L’Orient Est Rouge

Posté par faguoren le 23 mai 2011

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Férus d’histoire de la Chine et passionnés de cinéma chinois? Nous avons donc beaucoup en commun!!! Alors je vous invite à visionner un document assez incroyable, à savoir la comédie musicale « L’Orient Est Rouge » , hymne faisant l’apologie du maoïsme en plein coeur des années 60. « L’Orient Est Rouge »  fut d’abord un chant de ‘la grande révolution prolétarienne » dont les paroles furent attribuées à un paysan du Shaanxi nommé  Li Youyuan avant de devenir donc, sous la direction de Ping Wang une comédie musicale à la gloire du grand timonier…A voir bien sur comme un document historique plus que comme un chef-d’oeuvre du cinéma. A la fois kitch et désuet, mais témoignage véridique d’une époque qui a bouleversé l’existence de millions de gens. Il vous suffit de cliquer sur l’image ci-dessus pour voir ce document (sous-titrage en anglais).

东方红

(Remerciements à Guillaume)

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Le Pousse-Pousse

Posté par faguoren le 21 mai 2011

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Au moins dix ans après l’avoir lu, je viens de me retaper la lecture de « Le Pousse-Pousse », l’un des plus réputé roman de Lao She, voire même le plus connu, un roman où l’auteur nous emmène une fois encore dans le monde du petit peuple de Pékin des années 20/30. Siang-Tse, aussi appelé Siang-Tse le chameau ( c’est d’ailleurs le titre original de l’oeuvre 骆驼 祥子 -luotuo xiangzi) est encore un jeune paysan robuste lorsqu’il arrive à Pékin, sans le sou mais pourvu d’un sens de l’honnêteté et d’une foi en son avenir. Il va devenir tireur de pousse-pousse, un métier qui va devenir sa véritable raison d’être et développer en lui une véritable obsession: posséder son propre pousse…Il va alors économiser sur ses maigres revenus pour parvenir à réunir les 100 yuans nécessaires à la réalisation de son rêve. Et quand Tsiang-Tse au bout d’un long labeur devient enfin le propriétaire d’un pousse flambant neuf, il devient alors un tireur accompli, courant plus vite et plus longtemps que ses collégues de profession auxquels il ne daigne d’ailleurs que peu s’intéresser, s’attirant la jalousie de ceux-ci. Mais peu importe, pour Tsiang-Tse rien ne semble alors impossible!!!

Mais l’âge d’or sera de courte durée, et quand Tsiang-Tse se trouvera dépossedé de son bien le plus précieux, va alors commencer une longue descente aux enfers que rien ne pourra contrecarrer, car dans l’échelle sociale, être tireur de pousse se situe au plus bas de l’échelon…Tous les bonheurs et toutes les joies échapperont à l’existence du jeune homme qui peu à peu sombrera dans la déchéance et lui fera perdre autant sa naïveté que ses espoirs d’une vie digne…Quelques lueurs d’espoir apparaissent pourtant ici et la, mais vite anéanties par la bassesse d’une société hypocrite et sans pitié pour les petites gens tels que les tireurs de pousse. Une ultime et unique vision d’amour se terminera dans le drame et achévera les dernieres aspirations au bonheur d’un Siang-Tse désormais voué au délabrement …

Ce roman de Lao She décrit comme il sait si bien le faire la vie et les petits détails du quotidien du peuple ordinaire du Pékin de cette époque, mais il s’attache cette fois-ci aux sphères les plus désoeuvrées de la ville et cela rend le récit très pessimiste, d’une noirceur sans nom malgré les traits d’humour et de tendresse disséminés ici et là…Lao She brosse une vision très sombre de la société chinoise, une société hiérarchisée où l’écrivain en tire une morale désabusée: on n’échappe pas à sa condition, un pauvre le restera toujours……Mais cela a t-il beaucoup changé…? Un roman d’un humanisme profond, qui reste cependant pour moi en deça de la saga « Quatres générations sous un même toit » écrite par l’écrivain pékinois, mais dans les destins nébuleux de ces tireurs de pousse, se posent des questions hélas universelles et sans fin….

Une étonnante anecdote pour finir. Lors de la première traduction de l’oeuvre en langue anglaise réalisée en 1945 par l’américain Evan King, celui-ci prit l’initiative de changer la fin de l’histoire et de lui donner une « happy end »….

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Méthodes, méthodes….

Posté par faguoren le 16 mai 2011

L’apprentissage du chinois, qu’il se fasse individuellement à la maison, en cours particulier ou collectif, nécessite forcément l’acquisition de diverses méthodes. Le choix ne manque pas, il suffit de se rendre dans les librairies spécialisées comme « Le Phénix » ou « You Feng » pour s’en rendre compte. J’ai trouvé amusant de répertorier ici celles que je possède et que je compulse à intervalles plus où moins régulier, selon le temps qu’il m’est donné pour m’y consacrer; inventaire d’un apprentissage certes difficile mais qui me passionne toujours, à mon petit rythme à moi…

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 L’incontournable pour beaucoup de débutants qui un jour ont eu l’idée folle de se lancer dans le mandarin! Rédigé par l’un des maitres de l’apprentissage du chinois en France; Joël Bellasen. Cette méthode aborde l’oral bien sur mais aussi l’écriture et apprend à respecter l’ordre des traits mais aussi les si primordiaux tons de la langue chinoise. On y apprend également le pinyin (transcription des caractères dans nos lettres à nous). Les versions récentes sont vendues avec 2 DVD, moi je possède celle accompagnée de 2 cassettes audio. On prend plaisir à écrire puis prononcer très rapidement ses premières phrases en chinois (我是法国人 -je suis français). Détail amusant qui personnellement m’a beaucoup fait rire, la toute première leçon de l’ouvrage est 中国很大,日本很小 , une entrée en matière surprenante, non? A la fin de ce livre, on est censé connaitre 400 caractères…

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Cette méthode qui prépare aux examens de HSK est il me semble fort méconnue, elle est pourtant à mon humble avis la meilleure suite à celle de Bellassen. Concue sur un modèle assez proche, les textes sont plus poussés et la narration des supports audios est nettement plus rapide. Les exercices accompagnant les textes sont très fournis et remarquablement instructifs. Les textes eux tout en étant très diversifiés proposent aussi des lectures et légendes très connues en Chine comme par exemple « 塞翁丢马 » (Sai Weng a perdu son cheval ») que tous les petits chinois connaissent. J’adore cette méthode!

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Un bouquin qui m’est tombé dessus un peu par hasard, écrite en anglais- ce qui permet de réviser son british en même temps- cette méthode comporte 40 leçons de la vie courante mais aussi de voyages  avec une pléthore de vocabulaire et une partie grammaticale très développée. Un bon ouvrage de niveau intermédiaire que je devrais d’ailleurs consulter un peu plus régulièrement.

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Méthode qui je crois est assez utilisé un peu partout où l’on apprend le mandarin, elle est pourtant loin de m’avoir enthousiasmé, non pas par le manque d’intérêt pédagogique qui est bien réel, mais plus par l’ordonnancement des leçons qui renvoie sans cesse en fin d’ouvrage; pas très pratique à mon gout…L’éventail de savoir y est malgré tout impressionnant et la couverture tellement romantique…..emoticoneDu bon travail malgré tout, cette méthode aurait juste gagné à être plus simple d’emploi…

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Une méthode qui propose de télécharger sur internet les fichiers audios relatifs aux leçons, dommage que ces MP3 ne soient pas d’une qualité exceptionnelle, loin de la…Un ouvrage qui se lit très bien, j’aurais apprécié un effort sur les exercices qui sont un peu légers. Les textes abordent la société et la culture chinoise. Ce livre peut également être une bonne suite lorqu’on a assimilé la totalité du Bellassen.

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Une collection très sympa éditée en Chine mais que l’on peut trouver facilement dans les librairies chinoises. Il en existe de niveaux différents et la spécifité des textes est qu’ils proviennent d’étudiants étrangers étudiant en Chine. Très peu d’exercices mais la transcription en Pinyin de tous les textes. Assez intéressant à étudier tout en s’amusant des péripéties des étudiants étrangers de Chine. Permet lui aussi de revoir son vocabulaire anglais. A noter des prix de vente attractifs puisque ces méthodes sont vendues 10 ou 15 euros selon qu’elles sont ou pas accompagnées de supports audios.

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Mon inventaire ne serait pas complet si je ne mentionnais pas ce lexique très complet des fameux spécificatifs qui sont l’une des grandes particularités du chinois. Pas forcément indispensable mais un outil de recherche sans faille.

Voilà, vous en savez désormais un peu plus de mon parcours mouvementé au sein de la langue chinoise! A la portée de tous, réellement !! Le chinois est bien sur pas facile à apprendre, on peut selon ses aspirations privilégier l’écrit ou l’oral ou encore lier intimement les deux domaines. Il n’est jamais trop tard pour s’y mettre d’autant qu’il est de plus en plus facile de trouver associations ou structures proposant des cours. Et si moi, j’y arrive, tout le monde doit pouvoir y arriver!

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Happy Times

Posté par faguoren le 9 mai 2011

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Réalisé en 2000, « Happy Times » est loin d’être le plus connu des films de Zhang Yimou, qui immédiatement après aller se lancer dans la réalisation de films de sabre, les « wu xia pian » qui allaient lui apporter la gloire (« Hero », « Le Secret Des Poignards Volants ») mais aussi l’éloigner de son public initial ( c’est tout du moins mon cas…). S’il est moins réputé que « Epouses Et Concubines », « Vivre » ou d’autres, « Happy Times » n’en reste pas moins  tout autant recommandable et, nouveauté, Zhang Yimou aborde un thème douloureux sur le mode de la comédie, dans la première partie du film tout du moins. Il a d’ailleurs embauché pour l’un des deux rôles principaux Zhao Benshan, l’un des plus célèbres acteurs comiques chinois.

Zhao est une modeste retraité comme il en existe des millions en Chine, il n’a jusqu’alors jamais pu trouver épouse malgré de nombreuses et vaines tentatives, à cause principalement de sa modeste condition sociale. Aussi quand il semble enfin avoir trouver la perle parle, une très plantureuse femme mère d’un garçon boulimique et égoïste, il va lui falloir faire preuve de beaucoup de persuasion pour conquérir l’élue dont le principal critère est de mettre la main sur un homme au portefeuille bien rempli….Dans ce foyer qui se voudrait providentiel, habite aussi la belle-fille de la mégère, une adolescente devenue aveugle des suites d’une tumeur au cerveau. La jeune Wu Ying est en outre la souffre-douleur de sa belle-mère et de son horrible rejeton …

Mais pour Zhao, un cercle vicieux va se former autour de sa personne. Il lui faut bien vite mentir pour espérer conserver sa dulcinée et il s’invente un titre de directeur d’hotel qu’il va très vite avoir bien du mal à assumer ( et Zhang Yimou va directement s’inspirer du roman de Mo Yan « Le maitre a de plus en plus d’humour » pour l’une des séquences les plus drôles du film – voir post du 11 décembre 2010 dans la catégorie « lectures » du blog, surtout pour ceux ne connaissant pas le film). Tout va encore se compliquer quand l’épouse convoitée demande à Zhao de trouver un travail à la jeune fille dans son soi-disant hotel grand luxe! Zhao va alors faire appel à un groupe d’amis retraités comme lui et transformer un entrepôt désaffecté en un soi-disant salon de massage où les clients viendront se faire masser par la jeune aveugle qui pour sa part ne désire que retrouver son père parti dans la lointaine Shenzhen dans l’espoir de gagner assez d’argent pour guérir les yeux de sa fille…Mais pour Zhao et ses comparses, d’insurmontables nouvelles difficultés vont surgir, d’autant qu’ils se prennent rapidement d’affection pour Wu Ying, laquelle n’est pas dupe de la situation qui se trame autour d’elle…

D’abord portant à sourire comme écrit plus haut, le film balance inexorablement vers le drame, se rapprochant ainsi des merveilles tournées par le réalisateur dans les années 90 ( Zhang Yimou était alors de très loin mon réalisateur préféré…),un drame social mettant en scéne deux désoeuvrés de la vie mais aussi des nouvelles conditions sociales de la Chine; un retraité sans le sou et une jeune handicapée sans assistance laissée aux mains d’une belle-mère qui la tyrannise. Ces deux êtres vont alors se rapprocher et mutuellement se donner un sens à leurs vies, comme une lueur d’espoir dans des existences sans bonheur. Le film devient alors particulièrement touchant, porté par un Zhao Benshan idéal en pauvre hère se raccrochant à la vision d’un amour impossible et par la jeune Dong Jie, actrice recrutée par Zhang Yimou sur internet, qui apporte à son rôle une véracité bouleversante. La fin du film est certes un peu brouillonne mais « Happy Times » n’a pas à rougir de la comparaison avec les longs-métrages précédents de Yimou. Un très beau film que j’apprécie de revoir régulièrement.

Image de prévisualisation YouTube

(Bande-annonce, en anglais, du film)

幸福时光

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Les Courants Fourbes Du Lac Tai

Posté par faguoren le 8 mai 2011

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Je viens de lire le dernier opus en date des aventures de l’inspecteur Chen, policier d’élite mais aussi poète et fin gourmet de la police shanghaienne. Le personnage imaginé par Qiu Xialong est cette fois ci en villégiature à Wuxi, au bord du lac Tai, un séjour dans un centre pour haut-cadres du parti qui lui a été octroyé par le camarade Zhao, lui même dignitaire du parti. Une semaine de repos bien mérité pour un Chen toujours autant voué à son travail, une tâche qu’il n’a pas choisi mais dont il est pourtant devenu un éminent serviteur, habile à délier les plus âpres noeuds judiciaires, ce qui lui laisse pourtant le temps de publier de la poésie où d’être reconnu comme traducteur de romans policiers. Toujours célibataire, il semble promener en permanence son vague à l’âme à la recherche d’un idéal que diverses préoccupations métaphysiques lui rendent bien tortueuses…Voilà pour la rapide présentation du personnage pour qui ignorerait tout de l’as de la police de Shanghaï à qui on promet un avenir radieux dans la hiérarchie du parti….

A peine Chen arrive t-il à Wuxi qu’un directeur d’une importante usine chimique de la ville est assassiné! Voilà de quoi remettre en question les projets de farniente de l’inspecteur, surtout que paralléllement, il fait la connaissance et s’éprend rapidement de la belle Shanshan, une activiste écologiste n’ayant  de cesse de lutter contre le désastre provoqué par les rejets toxiques de l’usine dans le lac Tai. Shanshan est donc une suspecte idéale pour la sécurité intérieure chinoise, aux pouvoirs bien plus larges que ceux d’un simple policier de Shanghaï, de surcroit en congé…

Ne pouvant enquêter officiellement, Chen va prendre appui sur l’inspecteur Huang, policier de Wuxi et grand admirateur de Chen pour réunir en une entité cohérente tous les morceaux d’un puzzle complexe autour des luttes de pouvoir des « gros-sous » de la société chinoise sur fond de prise de conscience écologique. Chen, va se jeter dans la recherche de la clé d’une énigme où la présence de Shanshan va intimement rejaillir sur ses investigations. Flic et amoureux, pas toujours simple à concilier! Heureusement il peut toujours compter sur l’abnégation de son fidèle lieutenant, l’inspecteur Yu et de l’épouse de celui-ci, Peiqin.

Même si ce roman n’atteint pas les sommets des premières oeuvres de l’auteur (« Mort D’Une Héroïne Rouge », « Visa Pour Shanghaï »….), il n’en est pas moins remarquable et a le mérite d’aborder, à travers le meutre d’un pollueur économique, un sujet majeur des mutations de la société chinoise, à savoir la pollution industrielle et la protection de l’environnement. Des domaines qui ne pésent pas bien lourds aux regards des enjeux économiques…Le lac Tai, à cheval sur les provinces du Zhejiang et du Jiangsu et troisième plus grand lac de Chine, a d’ailleurs été confronté à un réel et grave problème de pollution en 2007.

Le récit est comme chaque fois chez Qiu Xiaolong parsemé de nombreuses références poétiques classiques chinoises que l’inspecteur Chen s’évertue cette fois à déclamer à l’envoutante Shanshan. Les habitués de l’auteur devraient donc apprécier cet ouvrage où une nouvelle fois, le prétexte policier sert également à décrypter de nombreux aspects de la Chine actuelle. Qiu Xialong reste donc un passionnant auteur , l’un de ceux  qui savent aborder le mieux la réalité d’un pays aux multiples ambivalences.

太湖

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