Fête des Amoureux en Chine

Posté par faguoren le 23 août 2012

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Aujourd’hui 23 août 2012, vous ne le savez peut être pas mais c’est la fête des amoureux en Chine, appelée fête de Qixi ( 七夕节). Cette St Valentin chinoise est en effet fêtée le 7ème jour du 7ème mois lunaire, soit cette année le 23 août. Comme souvent en Chine, l’origine de cette fête se perd dans la nuit des temps et ces légendes peuvent parfois différer d’une source à l’autre, mais laisser une place au rêve et à l’imagination, c’est beau non?

Il y a très très longtemps , la nuit du 7ème jour de la 7ème lune le Bouvier traversa la rivière céleste sur un pont des pies pour rejoindre son épouse, la Tisserande. Jadis on disait que les chanceux pouvaient voir cette scène du Bouvier traversant le pont sous les milliers d’étoiles de la voie lactée et que, si à ce moment ils se prosternaient en formulant un souhait de fortune, de longévité ou de descendance, l’un de ces trois souhaits se réaliserait dans les trois années à venir. On racontait aussi qu’au moment ou la Tisserande franchissait la rivière la porte céleste s’ouvrait et que, si à ce moment précis on lançait une brique en l’air, celle-ci se transformer en or en retombant à terre!!

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Cette histoire est connue de tous en Chine, et est sujette à certaines variantes. En voici une écrite naguère dans le « Livre de la 7ème Lune » par Feng Yingjing. D’après ses dires, la Tisserande, fille de l’Empereur céleste, habitait à l’est de la rivière céleste. Comme elle travaillait toute l’année sur son métier à tisser, grâce auquel elle produisait de superbes tissus, elle n’avait guère le temps de s’occuper de sa propre toilette. Aussi, par pitié, son père la maria à un Bouvier de l’ouest de la rivière. Après le mariage, la Tisserande se relâcha dans son travail, provoquant la colère de son père. Celui-ci ordonna alors à sa fille de retourner à l’est de la rivière et ne l’autorisa à rejoindre son mari qu’une fois l’an, le 7ème jour de la 7ème lune.

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Une autre évolution de la légende raconte qu’un Bouvier travailleur et honnête vivait son grand-frère et sa belle-soeur, car ayant perdu ses parents. La belle-soeur le chassa un jour de la maison et notre pauvre Bouvier ne possédait plus qu’un vieux boeuf, une charrette en piteux état et « deux mu » de terre (1 mu= 1/15 ha). Il vivait donc seul avec le vieux boeuf qu’il appelait « frère’ ». Le boeuf, attristé de voir le Bouvier si solitaire décida à l’aider à trouver une femme et lui confia un secret: Un jour, sept fées viendraient se baigner dans la rivière d’argent. Celui qui réussirait à dérober les vêtements de l’une des fées pourrait alors en faire sa femme. Suivant le conseil de « frère le boeuf », le Bouvier vola par une nuit sombre les habits de la Tisserande. Alors, ils s’aimèrent et se marièrent…Trois ans après leur union, la Tisserande mit au monde un garçon et une fille. Apprenant cela, l’Empereur céleste chargea la Reine-Mère céleste de ramener la Tisserande au ciel et de la punir. C’est ainsi que les époux furent séparés, le Bouvier ne pouvant monter au ciel. Il plongea dans un immense chagrin . Voyant cela, le boeuf se fit casser une corne et la transforma en bateau. Le Bouvier et ses enfants montèrent alors dans le bateau qui se propulsa dans les airs à la recherche de la Tisserande. Au moment où ils allaient enfin la retrouver, la Reine-Mère céleste tira une épingle de ses cheveux et traça une ligne. Une rivière jaillit alors et coupa la route au Bouvier, séparant de nouveaux les époux. Mais touché par cet amour fidèle, le bienveillant Phénix rassembla toutes les pies et leur fit faire un pont sur la rivière céleste. Et le 7ème jour de la 7ème lune, le couple put enfin se réunir.

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Bonne Fête à tous les amoureux!! 七夕 快乐 !!

Et un petit rappel, « Mon Petit Ailleurs Chinois’ » a désormais sa page Facebook. Vous y retrouverez les mises à jour du blog ainsi que d’autres petites choses sympas j’espère! Après l’avoir visité, vous avez bien sur la possibilité de dire « J’aime » ! !! https://www.facebook.com/MonPetitAilleursChinois?ref=hl 

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Jiang Hu The Bride With White Air

Posté par faguoren le 22 août 2012

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Le cinéma de Hong-Kong, voilà bien un sujet sur lequel je suis très loin d’être un spécialiste. A vrai dire, je n’y connais même pas grand-chose….L’esprit accaparé par les merveilles du cinéma de Chine continentale, j’ai toujours regardé d’un oeil méfiant la production hong-kongaise, la suspectant de flirter abusivement avec celle de Hollywood….Au royaume de Jackie Chan, pas question de m’y voir m’y hasarder! Même si je suis (heureusement) conscient que ce cinéma ne s’arrête pas à la comédie kun-fu de bas étage…A tout celà s’ajoute le fait que ces films sont rarement tournés en mandarin. M’ayant lancé  dans l’apprentissage de cette langue, j’ai logiquement privilégié le cinéma qui pouvait devenir un support à la fois ludique et éducatif! Bref, vous l’avez compris, je ne me ridiculiserai pas à vouloir paraitre un érudit en la matière, j’essaye de l’être modestement en ce qui concerne le cinéma chinois, c’est déjà un bel et long objectif, une passion créée  par mes propres désirs!

Désirant évoluer, j’ai récemment décidé de prospecter un peu plus en direction des films de HK…Oh, loin de moi l’idée d’en décoder toutes les subtilités, pas à court terme du moins. Cependant, en parcourant le net, il est facile de voir que le cinéma made in HK possède de fervents adeptes, voire même des passionnés invétérés. Il doit bien y avoir de vraies bonnes raisons, non? Bien sur, je n’ai aucune idée par où commencer et/où poser obligatoirement son regard ou, au contraire, ce qu’il y a à éviter, même si en toute chose, je préfère me faire mon propre opinion. Il me reste donc à piocher au hasard, guettant néanmoins les pistes vers l’incontournable et me tournant vers le conséquent marché de l’occasion; les DVD neufs, on verra plus tard! Acsuisition toute récente, « Jiang Hu The Bride With White Hair » acheté pour quelques misérables euros chez Amazon par la foi de quelques commentaires dithyrambiques! Et au moins un nom pas inconnu, celui de Leslie Cheung, qui demeure pour tout fan de cinéma chinois demeure l’interpréte possédé de Cheng Dieyi dans le « Adieu Ma Concubine » de Cheng Kaige, mais aussi une immense star, à la fois du cinéma et de la chanson, dans toute l’Asie, principalement auprès du public féminin. Un statut accentué par sa tragique disparition en 2003.

Pour le reste, j’apprends que l’actrice principale du film, Brigitte Lin, est taiwanaise mais qu’elle est devenue une immense star grace au cinéma de Hong-Kong. Quant au réalisateur, Ronny Yu, je découvre qu’il est détenteur d’une filmographie impressionnante, principalement dans les années 80 et 90. .

Bon, l’un des genres favoris du cinéma de HK est indiscutablement le « wu xia pian », à savoir le film de sabre ainsi que les films dédiés au kung-fu et aux arts-martiaux. Là aussi, je n’y suis absolument pas réfractaires quand la qualité est présente. Et j’ai adoré « Tigre Et Dragon » de Ang Lee. J’ai par contre beaucoup moins appécié quand Zhang Yimou s’y est lancé (« Hero », « Le Secret Des Poignards Volants »…..), mais c’est une autre histoire…Mais c’est vers ce style que lorgne le film de Ronny Yu, qui semble être considéré comme l’un de ses meilleurs films, l’un des plus réputés en tout cas et bénéficiant , on l’a vu, d’un casting haut de gamme!

Tourné en 1993, il semble que ce soit l’adaptation d’un roman à succés des années 50. Il oppose , puis relie dans un coup de foudre fulgurant un beau jeune homme et une envoutante beauté qui ont le malheur d’être dans deux clans différents….L’essence du film est quasiment historique , puisqu’elle se déroule à la fin de la dynastie des Ming, à laquelle appartient le beau Yi Hang (Leslie Cheung) et qui sont opposés, si j’ai parfaitement compris, aux mandchous dont est bien sur issue la jolie Lien (Brigitte Lin). Néanmoins, quand on sait que Lien est une sorcière élevée par les loups et est membre d’un clan où tous les membres semblent être des démons (ah ah l’horrible personnage siamois!! ) , l’on comprendra que l’aspect historique de l’oeuvre laisse la part belle au fantastique! C’est enfant que Yi Hang aperçoit Lien pour la première fois. Poursuivi par des loups, il est sauvé par une mystérieuse petite fille semblant dompter les bêtes féroces. Bien des années plus tard, les deux clans vont s’opposer dans une lutte cruelle et sans merci, qui va mettre face à face nos deux héros devenus des experts en arts-matiaux. Mais le coeur a ses raisons que les joutes guerrières ignorent, et les deux jeunes ennemis vont devenir irrésistiblement amoureux l’un de l’autre. Mais dans un univers ne laissant pas la place aux sentiments, cette histoire d’amour va se révéler tragique.

Certes, certes, certes….l’histoire est une jolie allégorie d’une amour impossible et voué à la tragédie. Mais le tout est exagérement  de scénes de batailles, de combats impitoyables…..Le sang coule à flot, les têtes coupées tombent à répétition…..J’y ai pour ma part surtout vu un film de divertissement parfaitement réglé, aux effets spéciaux millimétrés, aux couleurs chatoyantes…..Bref, du grand spectacle digne d’Hollywood, et j’en reviens donc à mon fameux préjugé évoqué en début d’article!

Tout ça se regarde néanmoins sans déplaisir. J’ai cependant du mal à y déceler le chef-d’oeuvre qu’il est décrit ici et là. Il est cependant considéré comme un film purement de Hong-Kong, il ne va pas me détourner de cet intérêt nouveau pour moi. Beaucoup de découvertes m’attendent encore, c’est une évidence. Quant à savoir si je vais me passionner pour ce cinéma, il est bien trop tôt pour le dire. Il faudra néanmoins que je sois beaucoup plus accroché que par cette mariée aux cheveux blanc, au demeurant fort sympathique mais avec qui je ne souhaite pas m’amouracher outre mesure! Allez, je vous inviterai de temps en temps dans ma recherche du Graal dans le cinéma de HK, reste à savoir si je le trouverai!

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(Bande Annonce du film)

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Chanson du film chantée par Leslie Cheung, je sais que ça fera plaisir au moins à une personne, qui se reconnaitra…^^

 

 

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Triste Vie

Posté par faguoren le 20 août 2012

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Voilà peu, je vous parlais de Chi Li au travers de son très beau roman « Trouée Dans Les Nuages », une découverte marquante d’une écrivain se réclamant d’un courant de néo-réalisme apparu à l’orée des années 90. Autant le dire d’emblée, « Triste Vie » est du même accabit, il fait de personnages sans relief les centres d’intérêt d’un récit sur la vie ordinaire et insignifiante, triste vie…Dans la Chine des années 90, l’individu noyé dans la masse est inexorablement anonyme, il a rejeté les rêves et les aspirations de la jeunesse et s’est résigné à un quotidien terne semblable à celui de millions de gens identiques, triste vie….

Dans cette mégapole qu’est Wuhan, l’auteur va nous faire vivre l’intégralité d’une journée de Yin Jiahou, modeste ouvrier marié à une épouse semblant viscéralement mécontente et père d’un garconnet de quatre ans, véritablement le seul et vrai bonheur de Yin. En toile de fond, plane le récurrent problème de logement, trop petit et exagèrement éloigné de son lieu de travail, qui plombe la vie du couple et prétexte journalier à la mauvaise humeur de l’épouse, triste vie…….

Jin Jiahou est pourtant d’un naturel optimiste! Les embûches ne manquent pourtant pas, il va ainsi apprendre lors de cette journée que la prime qu’il escomptait toucher ne lui sera finalement pas versé. Il faut dire aussi que dans cette Chine des réformes, les licenciements économiques sont une perpétuelle menace…triste vie!

En plus de son optismisme, Jin Jiahou est un garçon conciliant et d’un contact agréable. Comme c’est souvent le cas, celà lui joue des tours. Et comme il est d’une honnêteté et d’une fidélité sans faille, il décline avec une légère mélancolie les avances d’une jolie collègue de travail. Dans cette vie morne, il préfère se souvenir avec nostalgie d’une petite amie passée et faire des rares moments d’accalmie ses vrais petits instants de bonheur, ainsi les long moments passés dans les transports en compagnie du fiston apparaissent comme de véritables bouffées d’oxygène…!! Triste vie….

Chi Li confirme dans ce roman , encore une fois très très court…, tout le talent que j’ai modestement voulu lui accorder lors de la lecture de « Trouée Dans Les Nuages ». Ses anti-héros parviennent sans difficulté à nous séduire par l’émotion, la tendresse et l’humanisme qu’ils véhiculent. A la lecture de ces tristes vies, il y a des quotidiens inconnus que nous croisons probablement dans le métro et dans  les rues de nos villes. Pour moi, parvenir à raconter sans ennuyer le quotidien de personnages qui pourraient être nos voisins de palier ou nous-mêmes dénote une sensibilité d’écrivain captivante. Chi Li fait partie de cette catégorie, et je n’aurai désormais cesse de la citer en référence. Essayez, vous vous ferez votre propre avis! Belle la vie…..!

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