Chine, Ma Douleur 牛棚

Posté par faguoren le 30 mai 2010

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1989, une douzaine d’années avant son chef-d’oeuvre, « Balzac et la petite tailleuse chinoise » (qui je le rappelle a inspiré le titre de mon blog), Dai Si Jie s’attaquait déjà à ses souvenirs de la révolution culturelle avec ce « Chine, ma douleur » ( 牛棚 « niu peng » littéralement « étable pour boeufs, vaches » mais qui était aussi le nom donné aux endroits où étaient rééduqués les « ennemis du peuple »…). Dans les années 60, les parents du cinéaste furent mis en prison car catalogués « bourgeois réactionnaires » et Dai Si Jie lui même connut les camps de rééducation en 1971, alors qu’il était agé de 17 ans, il s’agit donc d’un sujet sur lequel il peut s’exprimer de manière légitime…..

« Chine, ma douleur » est le premier long métrage de Dai Si Jie qui vit en France depuis 1984 grace à une bourse d’étude qui lui a permis d’étudier à l’institut des hautes études cinématographiques (aujourd’hui disparue). Le film fut d’ailleurs tourné en France avec une majorité d’acteurs amateurs recrutés dans les quartiers chinois!

Tian Ben , surnommé « le binoclard » est un jeune garçon de treize ans. Afin d’attirer l’attention de sa jeune voisine, il passe sur son tourne-disque une chanson d’amour. Mais voilà, nous sommes en pleine révolution culturelle et cette chanson jugée obscène vaut au jeune garçon d’être envoyé illico presto dans un de ces « niu peng » isolé dans les montagnes afin d’y être rééduqué…Il y retrouve d’autres « ennemis du peuple » et va se lier d’amitié avec Bai Mao, un jeune pickpocket , et avec un vieux moine taoïste sourd et muet. Tai Ben va ainsi apprendre la dure réalité des camps, il y côtoiera la souffrance, la faim, la perte d’identité incarnée par de stupides chapeaux coniques que les prisonniers doivent chaque jour porter et sur lesquels figurent les crimes commis par ces dangereux opposants….Il y verra aussi la mort, celle à laquelle il échappe de peu grace aux soins apportés par le vieux moine, celle de son ami Bai Mao qui a trop profité d’un festin providentiel…..puis celle du moine qu’il aura pourtant tenté de sauver….C’est à la suite de ce décés que Tai Ben trouvera le courage de s’échapper du niu peng…

Il s’agit donc d’un premier film, tourné à l’évidence avec peu de moyens, c’est peut être pour celà que Dai Si Jie décidera de revisiter le sujet bien plus tard avec « Balzac et la petite tailleuse chinoise »? On découvre d’ailleurs dans « Chine, ma douleur » quelques ébauches de « Balzac… ». A commencer par Tai Ben « le binoclard », personnage qui sera repris dans le second film, tout comme la pointe d’humour musicale « Mozart pense au président Mao ». Quant au chef du camp, il apparait aussi bête et sujet à raillerie dans les deux films…

« Chine, ma douleur » à défaut d’être inoubliable est donc une oeuvre intéressante sur un thème souvent évoqué par les cinéastes de la génération de Dai Si Jie (Le meilleur film traitant de la révolution culturelle est pour moi « Xiu Xiu » de Joan Chen sorti en 1998. Hélas, il est indisponible en DVD par chez nous….).La réalisation est loin d’être parfaite, les acteurs sont bons mais pas exceptionnels. Il n’en demeure pas moins que ce film mérite d’être vu car il reste un témoignage vivace d’une période trouble. Dai Si Jie avait à l’évidence besoin d’exprimer des choses très personnelles, il s’en sort finalement très bien.

(Cliquez sur l’affiche du film pour en voir la bande-annonce)

牛棚

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Une Vie Chinoise: Tome 2 « Le temps du Parti »

Posté par faguoren le 24 mai 2010

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Fin avril, je vous présentais le tome 1 de « Une Vie Chinoise », bande dessinée autobiographique basée sur la vie de son principal auteur, Li Kunwu, auteur très côté en Chine et, ça a son importance, membre du parti communiste chinois.

Le tome 1 nous avait laissé au moment même de la mort du grand timonier Mao, laissant le peuple désemparé…Xiao Li est désormais soldat et n’a toujours qu’une seule obsession: rentrer au parti communiste chinois! Surtout que son père, libéré des camps de rééducation puis réhabilité, et sa jeune soeur vont y être admis ! Mais ce n’est pas si simple, car des antécédents familiaux « noirs » continuer à lui peser telle une chape de plomb! Pourtant, dans cette Chine, prompt à se débarrasser de « la bande des quatres » et désireuse d’oublier les terribles épreuves de la révolution culturelle et où de nouvelles réformes sont à venir, Xiao Li est prêt à tout pour parvenir à son but, y compris trahir son meilleur ami…Dans cette socièté où tomber amoureux n’est pas encore synonyme de liberté, il a pourtant un allié de choix; son talent de dessinateur dans lequel le parti voit un excellent support propagandiste. C’est ainsi que Xiao Li  parviendra à ses fins…

Ce second tome, qui se termine à la mort du père de Xiao Li, est tout aussi passionnant que son prédécesseur. Il allie détente et histoire et nous fait vivre la destinée de ses personnages au gré des événements de cette période post-maoïste où la Chine tente de se remettre à flot après bien des vicissitudes. Je trouve le dessin plus « réel » par rapport au tome 1, avec un soucis du détail particulièrement affiné. Un seul regret vis à vis de ce premier tome; une bonne cinquantaine de pages en moins….(alors que le prix lui, reste le même…emoticone) . Bien sur, il est déconseillé de d’abord lire ce second volume avant de s’attaquer au premier, mais quoi qu’il en soit, je suis convaincu que cette collection fera date. Vivement le tome 3 ! (qui devrait être le dernier)

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不管白猫黑猫逮住老鼠就是好猫

 

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Cycle Shadows: Programme du 31 Mai 2010

Posté par faguoren le 23 mai 2010

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Si vous êtes un habitué de ce blog, vous ne pouvez donc ne pas connaitre le « Cycle Shadows » présenté par l’association Arsinica et qui a pour but de promouvoir le cinéma indépendant chinois en proposant chaque mois au « Studio des Ursulines » un film, qu’il soit documentaire ou de fiction. La dernière de la saison se déroulera le lundi 31 mai prochain avec la projection de « Rainclouds over Wushan » (titre original 巫山云雨: wu shan yun yu) de Zhang Ming, un film de fiction de 1996.Comme précédemment, le film sera suivi d’un débat et, pour cette dernière, Arsinica offrira le verre de l’amitié aux spectateurs. Vous n’avez donc plus à vous demander ce que vous ferez le 31 mai en soirée, et souhaitons que ce cycle reprenne à la prochaine rentrée!

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(extrait du film)

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La Danseuse de Mao

Posté par faguoren le 23 mai 2010

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J’ai un train de retard! Alors que sort actuellement « Les courants fourbes du lac Tai » de Qiu Xiaolong (voir catégorie « Personnages »), je viens pour ma part de finir la lecture de « La danseuse de Mao » du même auteur, et qui date de 2008.  Grand amateur de ces polars à la chinoise et du héros qu’est l’inspecteur/poète Chen, j’ai donc lu cet ouvrage d’une traite et avec une petite pointe d’amertume que « ça soit déjà fini! ».

Le policier d’élite shanghaien est cette fois confronté à une enquête particulièrement délicate, puisque ayant trait à la vie privée, pour ne pas dire intime, du grand timonier, Mao en personne!Shang, une ancienne maitresse de « l’empereur rouge » , ex star de cinéma et  suicidée durant la révolution culturelle aurait dissimulé un document particulièrement important que lui aurait remis Mao lui même! Sur les ordres du parti, Chen doit coûte que coûte remettre la main sur ces documents, sans pour autant écorner la mémoire ou la réputation de l’îcone….Vaste programme!

L’enquête va mener Chen jusqu’à Pékin où il retrouvera Ling, son amour de jeunesse qu’il évoque dans chacune de ses aventures, laquelle  lui permettra d’accéder aux anciens appartements de Mao pour tenter d’élucider une partie du mystère alors qu’à Shanghaï, Jiao, petite fille de Shang semble avoir fait fortune de façon tout à fait mystérieuse…

L’intrigue nous tient en haleine tout au long du livre, et nous dévoile un peu de ce sujet longtemps tabou de la vie privée de Mao, non pas sur des élucubrations, mais sur des vérités historiques et vérifiées. Ainsi, avant d’épouser la tristement célèbre Jiang Qing, Mao a été durant une courte période bigame…La première de ses épouses fut ainsi tristement « sacrifiée » pour ne pas nuire à l’éclat du maitre de la Chine communiste. C’est donc en mêlant histoire et fiction que Qiu Xialong a conçu ce « La danseuse de Mao »que l’on peut situer, comme dans ses livres précédents, dans le Shanghaï de la fin des années 90/début des années 2000, dans une ville donc en pleine métamorphose où la corruption n’est pas l’un de ses moindre fléau. Nonobstant le sujet de ce polar, l’on y retrouve comme toujours de savoureuses scènes culinaires et de longs passages de poésie, incluant cette fois ci de véritables poêmes du président Mao! Et les habitués retrouveront aussi les principaux personnages tournant autour de Chen même si son adjoint l’inspecteur Yu est cette fois-ci moins sollicité, discrétion liée à cette enquête très spéciale oblige!

Un polar osé donc, puisqu’il touche directement à la principale figure chinoise du XXème siècle. Comme pour ses autres oeuvres, il est a conseillé tout autant aux amateurs d’intrigues policières qu’aux habituels lecteurs des pérégrinations de l’inspecteur Chen. Et quant à moi, me reste à acquérir « Les courants fourbes du lac Tai », pour vous en parler dans quelques semaine, sans doute….Rire

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Chine, célébration de la terre (2)

Posté par faguoren le 19 mai 2010

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Voilà, je me suis rendu à l’exposition « Chine, célébration de la terre » dont je vous parlais voici quelques jours. Comme je l’avais laissé entendre, interdiction totale de prendre la moindre photo. J’ai pourtant plaidé ma cause; comme quoi j’étais un bloggueur sinologue inlassable emoticone et que mon but premier était de leur faire un bon coup de pub….etc, etc….Rien à faire, je me suis donc contenté de la photo ci-dessus de l’entrée, et vous, amis(es) lecteurs (trices), il faudra vous contenter de mes belles paroles…生活很难!Sourire

Le cadre tout d’abord; l’expo est située dans une ruelle cossue du 7ème arrondissement dans un batiment « L’espace fondation EDF » qui comme son nom l’indique est une ancienne station d’electricité transformée depuis 1990 en espace d’exposition. Une fois à l’intérieur, l’agencement du lieu ne laisse d’ailleurs aucun doute sur la fonction de ce vaste espace.

Alors que l’exposition universelle de Shanghaï est au centre de l’actualité et nous invite à imaginer le monde urbain de demain, cette expo à contre-courant nous plonge dans la ruralité chinoise actuelle et ancestrale. Le monde paysan a toujours été prédominant en Chine même s’il est de nos jours nettement moins mis en valeur que le développement effréné de ses grandes villes. La visite de cette exposition s’imposait donc pour remettre en lumière certaines valeurs!

D’entrée, nous sommes « accueillis » par de grande rangées de hauts bambous qui nous immergent immédiatement dans un espace végétal rempli de quiétude. La mise en place est parfaite et l’on découvre sur trois niveaux de passionnantes collections ayant traits à la ruralité chinoise au fil du temps. Les thèmes choisis , qui vont des ustensiles des plus usuels aux rapports entre le monde paysan et la religion, en passant par de jolies peintures sur soie ravivent l’intérêt à chaque recoin et les explications proposées sont à la fois claires et non rébarbatives. Un superbe diaporama de photos paysannes chinoises sont également présentées sur un large écran. Et si je vous dis que cette exposition est organisée sous le patronnage, entre autres, du musée asiatique Guimet, vous en supposerez probablement la grande qualité.

Une visite donc très plaisante et instructive que vous pouvez programmer jusqu’au 19 Septembre de cette année. Il serait donc fort dommage de ne pas y aller faire une promenade. La gratuité de l’entrée n’étant pour moi qu’un élément mineur tant l’attrait culturel me parait évident!

« Chine, célébration de la terre » Espace fondation EDF 6 rue récamier 75007 Paris. Métro Sèvres-Babylone. ouvert de 12h à 19h sauf lundi et jours fériés.

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My Generation

Posté par faguoren le 18 mai 2010

Si comme moi vous êtes fanatiques de cinéma chinois, ou même si simplement vous appréciez la vigueur et la diversité de ces films en provenance de l’empire du milieu, vous avez certainement déjà entendu parler de « cinéaste de la 5ème ou de la 6ème génération » pour ne citer que les plus contemporaines. Je vous propose donc d’essayer de s’y retrouver dans cette classification et de tenter de détailler ces six générations du cinéma chinois!

Un peu d’histoire tout d’abord. S’il semble que les premières projections cinématographiques en Chine datent de 1896, la véritable naissance du cinéma dit « chinois » survient en 1905 avec la réalisation de « Mont Dingjun » (定军山)réalisé par Ren Jingfeng, et inspiré de l’opéra de Pékin et nous voilà donc dans:

La première génération

Cette période couvre donc la période du muet. Le cinéma chinois est alors principalement centralisé à Shanghaï. De nombreux studios sont ouverts sur le modèle hollywoodien dans les alentours proches des concessions internationales  alors prédominante dans cette ville.  Ce sont d’ailleurs d’abord des capitaux étrangers qui financeront ces studios. Dès 1913, on voit pourtant apparaitre les premiers réalisateurs locaux, certes pour la plupart formés aux Etats-Unis ou en Europe. On y réalise alors  des mélodrames, certaines comédies mais aussi les premiers films d’arts martiaux. Le premier long métrage chinois  « Un couple infortuné » est réalisé en 1913 par Zhang Sichuan. C’est aussi ce même réalisateur qui réalise en 1931 « La chanteuse pivoine rouge », premier film chinois parlant dans lequel joue Hu Die, l’une des premières grande star du cinéma chinois,avec Ruan Lingyu, elle est surnommée « Butterfly Wu ».

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(Hu Die 1907-1989)

Si Shanghaï est alors sans contexte la capitale du cinéma chinois, une autre scène voit néanmoins le jour à Canton vers 1923.

La deuxième génération

On peut estimer qu’elle voit le jour avec le développement du cinéma parlant. Elle est en outre marquée par la situation politique de l’époque, à savoir la guerre civile entre communistes et nationalistes ainsi que par l’invasion japonaise. Les studios de Shanghaï sortent principalement des films avec des sujets sociaux inspiré par le cinéma social américain, français ou allemand. Suite à la prise de Shanghaï par les japonais en 1938, quelques réalisateurs persévèrent à tourner sur place dans une enclave nommée « L’île orpheline » alors que d’autres, plus engagé politiquement rejoignent l’armée de libération de Mao Zedong. En 1942, Mao donnera d’ailleurs naissance à sa « Causeries de Yenan sur la littérature et l’art » qui contient les fondements du parti en matière de culture. Cependant, beaucoup de cinéastes partent alors se réfugier à Hong-Kong, puis à Taïwan. Malgré la guerre, le cinéma ne s’arrête pourtant pas entièrement même si beaucoup de productions sont contrôlées par l’occupant japonais. Dès la victoire face à l’occupant, des films sont de nouveaux réalisés à Shanghaï, le plus connu étant « Le printemps dans une petite ville » (小城之春)de Fei Mu en 1948. Il est encore considéré comme une oeuvre majeure du cinéma chinois. En 2003, Tian Zhuang Zhuang en réalisera un remake.

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(Le marché de la tendresse 脂粉市场 de Zhang Shichuan, film social de 1933)

La troisième génération

C’est bien sur celle de l’après révolution chinoise, débutant en 1949 et dont le modèle est nécessairement soviétique. De la fin des années 40 au début des années 60 se créent de nombreux studios d’état. Le cinéma devient alors une distraction populaire et met en scène le patriotisme  et les transformations économiques et sociales, exaltant le réalisme communiste  et les perspectives de bonheur futur…Jusqu’à 1960, le public chinois a accés aux films soviètiques  jusqu’à la rupture entre Moscou et Pékin. De grands réalisateurs vont alors se révéler, bien qu’encadrés politiquement. Citons notamment Zheng Jun Li ou Xie Jin. Par ailleurs, se développe un cinéma d’animation s’appuyant sur les techniques traditionnelles de marionnettes et d’ombres chinoises.

Survient alors en 1966 la révolution culturelle où les réalisateurs sont arrêtés, torturés ou, comme tout ce qui ressemble de près ou de loin à un intellectuel, envoyés en « rééducation » à la campagne…Jiang Qing, femme de Mao et elle même ancienne actrice mineure, dénonce le cinéma comme ennemi de la révolution.

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(« L’orient est rouge » 东方红 de Wang Ping 1965)

 

La quatrième génération

Surnommée « la génération sacrifiée » car très surveillée par Jiang Qing. C’est pourtant cette génération qui va permettre la réouverture des studios et surtout celle de l’académie du cinéma chinois à Pékin en 1978.

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(« Le détachement féminin rouge »)

La cinquième génération

Il s’agit donc de la génération qui va émerger suite à la réouverture de l’académie du cinéma de Pékin. Inspirés par Truffaut, Bergman et d’autres, les premiers étudiants diplômés sortent en 1982, ils vont renouveler le cinéma chinois sans pour autant imiter les modèles occidentaux. Ils seront traités avec méfiance par les autorités  et devront leur reconnaissance par le succés qu’ils vont rencontrer dans les festivals internationaux. Beaucoup de ces films permettront à leurs auteurs d’exorciser un passé délicat (Le grand Chen Kaige, par exemple, fut garde-rouge). Les films seront le plus souvent ruraux, filmés d’une façon évoquant la tradition orientale où l’humain n’est qu’un détail de la forme naturelle. Les premiers grands réalisateurs de ce mouvement seront , outre Chen kaige, Tian Zhuang-Zhuang et bien sur Zhang Yimou. C’est bien sur cette génération qui va permettre au cinéma chinois de s’exporter et de trouver un public aux quatre coins de la planète et de révéler des personnalités comme Gong Li, Zhang Zi Yi , Zhao Benshan et beaucoup d’autres…Au fil du temps, ces réalisateurs et acteurs sont rentrés dans le rang ou devenus proches d’un système officiel et/ou de prestige (Zhang Yimou, metteur en scène de la cérémonie d’ouverture des J.O de 2008…)

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(« Qiu Ju » une femme chinoise de Zhang Yimou)

La sixième génération

Au début des années 90 et suite à la répression de Tian An Men apparait une nouvelle génération de cinéaste, au propos plus cru et mêlant fiction et réalisme et au désir de montrer un cinéma plus urbain. Notons l’excellent « Ronde de flics à Pékin » de Nin Ying en 1995 pour symboliser cet essor. On peut alors parler d’un cinéma indépendant, capable de s’attaquer à des sujets tabous comme l’homosexualité  mais dont l’une des caractéristiques et de plus s’axer sur le domaine social plutôt qu’à une critique systématique du pouvoir en place, ce qui n’empêche pas beaucoup de réalisateurs de subir les foudres des autorités (Lou Ye…).Beaucoup de films demeurent d’ailleurs inconnus du public chinois et doivent leur renommée à leurs représentations internationales. Hormis Lou Ye, les plus illustres représentants de ce cinéma sont Jia Zhang Ke ou Wang Xiao Shuai. Il y en a bien sur beaucoup d’autres, il est parfois difficile de voir leurs films qui ne sortent que avec parcimonie. Il reste alors les festivals et manifestations spécialisées qui permettent de découvrir des oeuvres superbes , comme le festival du cinéma chinois de Paris qui a lieu environ tous les ans et qui propose oeuvres récentes et restropectives (pas de bol, pour l’édition 2009, j’étais en…..Chine….).

Voilà, j’espère que ce trés court résumé vous aura été utile. Je me suis servi pour le rédiger de l’excellent petit bouquin « Le Cinéma Chinois » de Jean-Michel Frodon qui est la référence en la matière, en langue française tout du moins. J’ai également utilisé diverses brochures et instructifs programmes de quelques festivals auxquels j’ai assisté. J’espère surtout que ces quelques lignes vous donneront envie d’en découvrir plus par vous-mêmes! Rire

On se quitte avec un court extrait du fameux « Le Printemps dans une petite ville » de 1948!

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Chine, célébration de la terre

Posté par faguoren le 16 mai 2010

Une expo semblant intéressante et se tenant actuellement à Paris dans le 7ème arrondissement et ceci jusqu’au 30 Septembre! Je m’y rendrai prochainement et vous en dirait plus (avec des photos, si c’est autorisé…..Langue), mais sachez déjà que l’entrée y est gratuite!

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真的好想你

Posté par faguoren le 10 mai 2010

Allez, pour bien débuter la semaine. Une de ces chansons d’amour chinoises que certains qualifieront de ringardes emoticone , mais que j’aime bien quand même, un peu comme une pétale de rose sur un champ de mine, ça enjolive! Rire Par contre je ne sais pas qui est la chanteuse….

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Suzhou River 苏州河

Posté par faguoren le 9 mai 2010

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Quelques semaines après la sortie en France de « Nuit d’Ivresse Printanière » (à lire bien sur sur « Mon Petit Ailleurs Chinois!) de Lou Ye (à qui on doit aussi, entre autres, « Une Jeunesse Chinoise » en 2006), je vous propose de revenir sur le génial « Suzhou River » qui en 2000 fit connaitre ce réalisateur par chez nous. En effet, si « Suzhou River » n’est pas le premier long-métrage de Lou Ye (Il tourna « Week end Lover » dès 1994), c’est bel et bien avec cette histoire d’amour nébuleuse au romantisme poussé à l’extrème envie de l’autre qu’il suscita l’intérêt. Sans contestation possible l’un des meilleurs films chinois des dix dernières années, et même beaucoup plus que ça…!

Film tourné sans autorisation officielle (Lou Ye est un « habitué » des interdictions de tournage par les autorités chinoises…), »Suzhou River » nous fait découvrir un Shanghaï glauque , aux abords de la rivière Suzhou, où le cinéaste a d’ailleurs grandit, très loin des images touristiques  et modernes que vantent les clichés habituels. A peine apercoit-on quelques images d’arrière-plan furtives de la fameuse Tour de la télévision et autres immeubles gigantesques du quartier de Pudong. Le Shanghaï montré ici est sombre, pluvieux et lugubre, entre bars plus ou moins louches, quais sinistrés et entrepôts désaffectés…

Mardar est un jeune coursier dont l’une des tâches et de mener la jeune et belle Moudan chez sa tante lorsque le père de celle-ci, alcoolique et désoeuvré, reçoit des femmes de passages chez lui. Bientôt, le jeune homme et sa jeune cliente vont se découvrir un amour réciproque que viendra détruire une sombre histoire de rapt et de rançon mettant en scène Moudan et son père et dans laquelle Mardar est  forcé malgré lui de s’impliquer. La jeune fille préfèrera mourir suite à cette trahison et ira se jeter, sous les yeux de son amant, dans la rivière Suzhou du haut d’un pont.

Mais Moudan est-elle vraiment morte? L’on raconte qu’une sirène portant les traits de la jeune fille apparait parfois aux pêcheurs sillonant les bords de la rivière…Après quelques années de prison, Mardar revient à Shanghaï à la recherche de Moudan, qu’il pense retrouver sous les traits de Mei Mei, une danseuse/sirène d’un bar de la ville. Qui est vraiment Mei Mei? Un simple sosie de Moudan? Mardar pense enfin avoir retrouver celle qu’il aime….

Histoire d’amour misant sur le dédoublement donc, filmée en caméra subjective comme l’apprécie Lou Ye, ce film est d’une poésie sublime et d’un intimisme excacerbant les états d’âmes de ses personnages. La superbe Zhou Xun (« Balzac et la petite tailleuse chinoise », « Beijing Bicycle »….) est extraordinaire dans ce double rôle de Moudan/Mei Mei. Conte moderne d’une Chine méconnue ou se mêlent l’amour, la mort, la passion et le doute, « Suzhou River » est de ces chef-d’oeuvres sur lesquels je reviens sans lassitude, y découvrant chaque fois de nouveaux plans, de nouvelles émotions figées sur les visages et les regards de ses protagonistes. Le format court du film (1h23) a permis d’éviter d’éventuelles longueurs. Ne me reste alors qu’à replonger à mon tour dans cette rivière Suzhou et à me laisser envoûter par la sirène qui la peuple, qu’elle se nomme Moudan ou Mei Mei……

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(Une courte présentation du film)

苏州河

(Si ma prose vous a donné envie d’acquérir ce film, vous pouvez le faire sans sortir de chez vous en cliquant sur l’affiche du film Sourire)

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A Woman, A Gun And A Noodle Shop

Posté par faguoren le 3 mai 2010

« A Woman, A Gun And A Noodle Shop », c’est le titre du nouveau film de Zhang Yimou, il devrait sortir dans notre beau pays cette année ( le plus tôt sera le mieux…) Il s’agirait d’un remake d’un film des frères Coen « Sang pour sang » sorti en 1984. Désormais prudent devant la production de celui qui fut longtemps mon cinéaste fétiche, j’attends quand même cette sortie avec une grande impatience! Ce serait l’histoire d’un mari trompé désirant tuer son épouse, original n’est ce pas?emoticone En tous cas, à la vue de la bande-annonce, ça a l’air bien déjanté! Ne reste plus qu’à attendre la découverte sur nos écrans!

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