Voyage En Chine

Posté par faguoren le 29 mars 2015

Décidément, les connections cinématographiques  franco-chinoises semblent au beau fixe. Nous avions eu il y a un an le fort joli « Le Promeneur D’oiseau » de Philippe Muyl, il y eu auparavant un (assez mauvais) film de Lou Ye réalisé en France et voici qu’arrive désormais « Voyage En Chine » de Zoltan Mayer dont il s’agit du premier long-métrage. Certes, peu de points communs entre les deux projets, mais ces contributions ne peuvent que faire connaître par chez nous toutes les facettes d’un pays trop souvent méconnu voire incompris. 

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Liliane (Yolande Moreau), infirmière proche de la retraite mène une vie morne auprès de son mari et loin de son fils, exilé depuis longtemps en Chine où il travaille comme photographe et dont elle a peu de nouvelles. C’est alors que Liliane est avertie de la mort accidentelle de son fils. Devant l’usine à gaz administrative pour faire rapatrier le corps de son fils, Liliane décide de se rendre, seule, en Chine afin de ramener le corps de son garçon en France. Dans cet inconnu chinois dans lequel elle se lance, éplorée par la peine, Liliane va au fil de son périple, peu à peu parvenir à accepter l’inacceptable , malgré la douleur latente. Via Shanghai, elle se rend dans le Sichuan, à Chengdu puis dans la campagne sichuanaise. Elle va découvrir, non seulement un pays mais aussi une culture, un peuple…. La quête vers le quotidien d’un fils qu’elle ignore va se transformer en parcours initiatique sur lequel viennent se greffer rencontres et amis (es) du défunt. 

Mené par une actrice principale impeccable, ce film pudique au rythme fort lent emporte l’adhésion grâce sa photographie parfaite et ses plans toujours inspirés. Il faut dire que les décors naturels et les paysages s’y prêtent à merveille. Celles et ceux qui connaissent le Sichuan me comprendront! Hormis Yolande Moreau, les acteurs sont convaincants malgré un sérieux bémol concernant Qu Jing Jing qui joue le rôle de la petite amie du fils décédé et qui semble bien peu à l’aise dans son interprétation.  Un film finalement empreint de simplicité et où le spirituel apporte une touche poétique au récit. Le périple de l’héroïne en devient alors une source d’espoir, une thérapie existentielle face à la mort tragique de son enfant. Une oeuvre qui peut-être paraîtra lassante pour qui déplorera la langueur du déroulé mais pour les autres, ce voyage à travers une vraie Chine se révélera un bien beau moment de cinéma authentique.

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Zhou Youguang, l’inventeur du pinyin.

Posté par faguoren le 10 mars 2015

Récemment, un homme a fêté ses 109 ans. Son nom ne vous dira peut-être pas grand-chose, il a pourtant révolutionné l’apprentissage du chinois en créant dans les années 50 le Pinyin; système de transcription des caractères chinois utilisant l’alphabet latin. Le Pinyin utilise les 26 lettres de l’alphabet. Ainsi, un mot en Pinyin est composé de voyelles et de consonnes, on y ajoute un ton servant d’indicateur à la prononciation.

Zhou Youguang 周有光, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est né le 13 janvier 1906 à Changsha dans la province du Jiangsu. Je vous propose donc de faire mieux connaissance avec un homme dont , si vous étudiez la langue chinoise, vous êtes forcément redevables! 

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Zhou Youguang

Surnommé « Le grand vétéran des quatre dynasties », Zhou Youguang aura en effet traversé les quatre grandes périodes de la Chine du XXème siècle. Né sous le règne de l’empereur Guangxu de la dynastie Qing dont il connaîtra la fin, il vécut ensuite du temps des Seigneurs de guerre, puis de la République de Chine et depuis 1949 sous la République Populaire de Chine. Ce n’est qu’à la cinquantaine que Zhou Youguang travaillera sur la langue chinoise. Son parcours antérieur n’en est pas pour autant dénué d’intérêt. A l’âge de 10 ans, sa famille déménage à Suzhou, il commence à étudier l’anglais qu’il maîtrisera parfaitement à la sortie du collège. Après un diplôme d’économie obtenu à la St John University à Shanghai , il part finir ses études au Japon avant de trouver un emploi dans la finance aux Etats-Unis. Il y rencontrera Albert Einstein en 1947 avec qui il aura la « chance »( dixit Zhou Youguang) de discuter en deux occasions. Une phrase du grand physicien lui resta particulièrement en mémoire: « Lorsque la vie d’un homme a duré une soixantaine d’années et que ce dernier y a consacré 13 ans au travail, 17 aux loisirs et le reste à manger et à dormir, comment réussir cette vie? Cela dépend de la façon dont il met à profit le temps qu’il lui reste! »

Contrairement à ce que nous pourrions penser, le Pinyin ( qui signifie littéralement « épeler les sons ») a d’abord été créé pour les chinois et non pas pour les étrangers. A cause du nombre important de minorités nationales et de dialectes en Chine, il s’avéra nécessaire de nommer une langue officielle et unitaire, ce sera le mandarin. 

Zhou Youguang rentre en Chine en 1949. Dès 1952 il commence une étude sur la romanisation des caractères chinois.

En octobre 1955, Zhou Youguang est envoyé , sur proposition de l’université Fudan de Shanghai, à Pékin pour prendre part à un grand colloque consacré à la modernisation de l’écriture chinoise. Cette nomination fut pour Zhou Youguang assez surprenante car, ne s’était surtout consacré à l’étude des langues que pour son usage personnel; une sorte de hobby en quelque sorte. Il déclara d’ailleurs « Lorsque j’en avais assez de mes lectures principales, je retrouvais dans les ouvrages linguistiques un certain entrain. »  Il va néanmoins se lancer sans réserves dans le projet qui lui est attribué et qui aboutira à la création de ce fameux Pinyin. Le projet fut validé en février 1958 lors de la seconde séance de la Grande Assemblée Nationale. La même année, l’apprentissage du Pinyin devînt obligatoire dans le cycle du primaire. Néanmoins, il faudra attendre la fin des années 70 pour que l’Organisation Mondiale de Normalisation choisisse le système Pinyin comme transcription officielle du chinois. « C’était la première fois qu’une norme nationale devînt mondiale, il devenait nécessaire que des échanges entre cultures chinoises et étrangères s’établissent » disait Zhou Youguang.

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Zhou Youguang.

Interné deux années durant la révolution culturelle, Zhou Youguang quitta après les événements de Tiananmen de 1989 la Conférence consultative politique du parti communiste chinois. Il demeure de nos jours et en dépit de ses bientôt 110 ans un intellectuel lucide qui en cette décennie encore publie des ouvrages de réflexions à l’heure de la mondialisation . Concernant la langue chinoise et l’engouement que suscite son apprentissage, Zhou Youguang estime que son développement peut perdurer mais il pense que l’option de faire du chinois une langue internationale est fort improbable. 

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