Chien Et Chat
Posté par faguoren le 22 décembre 2013
A quelques jours de Noël, un joli conte chinois, extrait de l’ouvrage « Contes de Chine » de Bertrand Solet aux éditions Milan.
Chien et Chat
Non loin d’une rivière, dans une pauvre maisonnette, vivait un couple de paysans avec leur chien et leur chat. Les paysans se faisaient vieux, les racines et les légumes poussaient mal dans leur jardin, les vers rongeaient les fruits de leurs arbres, leurs deux poules ne pondaient presque plus….
Un jour, le vieux paysan revenait du village lorsqu’il vit par terre un objet brillant. Il le ramassa. Il s’agissait d’une bague sans valeur, un simple bout de ferraille…
Qu’importe ! Le paysan la mit dans sa poche, puis en rentrant chez lui, sur une étagère à côté du miroir et de la théière.
Mais voilà que soudain la vie changea pour le vieux et la vieille: les poules se mirent à pondre avec abondance , les légumes et les fruits du jardin poussèrent comme jamais, à peine cueillis sur les branches, ils repoussaient déjà nombreux et vigoureux. Mieux, leurs vêtements usés redevenaient neufs, trous et reprises disparus.
Il fallut se rendre à l’évidence, la bague était tout simplement magique ! Le paysan la rangea avec soin dans une belle boite en bois. Le vieux et la vieille avaient maintenant de quoi manger en abondance, si bien que la femme allait vendre des produits au marché, gagna de l’argent, put acheter des douceurs, une vaisselle plus jolie, un miroir plus grand.
Cela dura quelques temps, jusqu’au jour ou un voleur passa dans la maison, profitant de l’absence de ses occupants partis en promenade, suivis par leur chien et leur chat.
Quand les paysans revinrent chez eux, ils levèrent les bras au ciel en constatant qu’il leur manquait bien des choses, et surtout la belle boite contenant la bague: disparue, envolée !
Ce qui devait arriver arriva alors: les poules ne pondirent plus, les vers reprirent leur place dans les quelques fruits des arbres, racines et légumes se ratatinèrent. Même les habits retrouvèrent leurs trous…
Alors le chien dit au chat:
- Nous devons retrouver la bague, viens avec moi. Le chat n’avait pas envie, mais il finit par se laisser convaincre. Le chien renifla le sol avec soin; malgré le temps passé, il retrouva l’odeur du voleur et se mit à suivre sa piste, le chat sur ses talons.
Ils arrivèrent au bord de la rivière. « Il faut passer de l’autre côté » dit le chien. « Ah non s’exclama le chat, je ne veux pas me mouiller, j’ai horreur de l’eau! »
Après discussion, le chat accepta de grimper sur le dos de son compagnon, et tous deux traversèrent ainsi, l’un nageant, l’autre se plaignant d’être arrosé par quelques gouttelettes.
Le chien retrouva la piste qui conduisait jusqu’à une maison isolée à l’écart du village. « Va voir à l’intérieur, dit-il à son compagnon, tu es plus leste que moi ».
« Pas d’accord, répondit le chat. Si quelqu’un me voit, c’est moi qui trinque ». Le chien dut trouver lui-même un passage dans le mur d’enceinte pour arriver jusqu’à une cour, puis grimper , non sans mal, sur le rebord d’une fenêtre ouverte. La maison était déserte et, bonheur, la boite se trouvait posée sur une table à l’intérieur.
Le chien aboya, le chat le rejoignit avec facilité en quelques bonds. Tous deux sautèrent dans la pièce.
-Le mieux, dit le chien , est de remporter seulement la bague. En sautant, il fit tomber la boite, du meuble jusqu’à terre.
- Aide moi à l’ouvrir.
- Tu plaisantes, je vais abîmer mes griffes…
Le chien dut se débrouiller seul; il s’y usa les dents mais réussit à l’ouvrir. La bague s’y trouvait bien ; le chat l’attrapa, et les deux compères repartirent comme ils étaient venus , bien content du résultat de leur expédition.
Comme à l’aller, le chat traversa la rivière sur le dos du chien; il le fit ensuite passer par un prétendu raccourci où le chien se crotta les pattes jusqu’au museau, alors que le chat évitait les obstacles avec agilité. Lorsqu’ils furent à une courte distance de la maison de leurs maîtres, le chat s’élança comme une flèche.
-Hé, attends moi ! cria le chien, je suis fatigué et je n’arrive pas à te suivre.
Le chat ne l’entendit même pas. Il arriva bientôt chez les paysans, passa la porte et sauta sur les genoux de la vieille, tristement assis sur le banc. La paysanne le regarda et s’exclama:
-Viens voir, mon mari! Le chat vient de rapporter la bague magique! Le vieux accourut; tous deux , emplis de joie, se mirent à caresser la bête, à la couvrir de baisers…
Mais voilà que le chien arriva à son tour. Tout heureux, lui aussi, il se précipita, se frotta contre sa maîtresse. Celle-ci réagit, le repoussa:
-Tu es tout mouillé, tout crotté, tu vas tout salir. Va t’en!
Le chat miaula, se blottit contre sa maîtresse.
-Tu vois, tu dégoûtes même le chat. Va dehors, je te dis, je ne veux plus te voir!
Le chien obéit, rempli de colère. C’est lui qui avait fait l’essentiel de la besogne pour retrouver la bague, et c’est le chat qui en tirait tout le bénéfice! Quelle injustice!
Il paraît que depuis ce temps là, en Chine, que les chiens ont envie de mordre les chats dès qu’ils les aperçoivent, et que les chats évitent soigneusement les chiens.
Mon Petit Ailleurs Chinois vous souhaite un joyeux Noël!!
Mon Petit Ailleurs Chinois 祝你们 圣诞节快乐!!!
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