Beijing Stories

Posté par faguoren le 6 janvier 2016

Après le Jia Zhang Ke  puis le « Shanghai Belleville », les sorties de films chinois se succèdent , on va faire  » péter  » la carte UGC et on ne va certainement pas s’en plaindre. Arrive donc « Beijing Stories » signé par Song Pengfei, un jeune réalisateur de 33 ans dont c’est ici le premier long-métrage mais qui travailla auprès du réalisateur taïwanais Tsai Ming Liang. Poésie urbaine et désenchantée, le film brosse  le portrait de trois existences sorties de la fourmilière de 23 millions d’âmes de la capitale chinoise. 

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Le réalisateur a choisi de privilégier la personnalité de ces trois personnages embourbés dans les méandres d’un quotidien morne plutôt que se focaliser sur un scénario léché et haletant. Et c’est ce qui fait le charme et la force de ce vrai film d’auteur underground dans tous les sens du terme. En effet, deux des personnages logent et sont voisins dans des appartements en sous-sol dignes des plus sordides des catacombes et à mille lieux de la folie immobilière qui embrase la ville de Pékin.

Il y a tout d’abord Yong qui au volant de sa vieille camionnette tente de gagner sa pitance en récupérant de vieux meubles principalement délaissés par des habitants contraints de quitter leur habitation pour laisser place aux promoteurs immobiliers. Sa voisine, Xiao Yun est danseuse dans un minable bar de nuit, emploi qu’elle essaye désespérément de quitter pour une meilleure situation. A la suite d’un accident, Yong va temporairement devenir aveugle, ce qui va amener les deux voisins à faire connaissance.

Jin, lui, possède sa maison d’où les méchants et impitoyables promoteurs tentent de le déloger, lui et sa femme. Mais le gars est coriace et est décidé à tirer le meilleur prix de cette transaction.

Sur fond de’urbanisation effrénée, le film alterne séquences en surface et prises en sous-sol, un monde méconnu dont les origines remontent à la fin des années 60 lorsque , de peur d’une attaque nucléaire, le président Mao fit construire ces sortes de refuges/abris/logements où vit encore une population principalement composée des travailleurs migrants venus des provinces du pays. Le film de Song Pengfei m’a parfois rappelé « 24 City » de Jia Zhang Ke mais qui ne laisserait pas la place à la réalisation des rêves. Un film sombre, parfois contemplatif où les anti-héros tiennent le haut du pavé. J’ai en tête une phrase extraite d’une chanson de HF Thiéfaine qui me semble bien décrire le climat du film; « Nous étions les danseurs d’un monde à l’agonie, en même temps que fantômes conscients d’être mort-nés… »; Mélancolique et touchant…

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