiroirs depuis 2003. 

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Nous sommes dans une ville industrielle recouverte par un permanent smog de pollution, quelle ville ? Nous n’en savons rien, j’ai lu quelque part que ce pourrait être Wuhan, possible après tout… Une famille recomposée , un père ouvrier, une mère vendeuse de journaux, une fille née d’un premier mariage, un fils enfant légitime du couple. Une existence fort banale en somme mais  qui va être mise à mal lorsque l’on diagnostique au père de famille une leucémie à l’état avancée. Mais la Chine, en matière de prise en charge médicale n’est pas la France, et l’employeur du malade, crise économique oblige, ne peut que partiellement couvrir les très onéreux soins nécessaires. La famille va alors se scinder, tout en restant paradoxalement entièrement dirigée vers le soulagement de la souffrance du père et la quête d’argent…

La mère de famille, tout en enchaînant les boulots, s’efforce de récolter des fonds, que ce soit auprès de ses parents, d’un ex ou d’une tante. Xiao Qin, la fille se fait embaucher dans un bar de nuit à l’insu de sa famille. Quant au garçon, Xiao Lin, s’il déserte l’école et s’il parvient à récolter également quelques deniers, il va inconsciemment chercher à s’extirper de cet univers de souffrance où outre la maladie du père, il est moqué par ses camarades d’école. Il se réfugie alors au bord du fleuve, s’inventant un monde rêvé, un monde de fantaisie, subjugué par une fille de son âge, à l’histoire elle aussi bancale. 

De ce drame humain, Wang Chao tire pourtant un film tout sauf larmoyant. Il fait flotter une poésie ambiante au dessus de la tête de ces destins marqués par la vie. Vision d’une Chine dont les habitants ne viendront jamais arpenter les magasins de luxe parisiens. Une Chine urbaine où le moindre  geste affectif ( le professeur de Xiao Lin envers la mère) apporte une bouffée d’oxygène dans un cadre où la pollution n’est pas toujours que industrielle. Malgré le thème douloureux du film, le réalisateur laisse néanmoins apparaître quelques lueurs d’espoir, à travers le monde parallèle du garçon alors que la fille elle semble être sacrifiée à l’autel du pouvoir des nouveaux riches. Un film rempli de contraste mais fort poignant et auquel  une bande-sonore parfaite apporte sa dose d’onirisme mélancolique. Allez, une nouvelle fois, vous ne ferez pas travailler vos zygomatiques à la vue de ce film chinois. Mais Wang Chao a suffisamment de cordes sensibles à son arc pour vous faire aimer cette histoire tellement simple qu’elle nous ramène au vécu de beaucoup…

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5 ème Edition Du Festival Du Cinéma Chinois En France (2)

Posté par faguoren le 1 juin 2015

Les projections parisiennes du festival touchant à leur fin, MPAC  revient dessus en choisissant de revenir sur trois films qui nous ont particulièrement marqué. Trois long-métrages tous fort différents mais qui mériteraient de vivre une seconde vie dans nos salles par le biais du circuit officiel. Souhaitons que cette chance leur soit donnée! 

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Somewhere Only We Know  有一个地方只有我们知道

On débute avec « Somewhere Only We Know » de la réalisatrice/actrice , et énorme star en Chine,  Xu Jinglei qui interprète également l’un des deux rôles féminin du film. Originalité de ce film, tournée par une réalisatrice chinois avec des acteurs chinois, l’action se déroule à Prague, ville romantique par excellence. Car c’est bien d’une comédie romantique dont il s’agit ici, un genre bien galvaudé dans le cinéma chinois actuel qui faisait craindre le pire, d’autant qu’il était sorti en Chine à l’occasion de la St Valentin, ce qui ne laissait rien présager de bons. Heureuse surprise, la romance s’accompagne d’une jolie allégorie sur la recherche de la vérité familiale. Jin Tian est une jeune femme de son époque, le coeur brisé par une séparation, elle décide de partir pour Prague où naguère sa grand-mère vécut. Trouvant une vieille lettre de sa grand-mère au contenu fort mystérieux, elle va se lancer sur ce passé d’après-guerre dans lequel elle va s’immiscer dans ce qui fut l’amour de la vie de sa grand-mère. Conjointement elle va nouer une relation avec un jeune père célibataire chinois qui l’aidera dans son enquête.

L’idéé de mêler conjointement deux histoires presque similaires à soixante années d’intervalle est l’indéniable point fort de ce très joli film parfaitement scénarisé, vraiment une belle réussite! 

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Brotherhood Of Blades 绣春刀

 Second film à l’honneur, Brotherhood Of Blades » de Lu Yang qui va réconcilier le spectateur avec le genre « wuxia pian » ( film de sabre genre Tigre et Dragon pour schématiser). A l’heure du 3D et des effets spéciaux à tout va, le réalisateur réussit à nous pondre un film à la fois spectaculaire et haletant sans user outre-mesure d’effets superflus. L’intrigue est également parfaite, nous plongeant en 1627 sous la dynastie Ming où trois membres des forces secrètes sont chargés d’éliminer Wei, puissant chef des eunuques de la cour, en fuite depuis qu’un nouvel empereur s’est emparé du pouvoir. Les combats et complots se succèdent magistralement dans une aventure épique, superbement filmé et aux décors et costumes somptueux. Voilà qui va à coup sur réconcilier avec un genre pas toujours aisé à renouveler. Nul doute qu’il pourrait avoir un beau succès par ici! 

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Le Ferry 

Le dernier opus retenu par MPAC est fort différent, ce qui soit dit en passant dénote la diversité de la programmation du festival. Réalisé par Shi Wei, plutôt habituellement coutumier de téléfilms à tendance guerrière, « Le Ferry » fut sans contestation possible l’oeuvre la plus onirique de ce festival. Inspiré d’une histoire vraie, il nous emmène dans le quotidien monotone et méditatif de Tian Huai’en  qui depuis toujours, et comme le faisait ses ancêtres, fait traverser gratuitement les habitants d’un village d’une rive à l’autre de la rivière. Vieillissant et vivant de la façon la plus frugale qui soit, il voit revenir pour quelques jours son fils parti travailler à la ville, un fils qui a bien du mal à comprendre les desseins du père. Mais plutôt qu’un conflit générationnelle, le fils va peu à peu se poser la question si lui aussi, il ne devra pas prendre la relève familiale lorsque le père ne pourra plus exercer ce travail. Filmé dans de magnifiques paysages montagneux de la province du Hubei, « Le Ferry » est un magnifique film sur le temps qui passe, au delà de l’évolution de la société, une oeuvre bercée par les traditions et la piété filiale qui espérons le pourra être vu par le plus grand nombre!

Voilà, le festival continue ses projections en province. Si un lecteur ou un lectrice désire nous en donner l’écho, nous lirons ses impressions avec grand intérêt. Et rendez-vous en mai 2016 pour la prochaine édition!

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5 ème Edition Du Festival De Cinéma Chinois En France

Posté par faguoren le 10 mai 2015

Cinq ans déjà que ce festival nous donne rendez-vous au joli mois de mai! Concurrent non avoué du festival automnal de Paris, il a désormais pris le statut d’incontournable dans le microcosme des événements festifs et culturels liés à la Chine. Axant sa programmation sur des films récents, voire même très récents, il offre surtout au public non parisien la possibilité d’assister à ces projections. Certes, Paris se taille la part du lion, mais comme chaque année le festival se déplacera ensuite à Strasbourg, Lyon, Cannes, Marseille, Biarritz et même jusqu’à l’île de la Réunion! 

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Retrouvez toutes les informations sur le festival en cliquant sur l’image ci-dessus.

Et présentation des films sélectionnés ci-dessous.

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Il ne nous reste donc plus qu’à nous rendre dans les salles, bons films à toutes et tous! 

MPAC reviendra évidemment sur le festival très rapidement.

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Voyage En Chine

Posté par faguoren le 29 mars 2015

Décidément, les connections cinématographiques  franco-chinoises semblent au beau fixe. Nous avions eu il y a un an le fort joli « Le Promeneur D’oiseau » de Philippe Muyl, il y eu auparavant un (assez mauvais) film de Lou Ye réalisé en France et voici qu’arrive désormais « Voyage En Chine » de Zoltan Mayer dont il s’agit du premier long-métrage. Certes, peu de points communs entre les deux projets, mais ces contributions ne peuvent que faire connaître par chez nous toutes les facettes d’un pays trop souvent méconnu voire incompris. 

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Liliane (Yolande Moreau), infirmière proche de la retraite mène une vie morne auprès de son mari et loin de son fils, exilé depuis longtemps en Chine où il travaille comme photographe et dont elle a peu de nouvelles. C’est alors que Liliane est avertie de la mort accidentelle de son fils. Devant l’usine à gaz administrative pour faire rapatrier le corps de son fils, Liliane décide de se rendre, seule, en Chine afin de ramener le corps de son garçon en France. Dans cet inconnu chinois dans lequel elle se lance, éplorée par la peine, Liliane va au fil de son périple, peu à peu parvenir à accepter l’inacceptable , malgré la douleur latente. Via Shanghai, elle se rend dans le Sichuan, à Chengdu puis dans la campagne sichuanaise. Elle va découvrir, non seulement un pays mais aussi une culture, un peuple…. La quête vers le quotidien d’un fils qu’elle ignore va se transformer en parcours initiatique sur lequel viennent se greffer rencontres et amis (es) du défunt. 

Mené par une actrice principale impeccable, ce film pudique au rythme fort lent emporte l’adhésion grâce sa photographie parfaite et ses plans toujours inspirés. Il faut dire que les décors naturels et les paysages s’y prêtent à merveille. Celles et ceux qui connaissent le Sichuan me comprendront! Hormis Yolande Moreau, les acteurs sont convaincants malgré un sérieux bémol concernant Qu Jing Jing qui joue le rôle de la petite amie du fils décédé et qui semble bien peu à l’aise dans son interprétation.  Un film finalement empreint de simplicité et où le spirituel apporte une touche poétique au récit. Le périple de l’héroïne en devient alors une source d’espoir, une thérapie existentielle face à la mort tragique de son enfant. Une oeuvre qui peut-être paraîtra lassante pour qui déplorera la langueur du déroulé mais pour les autres, ce voyage à travers une vraie Chine se révélera un bien beau moment de cinéma authentique.

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