Oups…!! me revoilà après presque 45 jours de panne internet causée par l’incapacité de mon FAI à régler un problème de fibre optique (Numéricable en l’occurence, pas près de me revoir ceux là !!). A bout de patience, j’ai résilié mon abonnement et me voila désormais lié à Free, pour le meilleur j’espère…..Bon, assez raconté ma vie, il est temps de rebloguer, n’est ce pas? Alors voici un florilège de mes lectures récentes: du bon, du moins bon….mais tout cela n’est bien sur que interprétations personnelles. Je pense que beaucoup de livres devraient avoir droit à une relecture, mais c’est souvent le temps qui manque….时间不够 !!!!Allez, c’est parti!

Etrangement, je n’avais encore jamais lu le roman de Su Tong alors qu’il allait devenir ma référence absolue en matière de cinéma chinois par la grace de l’adaptation lumineuse qu’en a faite Zhang Yimou. Peur de la déception peut être? Je ne sais pas mais ayant été tant marqué par ces images, je ne voyais probablement pas l’utilité d’une vision différente de l’oeuvre, ma capacité à m’émerveiller ayant déjà été rassasiée par le film. Ô surprise, alors que je m’attendais à un bouquin fleuve, le tout ne fait guère plus de 120 pages. Autant dire que je l’ai lu d’une traite! Pas de réelles différences entre la trame de ce roman et celle du film (voir dans la catégorie « cinéma » du blog, post du 25/11/2009), un soupçon d’érotisme (soft) en plus et quelques détails ici et là qui différent mais la plongée vers la folie de la troublante Songlian dans un univers de désir et de rivalité où la femme se détruit plus qu’elle ne se construit -nous sommes rappelons le dans la Chine des années 30- est identique. Su Tong, né en 1963, nous livre les multiples secrets et codes qui régissait la vie au sein des riches maisons chinoises de l’époque et où le maitre régnait sur un univers de concubines et de serviteurs et où la tranquillité apparente cache de bien douloureux drames!

Je n’avais jusqu’alors jamais lu de prix Nobel de littérature (ni de Goncourt d’ailleurs…..
), surement mon côté iconoclaste et ma méfiance vis à vis de « l’establishement »… « La Montagne de l’âme » de Gao Xingjian paru en 1990 est donc mon coup d’essai. Livre bien curieux et fort étrange en vérité: sorte de voyage plus ou moins initiatique dans une région reculée de la Chine où on ne sait pas trop si le personnage principal est l’auteur lui même ou un être imaginé de toutes pièces. On passe tour à tour de situations tragi-comiques à des scènes extrémement scabreuses sans que l’on sache toujours ce qui les relie…J’ai adoré certains passages mais d’autres m’ont profondément fait baillé au point de devoir me forcer à poursuivre la lecture, ce qui n’est jamais très bon….surtout quand il y a pas loin de 700 pages à se farcir! De ce fait, je n’ai pas réellement d’avis sur cet ouvrage, il me semble qu’un jugement serait trop imparfait, voire inapproprié tant la lecture demande une implication onirique du lecteur…Ce que je n’ai peut être pas su faire? Un jour peut être gravirais je moi aussi la montagne de l’âme, et alors surement aurais je envie de relire mon unique prix Nobel à ce jour!

Intéressant petit bouquin dont l’auteur est un historien des religions très érudit en ce qui concerne les questions, fort complexes, du Tibet et de la Chine. Les livres sur le sujet sont pléthoriques, celui-ci a l’avantage de se lire très facilement et ne manque pas d’aborder le problème de tous les côtés: religieux, politique, historique, économique…..Pas toujours impartial selon moi (ça c’est juste mon avis), sa lecture est pour autant indispensable pour qui a envie d’en savoir plus, de tenter de comprendre et pour qui ne se contente pas des ersatz d’informations diffusés dans les gros médias occidentaux. J’ai acheté ce livre gare de l’Est avant un voyage en train, je n’ai pas vu le temps passé; c’est fort intéressant et instructif au plus haut point.

Pour ceux qui s’intéresse à la Chine, et qui plus est, pour ceux qui envisage d’aller y travailler ou s’y installer, voici un livre très pertinent puisqu’il tente de nous faire comprendre le mode de pensée chinoise en comparaison avec celle de l’occident. L’auteur, qui posséde la « double culture » nous livre ses expériences personnelles à grand renfort d’anecdotes toujours pleinement évocatives. A la fois instructif et distrayant ce livre nous donne, à défaut de clés définitives, certaines directions vers lesquelles diriger nos pensées quand l’incompréhension entre deux types de culture prédomine. Une lecture très actuelle à l’heure où la Chine ne cesse d’élargir son emprise sur le monde!

Pour terminer ce panorama, un livre qui m’a été offert voici quelques temps et dont j’en suis à la seconde lecture (en cours) tellement il m’a passionné. Simon Leys est un extraordinaire sinologue ayant amplement résidé en Chine du temps du maoïsme et cet « Essais sur la Chine » regroupe divers livres et articles rédigés par l’auteur au début des années 70. Tout y passe; chronologie détaillée de la révolution culturelle, observation et jugement lucide sur l’époque maoïste, témoignages édifiants…. et en prime Simon Leys nous initie à sa passion pour le grand écrivain chinois Lu Xun. Impossible de rapporter en quelques lignes la somme historique présente dans ce livre essentiel qui est à placer sur l’étagère au côté du « Prisonnier de Mao » de Jean Pasqualini (dont je vous parlerai un jour). Un livre à lire au moins une fois dans sa vie!
Voilà, c’est tout pour le moment! Je suis bien content de pouvoir bloguer de nouveau, ça me manquait !! J’ai quelques livres à lire dans le futur proche, je vous en ferai bien sur part. Attendez vous donc à lire bientôt mes chroniques sur:
« Les plaidoiries du juge Bao » de Shi Yukun
« Servir le peuple » de Yan Lianke
« Vivre! » de Hua Yu
« Le maître a de plus en plus d’humour » de Mo Yan
……et d’autres bien sur…..!