Ai Wei Wei « Entrelacs »
Posté par faguoren le 10 avril 2012
Je me suis enfin rendu à l’exposition « Entrelacs » de Ai Weiwei , chouchou des médias et de la presse bobo pour des raisons pour des raisons le plus souvent opportunément idéologiques plutôt que purement artistiques. C’est du moins l’impression que cela me donne….Rappelons que l’artiste chinois est assigné à résidence à Pékin , qu’il a été un temps incarcéré et qu’il apparait , ici en occident, comme le symbole de l’activisme contestataire face à la répression du régime chinois, particulièrement en ce qui concernes les diverses libertés d’expressions, symbolisées par le blog de l’artiste qui lui a permis d’accéder à la notoriété qui est la sienne aujourd’hui. Voilà pour la rapide présentation de l’homme, qui s’avère necessaire même si ce blog n’a , je le rappelle, aucune vocation à juger de considérations politiques. Les perceptions « ici » et « la bas » étant de toute façon radicalement différentes, cela mériterait bien plus qu’un long débat, en toute connaissance de cause, en toute objectivité et pas sur que cela mènerait à une absolue certitude, d’une part et d’autre…
Né en 1957, Ai Weiwei est le fils du poète Ai Qing. Dès 1978 , il entre à l’université du cinéma de Pékin d’où sont notamment issus Zhang Yimou et Chen Kaige. En 1981, il peut partir s’installer à New-York où il se crée un solide réseau de relations artistiques. Cette période est largement représenté dans l’expo présentée actuellement à Paris. On y voit une sélection de photos parmi les milliers prises outre-atlantique. Il faut bien admettre que beaucoup ne présentent que peu d’intérêt, monytrant Ai Weiwei dans sa vie quotidienne où présentant des portraits de relations guère passionnant à voir…On y perçoit malgré tout à travers quelques clichés la trame de ses prises de conscience contestataires, comme dans cette photo prise aux côtés d’Allen Ginsberg, l’un des chantres de la « beat-generation » dans les années 60. On le découvre aussi au CBGB’s , célèbre antre de rock underground qui eut son heure de gloire fin 70′s/début 80′s. Notons aussi une jolie photo prise en compagnie de Chen Kaige. Nul doute donc que ces années new-yorkaises aient définitivement forgé l’expression future de Ai Weiwei, à tout point de vue. Ceci dit, la vue de ces photos n’ont pas déclenché en moi une émotion particulière, juste instructif pour qui est un afficionados forcené de l’homme…
Toute une série de photo prises après son retour en Chine en 1993 ne m’ont guère plus enthousiasmé…Beaucoup, prises au moyen d’un téléphone portable, représentent Ai Weiwei dans son environnement de tous les jours,d’autres montrent une série de performance qui ne m’ont pas fait bondir d’étonnement et où l’exhubérance reste à démontrer. Mis à part le contexte d’une Chine qui s’ouvre à l’art underground, je n’y ai pas trouvé grand chose de convaincant , je me contenterai donc de rester sur ce seul argument pour y déceler un intérêt…
Arrive ensuite une série intitulée « Study Of Perspective » où l’on voit un doigt d’honneur effectué face à certains des batiments et sites les plus connus de la planète. Un geste certes symbole de la contestation, surtout lorsqu’il est fait Place Tian An Men, mais j’espérais voir autre chose de la part de celui qui est considéré comme un artiste inffluent plutôt qu’un geste que la plupartd’entre nous ont du faire un jour….Mais je ne comprends peut être rien à l’art contemporain…..?
Un grand espace est consacré à des photos prises lors de démolitions de vieux quartiers, les Hutong, laissant place à d’immenses terrains vagues où bientôt vont sortir de terre des immeubles ultra-modernes tels que nous pouvons désormais les voir un peu partout en Chine. Un travail intéressant mais que je qualifierai plus de recherches documentalistes plutôt qu’autres choses. Même sentiment concernant les photos prises lors du tremblement de terre au Sichuan en 2008. Notons que lors de ce tragique événement, Ai Weiwei a mis à profit sa notoriété pour pour dénoncer les manquements des autorités chinoises lors de cette tragédie, ce fut le début des ennuis pour lui…
En tant qu’architecte, Ai Weiwei fut consulté pour la conception du fameux « Nid d’oiseau », ce stade qui sera le théatre des jeux olympiques de Pékin en 2008, même si l’on dit que au fil du temps il prit ses distances avec cette initiative, reprochant au gouvernement chinois d’organiser ces jeux à des fins de propagande…Quoi qu’il en soit , une inbtéressante série de photos montre le gigantisme de ces travaux. La encore, plus un travail de documentaliste à mon humble avis…
Voilà donc ce qu’est en grande partie cette exposition « Entrelacs » consacrée à Ai Weiwei, on peut aussi y voir une série de portraits divers. Je ne connaissais Ai Weiwei que part sa réputation d’activiste forcené, laquelle mérite le respect de chacun. J’ai découvert une partie de ce qui a fait sa réputation purement artistique. J’avoue ne pas avoir été particulièrement convaincu mais cela n’engage bien évidemment que moi. Il vous reste jusqu’au 29 avril pour vous faire votre propre opinion. « Entrelacs » est exposé au « Jeu De Paume », c’est situé place de la Concorde à Paris, tout à l’entrée du jardin des Tuileries.
Publié dans Divers | Pas de Commentaire »






