Wu Wei Du 2 au 13 Juillet 2013

Posté par faguoren le 27 juin 2013

Dans la multitude de spectacles que nous propose la capitale, l’inédit, le surprenant, l’interloquant, qui invite au rêve et qui l’instant d’une soirée rend la vie plus attractive et plus belle le temps d’une soirée n’est pas si fréquent. Sans pour autant se sentir blasé, on a parfois malgré tout que tout a été dit, tout a été fait… Et pourtant, les surprises existent encore. L »âme et le coeur ne demandent qu’à s’émerveiller à la rencontre de sons et de visuels aux contours enchanteurs! Et quand en plus le monde chinois vient se méler à tout ça, cela donne:

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Danse ou cirque ou les deux à la fois, la troupe de Yoan Bourgeois et de Marie Fonte, fascinée par l’opéra de Pékin a décidé de s’allier à des artistes de l’école d’art de la ville de Dalian (Liaoning). Egalement associée au musicien Jean-Christophe Frisch, la troupe a créé une fresque sur la Chine contemporaine mélangée aux « Quatres Saisons » de Vivaldi!

C’est cet étonnant mélange que vous pourrez venir applaudir à La Grande Halle de La Villette du 2 au 13 juillet à venir. Un spectacle qui devrait subjuguer tout amateur de sensations poètiques et lyriques, fort probablement en dehors des sentiers battus en tous cas, si l’on se fie à la présentation qui en est faite.

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Le spectacle, d’une durée de 1h10, sera présenté du mardi au dimanche à 20h30 hormis le jeudi à 19h30.

Une belle manière de rentrer de plein pied dans l’été à Paris, non?

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Interview de Yoann Bourgeois où vous apprendrez, entre autre, la signification de Wu Wei.

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La Chine En Folie

Posté par faguoren le 23 juin 2013

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De la Chine du XXième, il existe pléthore d’ouvrages se référant à la montée en puissance du Kuomintang et/ou du PCC. On en trouve tout autant sur la guerre sino-japonaise, les années maoistes, la révolution culturelle, les réformes, Tian An Men, l’essor économique…..etc etc. Mais il est beaucoup plus rare de trouver à lire sur la période située entre la fin de l’empire et l’arrivée du parti nationaliste. Cette période à la fois transitoire et surtout chaotique où la Chine est sous le joug des seigneurs de la guerre, plus qu’aux mains de fantômatiques ersatz de gouvernements. Dans un ouvrage qui n’en manque pas, l’un des moments les plus drôle du livre est quand l’auteur tente de savoir qui dirige la Chine, s’agit-il d’un président ou d’un empereur? Et que personne ne semble capable de lui répondre, ce qui en dit long sur l’état du pays en cette année 1922. Et pourtant, l’homme qui pose cette question est tout sauf n’importe qui!

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Albert Londres

Journaliste, aventurier, grand reporter….Albert Londres était un peu de tout cela, mais il fut surtout un témoin extraordinaire des vicissitudes du monde en ce premiers tiers du XXième siècle. De par ses nombreux écrits, il relata avec ferveur et passion mais aussi avec beaucoup d’humour ses pérégrinations au quatre coins du globe. Né en 1884, il a donc presque 40 ans lorsqu’il débarque pour la première fois en Asie (Chine, Japon) . Ce sera le début de sa grande notoriété qui ne cessera qu’en 1932 lors de sa mort au retour d’un ultime voyage en Chine, on y reviendra…

Ainsi donc, quand Albert Londres débarque en Chine en ce mois de février 1922, il découvre un pays coupé en deux, partagé entre nord et sud. Au nord, c’est à Moukden (aujourd’hui Shenyang) que régne le terrible Tsang Tso Lin, seigneur de la guerre impitoyable qui a la réputation de faire sauter les têtes comme d’autres décapsulent une cannette! Le sud est en théorie dirigé par Sun Yat Sen, mais il n’est en réalité maitre que de deux provinces sur les cinq lui incombant. Ajoutons qu’au centre du pays, l’ambitieux général Wou Pe Fou (soutenu par les américains) aimerait bien exterminer Tsang Tso Lin (soutenu par les japonais), et lorsque Albert Londres débarque, le conflit est latent.

En train, à pied, ou en rickshaw, de la Mandchourie à Pékin et jusqu’à Shanghai, Albert Londres nous narre son premier périple chinois, erratique et sans cesse surprenant. De sa rencontre avec le terrible Tsang Tso Lin jusqu’aux discussions avec des dirigeants sans pouvoir ou avec de simples gens de la rue, Albert Londres nous fait vivre de truculentes anecdotes. Assisté par un traducteur impayable de drôlerie, il nous entraine dans une Chine anarchique et semblant laissée à elle-même. Cela permet aussi de mieux comprendre ce qui allait arriver un peu plus tard, même si de longs et terribles combats seraient menés…Quoi qu’il en soit, ces instantanés de 1922 se dévorent à la chaine, ils peuvent même être une belle introduction à toute l’oeuvre de Albert Londres qui, si elle nous mène au bout du monde, sait aussi décrypter les Tour de France de ces années là!!

En 1932, Albert Londres sera de nouveau en Chine, il réussit à mettre la main sur des preuves irréfutables de corruption des autorités françaises à Shanghai, ainsi que de ses liens étroits avec la mafia locale menée par son mentor Du Yuesheng (essayez de voir, si vous le ne connaissez pas, le superbe documentaire « Shanghai Les années folles » inspiré par les écrits de Albert Londres). Quand il embarque sur le « George Philippar » qui doit le ramener en France, Albert Londres posséde dans ses malles des documents brûlants qui ne manqueront pas de compromettre les autorités sisses à Shanghai. Hélas, le paquebot n’arrivera jamais à destination, un incendie probablement criminel l’enverra au fin fond de l’océan. Les révélations sensationnelles de Albert Londres seront à jamais perdues…..

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People Mountain People Sea

Posté par faguoren le 22 juin 2013

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Est sorti cette semaine sur nos écrans « People Mountain People Sea » de Cai Shangjun, dont le titre est la traduction littérale du titre chinois « Ren Shan Ren Hai », en fait un chengyu signifiant « une foule de gens ». Il s’agit du second long-métrage (mais le première à paraître en France) de ce réalisateur pékinois né en 1967, ancien diplomé de l’Académie centrale des arts dramatiques de Pékin et qui fut également scénariste auprès de Zhang Yang (« Shower » entre autres…)

Vaguement inspiré d’un fait divers réel, le film de Cai Shangjun emmène le spectateur dans une vision lugubre de la Chine d’aujourd’hui. Un monde qui semble sans espoir, où régnent solitude, vide et silence…Autant dire d’emblée qu’il ne s’agit pas d’un aimable divertissement. Comme le dit lui-même Cai Shangjun, « PMPS va à l’os, je voulais que le film ressemble à un os qu’on a cassé et qui fait des arêtes extrémement acérées ».

Dans une carrière du Guizhou, un homme est assasiné par un repris de justice tout juste sorti de prison, dans le seul but de lui voler sa moto. Le frère de la victime, Lao Tie, décide alors de partir à la recherche du meurtrier. Lao Tie vient tout juste d’être licencié après avoir provoqué un accident ayant paralysé un homme. Il doit en outre payer une lourde somme à la famille de la victime. Une récompense étant promise à qui retrouvera l’assasin de son frère, Lao Tie part donc à la recherche du meutrier, autant par l’appât du gain que pour mettre la main sur le tueur. Une piste inexplorée par une police laxiste le conduit à Chongqing. Dans l’immense mégapole embrumée, il y retrouve un ami, drogué notoire, ainsi que son ex petite amie dont il semble être père de l’enfant..De retour au village, la police toujours aussi peu active lui fait néanmoins part que le meurtrier aurait été vu dans une mine illégale du nord du pays. Lao Tie prend donc la direction du nord…

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Pas réellement road-movie , encore moins « western sidérant » comme le suggère l’affiche française du film, « People Mountain People Sea » est une oeuvre d’une noirceur abyssale. L’odyssée de Lao Tie apparait vite comme la traversée solitaire et déshumanisée d’une Chine apocalyptique. De la blancheur étincelante mais nimbée d’austérité des carrières du Guizhou, on découvre ensuite une Chongqing des taudis, des malfrats, de la corruption et de la plus profonde misère, très loin de l’image de modernité et d’énergie que véhicule la ville. Mais que dire des mines où a été tourné quasiment toute la seconde partie du film? Souvenez vous du terrible film de Li Yang « Blind Shaft » en 2003. Dix ans après, rien ne semble avoir changé, telle l’image évidente d’une Chine qui ne connaitra jamais rien du boum économique. C’est dans cette Chine que se rend Lao Tie dans la quête de retrouver l’assasin de son frère. Le blanc des carrières du Guizhou a laissé place aux plus profonds ténèbres. Lao Tie, homme brisé, taciturne et laissé-pour-compte va se fondre dans cet univers diabolique et terrifiant, laissant le spectateur sur un final énigmatique, à l’image de ce film qu’il est bien difficile de juger de prime abord. Juger un film de cet accabit est sans fondement, il faut juste le voir (l’aimer ou pas est secondaire) comme la vision d’un réalisateur désireux de se focaliser sur les travers récurrents de son vaste pays. « People Mountain People Sea » vaut le détour et à défaut de se laisser aisément apprivoiser, il suscite un intérêt porté par les affres désastreuses d’un XXIème siècle qui refuse obstinément d’accréditer nos rêves d’enfant. Cela fait quelque part froid dans le dos….

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Restaurant Nanchang

Posté par faguoren le 17 juin 2013

C’est la crise parait-il…Pas évident d’investir dans un voyage en Chine! Aimeriez vous vous rendre dans l’empire du milieu sans casser vos économies tout en économisant les frais de visa ainsi que de longues heures d’avion? Bref, et si c’est la Chine qui venait vous, sans quitter Paris ? La solution se trouve rue de Charonne dans le XIème arrondissement!

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Situé en plein coeur de l’Est parisien, ce petit restaurant aux allures de cantines ( mouchoirs en papier en guise de serviette, mobilier semblant tout droit sorti d’un réfectoire d’entreprise…..) vaut assurément le détour! Il est en tous cas savoureusement typique. Pas de cartes, juste une feuille polycopiée avec des cases à cocher en face des plats désirés. Un décor stylé années 70/80 où l’on trouve pêle-mêle des affiches de propagande chinoise, des portraits allant de l’incontournable Mao à …..Zhou En Lai!! Fallait oser non? Et puisque nous sommes en Chine, on va invite à coller au plafond un post-it où vous inscrirez votre voeux le plus cher, trop mignon!

Quant aux plats, vous y dégusterez les meilleures spécialités de la province du Jiangxi dont la capitale se nomme….Nanchang! Il y a tout d’abord un choix important de brochettes, telles les fameuses « Yang Rou Chuan » (agneau) ou de succulents brochettes de calamar. Attention cependant à la quantité de piments: à négocier à la commande. Vous apprécierez ensuite une multitude de soupes, légumes sans oublier des mets parfaitement étrangers à nos palais occidentaux; un pénis de boeuf, ça vous dit…? Hé oui, j’en parlais en préambule, nous sommes en Chine!! Il faudra bien y aller puis y revenir afin de découvrir tout ce que cette étonnante enseigne vous propose. Et quand je vous aurai préciser que les prix sont plus que corrects, il ne vous reste plus qu’à prendre la direction du 143 rue de Charonne 75011 Paris. métro: Alexandre-Dumas, Charonne ou Philippe-Auguste.Le restaurant ouvre chaque soir à partir de 18h00.

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