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Festival Du Cinéma Chinois De Paris: Du 19 Septembre au 4 Octobre 2012 (4)

Posté par faguoren le 26 septembre 2012

Festival Du Cinéma Chinois De Paris: Du 19 Septembre au 4 Octobre 2012 (4)  dans Films parad-209x300

Deux films à mon programme en ce début de semaine. Le chemin de « La Pagode » m’est devenu un itinéraire quotidien, on s’habitue très vite à ces doux plaisirs! Ce lundi est en grande partie dédié à la rétro consacrée à Wang Xiaoshuai, cinéaste phare de ce début de XXIème siècle et de ce qu’on nomme parfois « la 6ème génération »et dont le dernier opus, 11 Fleurs, était sorti sur nos écrans en avril dernier. Ce qui ne l’empêche pas d’être reprogrammé dans le cadre du festival.

La séance qui m’intéresse propose « So Close To Paradise » qui, je le croyais, était le seul film de Wang Xiaoshuai que je ne connaissais pas. Lors de la projection, je me rendrais vite compte que je l’avais déjà vu….Où? quand ? Je ne m’en souviens absolument pas. Peu importe, il m’a été fort agréable de rappeler à ma mémoire les ténébreux personnages de ce fut, il me semble, le premier film de l’auteur à être distribué correctement. C’était en 1999, alors que le film fut tourné en 1995. Il fut soumis entre temps aux lourds examens des comissions de censure chinoise….

Ténébreux, disais je…Car oui, il s’agit d’un film terriblement noir, une sorte de polar obscur où les réglements de compte tiennent lieu de raison de vivre. Le seul regard parfaitement humain du film est un personnage naïf, voire simplet….Le film est tourné avec une caméra porté à l’épaule, cela contribue à nous rendre plus proches, presque intimes de ces êtres rongés par la vengeance…

Gao Ping et son jeune frère Dong Zi ont quitté leur campagne natale et ont atterri dans la grande ville de Wuhan. Si Dong Zi, gentil garçon un peu simplet, travaille sur le port, son frère ainé est devenu un petit escroc sans grand talent. Il se fait ainsi arnaqué par l’un des cracks de la mafia locale. Pour se venger, il décide de kidnapper, avec l’aide de son jeune frère, la maitresse du caïd, Ruan Hong, chanteuse/entraineuse dans un night-club local. Si le but de Gao Ping est de mettre la main sur celui qui l’a dupé. Malgré le viol qu’il lui fait subir, des sentiments amoureux vont peu à peu naitre entre Ruan Hong et son kidnappeur, sous l’oeil de Dong Zi qui lui aussi à sa façon, va s’attacher à la jeune chanteuse. Mais l’obsession de vengeance de Gao Ping ne le quitte néanmoins pas, il va le payer très cher….

Dans ces bas-fonds glauques d’une Chine qui ne sait que faire de ces masses campagnardes débarquant dans les grandes villes, Wang Xiaoshuai a tourné un film superbe, parfois éprouvant, et à chaque instant relié à un triste constat d’échec de ce qui fut les grandes réformes économiques des années 90. Ce fut une belle idée de nous le présenter, pour une seule et unique séance comme c’est le cas pour tout les films de Wang Xiaoshuai lors de cette rétrospective.

Changement de décor le lendemain avec sur mon agenda, la suite du cycle Sun Yu avec au programme « La Route », film de 1934 mettant de nouveau en scène l’égérie du réalisateur Li Lili. J’avais adoré et été charmé les jours précédents par « La Reine Du Sport » puis par « La Rose Sauvage ». Je vais encore passer de grands moments à apprécier comme il se doit cette merveille du temps passé.

« La route » raconte l’histoire de 6 garçons, tous amis, dont le métier est de faire des routes. Il faut dire qu’à cette époque, la construction de routes en Chine fait partie des grands travaux du Guomindang, alors au pouvoir, afin d’unifier par des voies terrestres praticables une Chine qui fut trop longtemps divisés par les seigneurs de guerre. Autre but aussi, se préparer à lutter contre l’ennemi japonais qui ambitionne de plus en plus de s’installer en Chine. Et si la guerre ne fut déclarée qu’en 1937, lors du tournage de « La Route », les japonais occupaient déjà la Mandchourie. Et dans cette Chine trop immense et qui se cherchait un avenir, Sun Yu, ainsi que d’autres, participèrent par le biais de l’art à faire prendre conscience au peuple chinois de la terrible menace non seulement à venir, mais déjà présente. La scène finale du film est à cet égard sans équivoque…. Mais pour l’heure, nos sympathiques et joyeux garçons n’ont à faire de ces considérations. Venant de perdre leur emploi du côté de Shanghaï, ils se dirigent d’un commun accord vers les campagnes pour travailler à la construction d’une route.

Dans le restaurant du chantier, ils vont faire connaissance de deux charmantes jeunes filles, Moli (Li Lili) ancienne chanteuse vagabonde embauché par le patron du restaurant et Dingxiang, fille de ce même patron. Les 6 garçons, sympathiques, courageux et fort honnête sont appréciés par tout le campement. Dingxiang a elle un faible pour le nommé Luo. Quand à Moli, elle les aime tous!

Mais un grave danger menace tout ce petit monde. Hou, le patron du chantier, est un espion à la solde des japonais. Ces mêmes japonais ne veulent pas voir ce projet de route aboutir. Il permettrait le passage de véhicules militaires. Et quand le traitre Hou propose aux 6 garçons une importante somme d’argent pour abandonner le chantier et que eux-ci refusent. Ils sont alors emprisonnés par Hou puis fouettés. Ils seront sauvés par grace à Moli et Dingxiang même si l’un des leurs, Zhang, est tué lors de l’opération menée pour les libérer. La construction de la route peut alors reprendre et arriver à son terme. Mais un terrible destin attend le groupe…

Léger par moment, d’une terrible gravité à d’autres instants, « La Route » est un immense film terriblement accroché à l’époque qu’il vivait. La comédie tourne au drame, comme pour mieux informer du danger des temps présents. Bien plus que des curiosités d’époque, les films de Sun Yu traversent le temps pour témoigner de cette Chine à la croisée de son histoire et au devenir inquiétant. « La Route » en est un formidable exemple. Il sera rejoué dimanche 30 septembre à 20h00. Ce serait vraiment dommage de ne pas profiter de cette chance! A noter que je qualifierai de semi-muet la route puisque on peut entendre les chansons du film!

Ainsi se terminait pour moi la semaine du festival au cinéma « La Pagode », mais celui continue et déménage au « Lincoln » 14 rue Lincoln tout prêt des Champs-Elysées. Je ne vous cache pas que je vais regretter cet endroit unique qu’est « La Pagode », une salle et un lieu ne ressemblant à aucune autre salle de ciné à Paris. On s’accomodera de ce changement, la qualité du festival n’étant, j’en suis sur, pas ébranlée par ce déménagement!

dalu dans Films

En cliquant sur l’affichette du film ci-dessus, vous verrez un extrait du film dans lequel Li Lili chante. Le lien peut être un peu long à charger….

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