Gens De Pékin
Posté par faguoren le 29 décembre 2011

Ce qu’il y a de bien avec Lao She, c’est que sa description du petit peuple de Pékin, bien que teintée d’amertume et souvent tragique, ne délaisse pas une sorte d’humour « second degré » en arrière plan qui rend sa lecture si attachante et nous font se sentir si proches des divers personnages plus ou moins fictifs créés par l’écrivain. « Gens De Pékin » est en fait un recueil de neuf nouvelles rédigées dans les années 1930 et dont les actions se déroulent de la fin de l’empire au début de l’ère républicaine. Autant dire que la vie n’était pas simple pour le chinois du peuple, anonyme et sans guère de ressources….La plupart de ces héros ordinaires (petit commerçant, flic, prostituée, acteur d’opéra…) sont pourtant des gens biens, qui ne rêvent que d’une vie sans histoire mais que l’instabilité de la société chinoise va pourtant contraindre à endurer tourments et soucis. Une vision toujours très réaliste sur laquelle Lao She se pose en témoin fidèle et acerbe qui a aussi, et ce n’est pas le moindre des intérêts, le mérite d’initier le lecteur aux us et coutumes du peuple de Chine.
La plus intéressante, et aussi la plus longue, de ces nouvelles est indéniablement « Histoire De Ma Vie » qui existe d’ailleurs également dans une parution indépendante. Le héros en est un colleur d’affiches funéraires qui petit à petit voit son métier tomber en désuétude. Et quand de surplus, sa femme le quitte et disparait avec un compagnon de travail, le laissant seul avec leur fils, le malheureux décide d’embrasser la carrière d’agent de police, soit l’une des pires tâches de la société d’ailleurs; sous-payé, maltraité par sa hiérarchie, méprisé par le peuple….Quand on est agent de police, on le reste! Et plus la peine d’espérer aucune perspective…Le fils est lui même condamné à suivre le même chemin et hors de question d’espérer le marier autrement qu’à une fille….d’agent de police!! Notre héros n’est pourtant pas sans aptitudes, il sait lire, écrire, est fort débrouillard et a plutôt une croyance fort positive en ses capacités ( il n’est d’ailleurs sur ce point pas sans rappeller le fameuc « Ah Q » de Lu Xun, mais avec l’abnégation en plus!) . Il pourrait donc croire en un avenir meilleur, mais les rouages d’un système bancal et de toute façon corrompu vont l’inhiber jusqu’à n’en plus pouvoir…Comme dit plus haut, la lecture pourrait s’avérer fort déprimante si derrière le tragique ne survenait pas une forte dose d’auto-dérision nous permettant de sourire allégrement au fil des pages. Un état d’esprit que l’on retrouve au sein des huits autres nouvelles où pourtant certaines situations sont particulièrement dramatiques…
Quand on a goutté à Lao She, difficile de ne pas y revenir ( je compte bien d’ailleurs y revenir régulièrement tant que ce blog vivra!) . Et si ce recueil n’atteint pas la dimension lyrique de ses plus grandes oeuvres (la saga de « Quatre générations sous un même toit » reste pour moi inégalée, que ce soit dans la littérature chinoise où pas…), il n’en demeure pas moins indispensable , pour tout passionné de la Chine (mais pas seulement) , une sorte de revue de presse littéraire d’une tranche de vie pékinoise du siècle dernier, narrée avec goût, talent mais aussi un incommensurable amour pour sa ville, son peuple…en dépit du pessimisme ambiant.
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, dix idées cadeaux bien sur liées à la Chine, tout en respectant un budget maximum de 60 euros, s’il vous reste un peu d’argent, ruez vous sur les chocolats
! Mais pas chinois, ils ont encore des progrés à faire en la matière!! Allez, voici ma selection! 







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