Festival Du Cinéma Chinois De Paris: Du 19 Septembre au 4 octobre 2012 (6)
Posté par faguoren le 29 septembre 2012
Le temps passe vite…Vendredi arrive déjà, et cause de départ imminent en voyage, il s’agit de mon dernier jour de festival.Deux films à mon programme, j’aurai pu en ajouter un troisième avec « Les Treize Fleurs De Nankin » de Zhang Yimou, mais un peu coincé au niveau de la disponibilité, je laisse tomber . Tant pis, j’aurai bien l’occasion de le voir ultérieurement! Je me contenterai donc de « L’Usine Unisexe » et de « Le Petit Jouet ».
L’Usine Unisexe -小镇大款
Dernier jour donc, et l’heure de faire mon petit bilan perso. J’ai vu treize films en à peine dix jours, ce qui me semble fort respectable! Hormis le film de Zhang Yimou cité plus haut, j’ai à peu près vu tout ce que je voulais voir, sachant que j’avais déjà vu plusieurs films présentés. Oh, bien sur, j’aurai bien voulu avoir le temps de m’intéresser aux documentaires, aux films d’animation ou encore aux films pour enfants….Il a bien fallu faire un choix, une autre année j’espère!
Peu de déception dans les treize oeuvres visionnées. Mon coup de coeur va évidemment aux films de la rétrospective Sun Yu: A la fois de merveilleuses archives et de beaux moments d’émotion. Un grand bravo et un immense merci aux organisateurs, s’il ne devait rester qu’un seul festival de film chinois, ce serait sans contestation possible celui-ci! Puisque j’en suis aux remerciements, impossible de ne pas rendre hommage aux intervenants, éminents spécialistes du cinéma chinois, qui avant ou après chaque projection nous éclairaient de leur savoir, leur culture et leur passion. Je cite Mr Raymond Delambre et madame Mme Marie-Claire Kuo Quiquemelle pour qui Sun Yu ne semble avoir aucun secret.
Un mot sur les affluences. Elles m’ont semblé correctes les week-end et beaucoup plus confidentielles certains après-midi de semaine, et l’impression de toujours voir à peu-près les mêmes têtes! Souhaitons simplement que le festival retombe sur ses pattes financièrement. Et vivement l’édition 2013!
Allez, revenons sur ces deux films du vendredi. Une bonne nouvelle d’abord, comme promis la veille (voir épisode 5), les Pass UGC ou Gaumont sont désormais acceptés par le « Lincoln », et me voici en salle pour assister à « L’Usine Unisexe ». Le programme a pris pas mal de retard, cela me permet d’assister au débat ayant suivi la projection de « Les Treize Fleurs De Nankin ». Pour ma séance, la salle est assez remplie, on sent la fin de semaine qui arrive!
Le film présenté n’est pas tout récent, il date de 2000, cela ne va bien sur pas empêcher les personnes présentes de passer un bon moment de vraie détente, puisqu’il s’agit d’une pure comédie, souvent hilarante et où les quiproquos s’enchainent à un rythme jamais ralenti.
L’épouse d’un directeur d’usine exige que celui-ci n’embauchent que des hommes, ne suppportant pas que d’autres femmes côtoient son directeur de mari. Sous la coupe de cette femme autoritaire et jalouse, notre pauvre directeur s’exécute, espionné en plus par un homme de main de l’épouse. Même « sa » secrétaire est de sexe masculin; un quinquagénaire maladroit et penaud. Mais les résultas de l’usine ne sont guère brillants. Le directeur doit se mettre en quête d’un expert-technicien capable de faire remonter la production. Le candidat idéal est bientôt trouvé, possédant toutes les capacités nécessaires à remplir ce poste. Seul petit soucis, c’est une femme….et fort jolie en plus! Le directeur demande alors à sa nouvelle recrue de se déguiser en homme! C’est le départ de toute une série de situations burlesques, surtout quand le maire de la ville envisage de faire épouser sa fille par ce brillant nouveau technicien! Bref, tout ça se terminera bien sur de la meilleure façon, le pot-aux-roses finira par être découvert mais l’inflexible épouse du directeur acceptera finalement que l’usine soit ouverte aux femmes. Comédie sans prétention donc mais qui parvint parfaitement à tenir le rôle qui lui était dévolu: divertir le spectateur.
Le Petit Jouet – 小玩意-
Arrive ensuite « Le Petit Jouet » de Sun Yu datant de 1933. La salle est désormais fort bien remplie, certes on n’est pas à guichets fermés, mais c’est plaisant de voir que finalement, un événement tel qu’une projection d’un film de Sun Yu peut attirer du monde.
Tout comme lors de la diffusion de « La Reine Du Sport » la semaine précédente, nous allons assister à un ciné-concert. La musique originale du film étant introuvable, les organisateurs du festival ont pris la jolie initiative de confier à des musiciens la création d’une musique spécialement concue pour l’occasion, cette oeuvre devant être jouée « live » durant la projection. C’est sur une musique de Wu Bing que nous allons voir le film de Sun Yu. La même Wu Bing se produisant à la cythare chinoise accompagnée de deux autres musiciens.
Ne reste plus qu’à apprécier l’oeuvre de Sun Yu, où outre Li Lili déjà aperçue lors des films précédents, figure une autre mythique actrice de cette période, Ruan Lingyu. « Le Petit Jouet » va s’avérer être dans la lignée des autres films de ce début des années 30, mélangeant tendresse, drôlerie mais aussi tragédie, et notifiant toujours la menace japonaise planant au dessus de la Chine, et appelant le peuple au patriotisme et à la lutte, ce dernier aspect étant particulièrement flagrant dans « Le Petit Jouet ».
Ye, est une jolie jeune femme qui fabrique des jouets manuellement. Des jouets que son mari se charge de vendre. Malheureusement, celui-ci meurt subitement. Les malheurs de la jeune femme ne vont pas s’arrêter là. Son fils est enlevé et peu après le village est détruit suite à des combats entre ceux que l’on appelait « les seigneurs de guerre » et qui tenaient la Chine entre leurs mains en ce début des années 20.
Ye part se réfugier à Shanghaï en compagnie de sa fille, qui devient elle aussi experte en la fabrication de jouet. Le marché n’est pourtant pas aisé, envahi par les jouets fabriqués à la chaine en occident….(oui, oui…ça a bien changé, n’est ce pas…) et réduisant Ye et à fille à se contenter du minimum. Survient alors l’agression japonaise sur Shanghaï d 1932 au cours de laquelle la jeune fille est tuée. Rongée par la tristesse et par la haine de l’ennemi, Ye mène alors une vie misérable, continuant à vendre des jouets dans la rue. Ces petits jouets principalement devenus de petits soldats, des chars ou des avions de combat: il faut sauver la Chine face au danger qui la menace. Un jour, Ye vend un jouet à un jeune garçon qui , sans qu’elle le sache, n’est autre que son fils enlevé des années auparavant par des trafiquants d’enfants à la solde de riches familles. Mais éclatent alors les pétards du nouvel-an, Ye devenue folle appelle alors le peuple à la résistance et la lutte face à l’ennemi….
Aussi touchant, aussi captivant que les autres films de Sun Yu présentés, « Le Petit Jouet » clôt à merveille « mon » festival. Il est tard lorsque je sors du cinéma et arpente les Champs-Elysées. En me dirigeant vers le métro, je mesure la chance d’avoir pu voir ces films rares. Les images et l’émotion du » Petit Jouet » à l’esprit, je m’enfonce dans la nuit parisienne. Le spectacle a été beau, il reviendra, j’en suis persuadé…!
Quelques minutes du « Petit Jouet » , avec une musique du groupe allemand Tangerine Dream, pourquoi pas après tout..?
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